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élevé : les typhons et les tempêtes ont sapé, rongé et émietté tout ce qui n'était pas le roc solide, en sorte que toute la côte, jusqu'au cap Paklung, est bordée par un labyrinthe d'îles et de rochers nus, connus sous le nom de Mille-Iles. Dans ces parages, \a belle rade d'Along offre des' fonds de 9 mètres, mais les passes qui perrpettent d'y pénétrer sont étroites.
La terre s'augmente des apports incessants de la mer (alluvions) et l'on doit protéger les deltas par des digue«. Au septième siècle, Hanoï était sur la mer ; aujourd'hui elle en est à 100 kilomètres.
Les hauts talus de la côte d'Annam sont rarement interrompus par des brèches. Au-dessous du Song-Cau, qui arrose^ne vallée fertile, et du port militaire de Dong-Hoï, s'étend, entre Quang-Tri et Tourane, une série de lagunes au milieu desquelles débouche la rivière de Hué. Les canonnières peuvent remonter au-delà de la capitale, qui est à 12 kilomètres de la mer, entre des rives plates, puis relevées en collines boisées. A l'embouchure de la rivière Mane est le port le plus actif de TAnnam, au fond de la baie de Tourane. Près de Tourane se dressent, au milieu de la plage, des blocs de rochers et la fameuse grotte de marbre (30 mètres de hauteur).
Citons encore la baie de Qui-Nhone, mal abritée, celles de Binh-Lang, de Nha-Trang, de Rhan- Rang et de Phan-Thit.
Sur la côte cochinchinoise, le promontoire rocheux du cap Saint-Jacques éclaire de son phare l'entrée de la rivière de Saigon. Au large de la
côte orientale de Comao, s'élèvent les îles riches et fertiles de Poulo-Condore, appelées aussi Iles des Calebasses ou des Reptiles, hérissées de montagnes et bordées de falaises, peuplées de singes, de serpents et de tortues énormes.
Au-delà du cap Cambodge, où s'ouvre le vaste golfe de Siam, en vue de la grande île de Phu- Quoc, sont les deux ports de Hatien et de Kampot, accessibles seulement aux petits bateaux de cabotage.
Relief du sol. — Les montagnes de l'Indo-Chine française, tout au moins dans sa partie septentrionale, sont des ramifications du plateau du Tibet. Entre les chaînes qui se développent sur notre territoire se creusent les vallées de deux grands fleuves, le Mékong et leSong-Koï (Fleuve Rouge).
La plus haute altitude, au Tonkin, est au mont Bavi, dont l'un des pics atteint i, 800 mètres audessus du niveau de la mer. Entre le Mékong et le Feuve-Rouge, les hautes terres du Laos descendent en plateaux sur l'Annam et projettent, le long de la mer, une double et triple rangée de talus élevés.
Entre Tourane et le cap Varela et jusqu a Saigon, la côte est couronnée de crêtes, notamment la Mère et l'Enfant (2,100 mètres) et le Diadème (1,600 mètres). Enfin, au delà du Mékong, se succèdent, de Kampot au Grand-Lac, des hauteurs assez confuses, telles que le mont du Cardamone (i,4bo mètres), la montagne de Fer, etc.
Les montagnes de l'Indo-Chine sont de formation granitique et schisteuse : dans ces schistes se
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rencontrent des mines de fer. Des blocs de roches granitiques, usés et roulés par les eaux, encombrent souvent le lit des fleuves et y occasionnent des tourbillons et des rapides.
Les deltas du Mékong et du Fleuve-Rouge forment de vastes plaines, en Cochinchine et au Tonkin.
Hydrographie. — Sous le rapport de la richesse hydrographique, l'Indo-Chine n'a rien à envier aux contrées les plus favorisées de Tunivers.
Au Tonkin, le Song-Koï ou Fleuve-Rouge descend des hautes régions du Yunnan, à travers des massifs élevés, et souvent entre des plateaux escarpés de 1,500 a 2,000 mètres. En amont de Lao-Kay, le fleuve a déjà 100 mètres de largeur, et, bien qu'il soit encombré de bancs de sable et de roches, on voit des barques glisser ou plutôt bondir sur ses rapides. A 80 kilomètres de Than-Quan et en aval du poste de Hong-Hoa, le Fleuve- Rouge reçoit, sur sa rive droite, la Rivière-Noire et, à quelques kilomètres plus bas, sur sa rive gauche, la Rivière-Claire au-dessus du confluent de laquelle s'élève la place forte de Tuyen-Quan.
Le Fleuve-Rouge, ainsi grossi de l'apport de ces affluents importants, arrose dès lors une région très peuplée et très cultivée et passe devant Sontay, que le grand marché de Vie-Tri supplante un peu plus complètement de jour en jour.
A 150 kilomètres de la mer, le Fleuve-Rouge se divise en deux bras qui, ramifiés eux-mêmes en nombreuses branches par des canaux naturels ou
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artificiels, transforment la région en un labyrinthe d'îles, dont les inondations ne cessent de modifier les contours. Le bras septentrional, le plus important, arrose Hanoï , capitale du Tonkin. La branche méridionale passe à Ninh-Binh et non loin de Nan-Dinh, ville qu'arrose un arroyo joignant le Daï au Song-Koï.
Deux issues du FleuA^e-Rouge, le canal des Rapides, creusé en partie de main d'homme et le canal des Bambous, vont rejoindre un delta compliqué formé par les bras du Thaï-Binh ou Song-Cau, qui arrose Bac-Ninh. La branche méridionale du delta baigne Haï-Duong. Le port intérieur de Hai-Phong est placé sur une autre branche ; ce port communique avec Hanoï par le canal des Bambous, et avec la mer par le Cua-- Cuam, puis se jette dans la baie d'Along.
Les dérivations du Song-Cau, mêlées à celles du Song-Koï, fécondent le Tonkin méridional par des inondations annuelles. Le front du delta se développe en un demi-cercle irrégulier de 150 kilomètres.
La vaste zone littorale de l'Annam, resserrée par une chaîne parallèle à la mer, est sillonnée de rivières courtes, dont la principale est la rivière de Hué.
Le Mékong, appelé aussi « Mère fleuve » et ^< Capitaine des eaux », est le fleuve le plus considérable de la péninsule indo-chinoise ; il ne mesure pas moins de 4,200 kilomètres de ses sources à son delta.
Les sources n'en sont pas encore bien exacte^
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ment reconnues, mais on s'accorde à le faire descendre d'une haute région chinoise, torrentueuse et glacée. Après avoir arrosé une partie du sol chinois, le Mékong, obstrué de nombreux rapides, passe entre la Birmanie anglaise et la partie la plus occidentale de notre Laos tonkinois, séparant ainsi les zones française et anglaise entre la rivière La et le confluent du Mékhok. Au-delà, vers le sud, jusqu'à son embouchure, le Mékong coule, exclusivement désormais, à travers la sphère d'influence française.
A Xieng-Hong, à peu près à la hauteur où le fleuve pénètre en Indo-Chine, sa largeur est de 300 à 400 mètres ; son courant coule entre de hautes berges, mais ne peut encore porter que des barques. Après une série de rapides, le Mékong atteint les environs de Xieng-Sen et dessine ensuite de brusques sinuosités entre des collines escarpées, pendant plus de 200 kilomètres jusqu'à Luang- Prabang. Là, un coude net le ramène au sud. Un peu en amont, le Nam-Ou vient mêler ses eaux noires aux flots jaunes du Mékong; sur plus de 12 kilomètres, les rochers de ses rives ont été sculptés par des artistes indigènes en forme de balustrades, d'obélisques, de tombeaux, de figures d'animaux ou de statues de Bouddha.
La vallée du Nam-Kan conflue à Louang-Prabang,
A Paklay^ le fleuve atteint une largeur de 1,000 mètres et une profondeur de 15. Le courant reste plus calme jusqu'à Xieng-Khan.
Mais, entre Kemmerat et Pak-Moun, sur 160 kilo-
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mètres, il franchit une succession de rapides, se rétrécit brusquement de 600 à 400 mètres et se précipite à la vitesse de 11 kilomètres à l'heure. A intervalles réguliers, au milieu des flots d'écume et des lames qui s'entrechoquent, un tourbillcn se forme, sorte d'entonnoir liquide, au fond duquel apparaissent des roches brillantes recouvertes d'une sorte de vernis noirâtre qui réfléchit l'ardeur du soleil. Des rochers bordent le canal de chaque côté ; malgré le grondement perpétuel et le bouillonnement des eaux, pendant la saison de la pêche, des bandes de Laotiens habitent dans leurs cavités avec femmes et enfants.
En aval du Sé-Moun, le plus grand affluent de droite du Mékong, et au-dessous de Bassac, les cataractes de Khône sont formées par un barrage d'îles rocheuses, couvertes d'épaisses forêts sur 25 kilomètres de largeur.
Plus bas, au delà de Stung-Treng, le Mékong entre en territoire cambodgien. A la hauteur de Préapatana, les rapides recommencent. et de\'^ennent dangereux. En aval, le fleuve, redevenu plus calme, coule vers Sambor et Kratié, à travers des forêts immenses. A Pnom-Penh, capitale du Cambodge, commence le delta, à 500 kilomètres dt^ la mer ; en ce lieu, aboutit aussi l'émissaire du lac Tonlé-Sap et deux autres voies fluviales qui se dirigent vers le sud, ce qui a fait donner le nom de Quatre-Bras à cet ensemble d'artères.
Le lac Tonlé-Sap ou (( grand lac » reçoit, à l'époque des crues, le trop-plein des eaux du Méko'ig; durant la saison sèche, au contraire, les eaux con-