CHAPITRE VIII
de ce que les producteurs avaient quelque temps retenu leur récolte par devers eux, espérant faire ainsi monter les cours, et vendre à un prix plus favorable. Ce timide essai de spéculation, pour n'être pas de Tordre le plus relevé, dénote du moins une sorte de calcul de prévoyance, et trahit en tout cas une amélioration incontestable du sort du paysan indigène 11 '.
L'Etat vient encore en aide à l'agriculture , non seulement par la construction des chemins de fer et de tout l'outillage économique qui, facilitant les débouchés, accélèrent nécessairement la production, mais encore par le creusement des canaux de drainage, et surtout les importants travaux d'irrigation destinés à lutter contre le pire mal,
(1) L'administration française s'efforce, non sans difficulté, d'arracher l'agriculture indigène à sa routine, en évitant cependant de la laisser tomber dans la spéculation, et notamment dans la spéculation chinoise. Elle a écarté, par une méfiance trop justifiée de celle-ci, divers projets de concentration des récoltes dans des magasins généraux à Saigon , qui n'auraient point favorisé le petit producteur, et auraient rendu possible au contraire un accaparement des ris analogue à celui qui s'est produit en d'autres pays pour les blés. L'instinct He la spéculation, naturel au caractère asiatique, qui ne cesse d'ordinaire d'être dupe que pour cherchera duper à son tour, fausse la nolion du crédit et de l'épargne, telle du moins que nous l'entendons en Europe. La caisse d'épargne que nous avions installée a Saigon a vu péricliter ses opérations parce que ses clients spéculaient sur la baisse de la piastre. Le prêt sur gages prend parfois en Extrême- Orient un caractère inattendu et l'on sait que les monts -de -piété de Canton et de Bangkok sont très souvent des établissements de recel. Un essai de prêt sur récoltes a été tenté, en
1 898 , par la Banque de l'Indochine , sous le contrôle de l'administration du Tonkin : il n'a pas eu grand succès. Pourtant, alors que le taux de l'usurier chinois oscillait entre 8 et 19 p. o/b par mois, avec les plus larges prérogatives consenties au préteur, en cas de non payement, sur l'avoir mobilier et immobilier de l'emprunteur, celui de la Banque n'était que de 8 p. 0/0 pour les six mois renouvelables du prêt, taux modéré si l'on songe à l'inconstance des emprunteurs, et dont la modération était rendue possible par l'aval du protectorat, auquel il était d'ailleurs servi une ristourne de a p. 0/0. Mais les formalités à remplir, encore que très simplifiées, déconcertaient le paysan indigène , qui se montrait surtout réfractaire à la formalité, inusitée pour lui, du payement a échéance fixe. L'usurier chinois en effet, trouvant tout avantage à n'être pas remboursé d'une créance qui lui valait des intérêts énormes, ne pressait pas son débiteur d'en finir, et celui-ci, séculairement rompu à la pratique du squeeze, préférait encore à l'honnêteté stricte du prêteur officiel européen, la malhonnêteté accommodante de l'autre.
cter les cultures, la sèment secondé par il l'est encore dans et ses récompenses s agricoles, avec les le commerce. Il faut ; même, s'il se peut, le-ci peut agir seule.
ux publics, tout un dont dispose l'Etat.
S lui permettent de s études et les inforriel, peuvent entret assez souvent, sur . cette étude, limitée ins sa portée , et des ice viennent encore ui est riche, qui est les mieux autorisés, liment scientifiques ; vaille en particulier nner la publicité la conflit des intérêts, réciproque, chacun , parce qu'il mérite de conseiller amical mverneur général a *e et du Commerce, iccasion de sombrer ; spectacle, familier