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CHAPITRE VIL

ORGANISATION ECONOMIQUE. LES TRAVAUX PUBLICS. - AMELIORATION DES VOIES DE COMMUNICATION NATURELLES. - LES VOIES FLUVIALES. LA NAVIGABILITE DU MEKONG. LES CANAUX ET DRAGAGES DU SUD. L'HYDRAULIQUE AGRICOLE AU TONK1N ET EN ANNAM. - LA VOIE MARITIME. LES PORTS DE SAIGON ET DE TOURANE. LE PORT DE HAÏPflONG. L'HYDROGRAPHIE DES CÔTES. - CONSTRUCTION DE VOIES NOUVELLES. ROUTES ET VOIES FERREES. - LES TRAMWAYS. - LE CHEMIN DE FER DE HANOÏ- FRONTIÈRE DE CHINE ET LE PONT SUR LE FLEUVE ROUGE. - LE PROGRAMME DE 1898 ET L'EMPRUNT DE 200 MILLIONS. LE GRAND PENINSULAIRE. - LE CHEMIN DE FER DU YUNNAN. - CONSTRUCTION ET EXPLOITATION DES LIGNES. - LE RESEAU POSTAL ET TELEGRAPHIQUE INTERIEUR ET EXTERIEUR. LES CÂBLES.

La lecture la plus superficielle des divers budgets de l'Indochine révèle la part considérable qui y est faite aux dépenses de travaux publics. H y a, dans la proportion de ces dépenses à l'ensemble des crédits, et dans l'importance des travaux auxquels elles sont affectées, une sorte de hiérarchie qui correspond à fimportance même de chaque budget. Les plus petits, fceux des provinces et des territoires, trouvent, après avoir soldé leurs dépenses d'administration, quelques fonds à affecter à des travaux qui d ailleurs ne dépassent guère la petite et la grande voirie. Les budgets municipaux y engagent non seulement une partie de leurs ressources ordinaires mais encore leurs ressources extraordinaires. Les budgets locaux de la Cochinchine, du Cambodge, de l'Annam, du Laos et du Tonkin évoquent des entreprises plus considérables , telles que la construction et l'entretien des bâtiments civils, la construction des routes, et le service de l'hydraulique agricole , dont l'application varie nécessairement avec les régions et les climats. Enfin le budget général assure, avec la dépense du personnel de la Direction générale des Travaux Publics , l'exécution des

travaux d'intérêt commun à llndochine, qui dépassent visiblement les facultés et la compétence des budgets locaux, tels que les grands ponts métalliques, les dragages, l'éclairage et le balisage des côtes, et l'aménagement des ports maritimes. Il assure en outre le service de l'intérêt et de l'amortissement de l'emprunt de 200 millions, entièrement affecté aux chemins de fer. Le budget général est le grand constructeur de l'Indochine. H n'a été établi que pour exercer ce rôle , et toutes les réformes politiques, fiscales, et budgétaires , accomplies par le dernier. Gouverneur n'ont pas eu d'autre raison déterminante que celle de grouper en Indochine les activités et les ressources, qui jusque-là étaient demeurées k peu près impuissantes, parce que dispersées : il ne parait pas que ce nouvel aménagement des forces ait restreint les disponibilités de notre possession, puisque son Directeur général des Travaux Publics a pu déclarer qu'il y avait été dépensé en cinq ans, de 1897 à 1901, entre les budgets ordinaires et extraordinaires, un total de 37,918,600 piastres. On sait en outre que la dette est presque tout entière consacrée à des dépenses de travaux publics.

Cette politique de travaux publics n'a toutefois pas échappé au double reproche d'en faire trop, et pourtant de n'en point faire assez. Ce dernier reproche est mérité, mais il était inévitable. On n'improvise pas d'un seul coup l'outillage économique d'un grand pays, et il a fallu nécessairement choisir entre de multiples besoins, à un moment où cria difficulté n'était pas de savoir où se prendre, car tout était à faire et tout était urgent». La Gochinchine ne parvenait pas à suffire ,. avec ses ressources annuelles, aux dépenses de dragages de ses canaux, et elle avait seulement construit autour de Saigon quelques kilomètres de tramways ou de chemins de fer de grande banlieue. Le port de Saigon lui-même restait à peu près cr tel <}ue l'avait fait la nature». Le budget du Tonkin ne réussissait pas à mener à bien tout

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