APERÇU GENERAL DU PAYS I
tenues dans ce vaste réservoir refluent vers le Mékong. Ce lac a iio kilomètres de longueur sur 25 de largeur .
A partir de Pnom-Penh, les deux bras méridionaux du Mékong coulent à peu près parallèlement pendant 200 kilomètres. La branche orientale ou fleuve Antérieur, navigable en toute saison pour les bateaux de 3 mètres de tirant d'eau, se ramifie en un grand nombre de bras secondaires ou arroyos, qui se rattachent aux rivières de la Cochinchine orientale. Cette branche se répand à travers la plaine des Joncs, où )es nappes d'eau, perdues dans une forêt de roseaux, séjournent pendant des mois après la période d'inondation. Le fleuve Postérieur, navigable pour les canonnières à l'époque des hautes eaux, présente des rives couvertes de rizières et arrose Chaudoc. En amont de Vinh- Long, au centre d'une région fertile appelée le « Jardin de la Cochinchine », le fleuve Postérieur se divise en trois branches, dont la plus septentrionale baigne Mytho, port fluvial de Saigon pour l'exportation du riz.
Le delta du Mékong, dont la crue annuelle, de juin à février, élève les eaux de 12 mètres audessous de l'étiage, n'a pas moins de 600 kilomètres de développement entre les deux rives extrêmes, et l'on évalue à 50 kilomètres la longueur des bas-fonds qu'il a projetés en avant des côtes. Son eau louche, jaunâtre à Pnom-Penh, devient visqueuse, blanchâtre, repoussante au goût comme à l'odorat quand elle approche de la mer. A toutes les embouchures, le choc de la houle du large
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contre le courant oblige celui-ci à déposer une partie de ses boues, et des bancs se forment, qui barrent le passage aux navires à marée basse.
Dans la presqu'île triangulaire de Comao, vrai (( présent du fleuve )),le flot bordé de palmiers se ramifie en mille canaux, coupés de petits lacs très poissonneux.
Au nord-est du delta du Mékong, se développe, au milieu des rizières et des arroyos vaseux, un autre réseau fluvial.
Le cours d'eau le plus considérable en est le Dong-Naï (dont nous faisons Donnai) qui arrose Bien-Hoa ; ce fleuve reçoit à droite, à dix lieues de la mer, la rivière de Saigon, ainsi nommée parce qu'elle traverse la capitale de l'Indo-Chine.
Climat. — Le climat de l'Indo-Chine s'éloige de celui de la France, non seulement par une difl'érence considérable de température, mais encore par sa faible variation thermométrique journalière. Plus ou moins forte suivant la saison, l'altitude et la position géographique, cette variation est remarquablement faible dans la région des deltas où le ciel, toujours chargé de vapeurs, s'oppose à un rayonnement nocturne trop énergique.
Dans les lieux couverts il n'est pas rare de voir un thermomètre, qui marque 34 degrés centigrades à trois heures de l'après-midi, en indiquer encore 32 à onze heures du soir et ne descendre qu'à 29° à cinq heures du matin.
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Aussi M. Schrémer (i), auquel nous empruntons une partie des données suivantes sur Fh^^giène à suivre en cette contrée, appelle-t-il Flndo-Chine, et particulièrement le delta du Mékong, un pays à température constante.
(( L'on me fera peut-être remarquer, dit-il, qu'un climat à faible variation thermométrique peut néanmoins, au point de vue physiologique, s'écarter considérablement de la constante. L'état hygrométrique de Fair, la forte ou faible tension de la vapeur d'eau qui ralentit ou accélère l'exhalation pulmonaire et Févaporation cutanée, en retenant et en abandonnant la chaleur chez l'individu, produit des variations tout aussi considérables que celles dues à Faction directe de la chaleur atmosphérique.
(( Mais Findo-Chine, pays soumis à l'influence des moussons offre aussi cette particularité d'avoir une tension de vapeur d'eau singulièrement constante. Et c'est dans de semblables régions, où l'homme cuit à petit feu, comme disent les Annamites, où la boisson est à la température ambiante, que l'on couvre les gens de laine et de flanelle !
« Les résultats ne se font pas attendre. Le corps, entretenu nuit et jour dans une demi-transpiration, ne peut se soumettre au moindre exercice sans ruisseler de sueur, partant sans se fatiguer outre mesure. »
Le même observateur pense que « le bain froid, ou plutôt l'eau froide qui sert aux ablutions jour
(i) Revue française.
nalières, est la cause de bien des maladies, ou plutôt de malaises, parmi lesquels il convient de signaler tout particulièrement les herpès et les bourbouilles. Loin de guérir les affections de la peau, l'eau froide semble les envenimer. La laine chasse momentanément la diarrhée, mais attire infailliblement les bourbouilles, et Teau fraîche les entretient.
Pour se soustraire dans l'avenir aux démangeaisons irritantes des bourbouilles et à celles presque insupportables des herpès humides, il n'y a qu'un procédé : ne se servir que d'eau tiède contenue dans un seau et que, à la. façon annamite, on se verse sur le corps écuelle par écuelle.
Les bains de rivière ne sont pas à rejeter pour cela, cette eau étant souvent plus que tiède.
Ce qu'un Européen a de mieux à faire pour se bien porter en Indo-Chine, et surtout dans les régions des deltas, qui sont les plus insalubres, c'est de vivre à la façon des Annamites. Peu à peu, il faut faire entrer le riz, cuit à l'eau sans sel, dans son alimentation journalière, puis réduire progressivement sa ration de pain à une quantité insignifiante, et enfin le supprimer tout à fait. Il faut proscrire toute espèce de spiritueux. Quant au vin, il est plus difficile de s'en déshabituer ; on emploie souvent six mois pour y arriver, versant d'abord du thé dans son vin, puis dans son thé du vin dont on réduit de jour en jour la quantité. L'idéal est d'arriver à pouvoir ne plus boire que du thé froid, mais à la façon chinoise, c'est-à-dire très léger.
Ces substitutions, une nourriture convenable-