APERÇL' GENERAL DU PAYS
ment choisie, des ablutions à l'eau tiède, l'habitude de vivre chez soi dans un déshabillé très léger, permettent de vivre en parfait état de santé ; et il ne faut pas plus de quelques mois pour réaliser toute cette révolution.
Observons encoie que, plus on se rapproche de l'équateur, plus il faut substituer de végétaux aux viandes. L'organisme n'a3^ant pas à résister à l'impression du froid n'a pas besoin de cette forte quantité de chaleur que lui fournit la substantielle alimentation des pa3^s septentrionaux.
Le régime journalier en Indo-Chine doit comprendre du poisson, des œufs, de la volaille, du porc, des crustacés à l'occasion et des coquillages, du gibier. Le bœuf ne doit entrer que rarement dans l'alimentation, au plus une fois par semaine. On peut user d'aliments féculents, mais manger le moins possible de crudités. Les fruits sont à recommander : la mangue, la goyave et quelques autres peuvent même être mangés verts.
Quand on parle de l'insalubrité de ces pays, on lui attribue trop complaisamment toutes les maladies, tous les accidents qui, très souvent, ne sont que la conséquence de l'intempérance ou d'un mauvais régime. Trop d'Européens oublient que chaque climat nécessite un régime particulier, et ils conservent aux colonies, quelle que soit la latitude, celui qu'ils aimaient à suivre dans la métropole. De plus, beaucoup se font d'après des opinions erronées, ou seulement à priori, les idées les plus fausses sur les exigences de l'hygiène locale. Ainsi par exemple en Indo-Chine — et en maintes
L INDO-CIIINE FRANÇAISE
autres contrées, l'Européen croit prudent de vivre s'il le peut exclusivement à l'ombre. Or, pour bien digérer et bien se porter dans ce pays, il faut prendre de l'exercice au grand air, au soleil même, souvent, tous les jours si c'est possible.
Au Tonkin, il y a deux saisons bien distinctes : de mars à octobre celle des chaleurs ; d'octobre à mars, la saison sèche ou froide. Il pleut durant tout le cours de l'année.
En Cochinchine, du 15 octobre au 15 avrils il ne tombe pas la valeur d'un seau d'eau. La chaleur est étouffante pendant une partie de juin, pendant les mois de juillet, août, septembre, et une partie d'octobre, durant lesquels le thermomètre marque de + 32 à + 37 degrés. La température varie de 25 à 32 degrés pendant les mois de mars, avril et mai, le commencement de juin et la fin d'octobre. Elle varie de -j- 6 à + 15 et 20 degrés de novembre à mars. La plus mauvaise période pour l'Européen s'étend du 15 avril au 15 juin.
L'anémie est à redouter dans certaines régions marécageuses de Cochinchine ; mais l'intérieur du pa3^s, surtout la région des hauts plateaux, sont bien plus sains que les basses terres, surchauffées et humides du littoral.
Les moussons soufflent du sud-ouest et du nordest. Le printemps et l'été sont tempérés par de petites brises du sud-ouest. La mousson du nordest amène de basses températures, semblables à celles du sud de la Chine. La mousson du sud« ouest, fraîche j légère et assez régulière, dévie au sud-est à Hanoïi par suite de la direction du