CHAPITRE VII
indigène très active : on s'efforce également de lui faciliter la route, et aussi de rendre flottables des passes que pourront prendre les radeaux de bois de teck, dont l'exploitation commence à être pratiquée au haut Laos. Ce reliement des divers biefs où naviguent les chaloupes françaises se fait tantôt par les soins des piroguiers natifs , tantôt par la voie de terre : c'est ainsi qu'on a construit une route qui contourne les 160 kilomètres des rapides de Kemmarat. La solution du passage des chutes de Khône a été donnée par un chemin de fer qui traverse la petite île. De la sorte, en rattachant bout à bout les diverses fractions utilisées du Mékong, les communications se trouvent établies, longues et onéreuses il est vrai, sur les a,3oo kilomètres qui relient Luang- Prabang à Saïgon.
Les roches n'existent plus dans le cours inférieur du fleuve, qui forme, avec ses divers bras, raccordés aux rivières côtières comme le Donaï, la rivière de Saïgon et les Vaïcos, un réseau de communications naturelles de premier ordre pour le Cambodge et la Cochinchine. Encore est-il que ce réseau a besoin d'être entretenu et complété : les énormes apports d'aliuvions que charrie le fleuve travaillent tous les jours à l'envaser. La nécessité des dragages s'est donc imposée à la Cochinchine dès le début de l'occupation : on a pu soutenir qu'elle constitue , avec une ligne ferrée de pénétration , avec le raccordement
Fleuve, depuis ceux de Préapatang, traverses eu 1 885- 1886 par MM. les lieutenants de vaisseau Réveilière, aujourd'hui contre-amiral, et de Fésigny, jusqu'à ceux de Tangho, déclares infranchissables par Francis Garnier et franchis néanmoins par le (rLagrandière» , commandé par M. le lieutenant de vaisseau Mazeran, qui vient d'être appelé par M. Roumc, Gouverneur général de l'Afrique occidentale française, pour étudier l'aménagement de la navigabilité du Sénégal. Des atlas hydrogra-
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phiques du Mékong ont été publies, à la suite de leurs travaux , par M. le lieutenant de vaisseau Simon , aujourd'hui directeur des Messageries fluviales de Cochinchine, et par MM. Mazeran et Le Blévec. L'hydrographie des Grands Lacs n'avait, en revanche, jamais été faite. En i863 une simple reconnaissance au compas sans sondages avait été opérée par quelques ingénieurs hydrographes , et , en 1 889 , un levé au sextant du Veal-Phoc a été pris par M. le lieutenant de vaisseau Chalmet.
par voie terrestre à la côte du Siam et l'aménagement du port de Phnôm-Penh, presque tout le programme des travaux publics du Cambodge. Les canaux cochinchinois ont été, jusqu'en 1 875, creusés sous la direction immédiate des administrateurs des affaires indigènes, qui ont laissé leurs noms à quelques-uns d'entre eux, et sans qu'il en ait été tenu une comptabilité spéciale. On n'en connaît pas davantage l'importance de 187& h 1889, mais, de 1889 à 1898, il a été exécuté un certain nombre de canaux suivant un plan de campagne qui n'a malheureusement pas pu être suivi. Ces canaux de Cocbinchine fournissent une remarquable démonstration de l'impuissance où se trouvent les budgets locaux à mener avec des moyens suffisants, et aussi avec méthode et persévérance, un grand programme de travaux publics. En 1898 la Cochinchine était hors d'état de poursuivre le programme qu'elle avait élaboré en 1898, et de payer tout ce qu'elle devait à l'entreprise des dragages : elle avait dû laisser des sommes impayées, avec des intérêts moratoires, que le budget général, dès sa constitution, prit à sa charge. Ce budget inscrit annuellement aujourd'hui 9 millions à 2 millions et demi de francs pour la construction et la mise en état du réseau fluvial de la Cochinchine et du Cambodge. De plus, il a permis de concevoir, et il permet d'exécuter, un plan d'ensemble qui se réalise année par année : à mesure qu'il s'exécute, les centres riziers de Cantho, Travinh, Bentré, dans le bas delta cochinchinois, se trouvent reliés entre eux et aux régions forestières et poivrières de Rachgia et de Hatien (1) sur le golfe de Siam, ainsi qu'aux régions desservies par le cours moyen, et même supérieur, du Mékong : les produits des plaines de Cochinchine, du Cambodge, et même du
(1} La longueur des canaux compris dans le 1 5 mètres au plafond. La profondeur est calprogramme général des dragages peut atteindre culée de manière à avoir environ a mètres 36 kilomètres (canal de Bassac au Gaïlon) et d'eau par les basses mers. Ce sont là des conméme 66 kilomètres (canal de Hatien). La ditions plus que suffisantes pour la circulation largeur est variable , et comprise entre 1 o et de la batellerie indigène.