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CHAPITRE VIII

à travers le monde un emploi neuf et intéressant de leur activité et de leur fortune, ou qui, attirés par le désir de faire de grandes chasses, ou une simple curiosité de touristes, ont été retenus sur place par le charme prenant du pays : un grand nombre d'entre eux s y fixent tous les jours. Ces divers colons se sont adressés d'abord à la source de richesse la mieux, et aussi pendant longtemps la seule connue, la rizière. Très peu en ont tenté, sauf en Cochinchine, l'exploitation directe; qui reste, à peu près exclusivement, le monopole des natifs. D'autres se sont essayés à remettre en culture des terres abandonnées, en y installant des familles indigènes auxquelles ils faisaient des avances d'argent et de bétail , et qui étaient liées à eux par des contrats de fermage et de métayage : cette opération , encore qu'elle favorise l'augmentation de la production agricole, ne constitue pas en soi un grand effort de colonisation, ni une grande nouveauté dans la mise en valeur du pays, puisqu'elle consiste surtout en un placement de capitaux. Il en est autrement des entreprises qui ont livré à l'irrigation, et, partant, à la culture, de vastes étendues jusque-là restées improductives. Ces entreprises, dont on trouve notamment des exemples remarquables en Annam (1) , ont demandé des études, des. placements de fonds et des risques qui représentent un véritable service rendu à la mise en valeur du pays, el qui trouvent leur récompense non seulement dans une rémunération lucrative du capital engagé, mais dans un accroissement incontestable de la prospérité d'une région , où les terres arrosées , louées ou données aux indigènes suivant un contrat passé et enregistré à la résidence, leur assurent du riz sur lequel ils n'auraient jamais compté , et payent à l'impôt un supplément inattendu. Il y a là une heureuse association d'intérêts entre le colon français et les habitants asiatiques à laquelle

(l) D'après un rapport du Directeur de l'A- rigation amorce sur la rivière de Phanrang, griculture et du Commerce, la construction, en Annam, ouvrirait une superficie présumée qui se poursuit actuellement, d'un canal d'ir- de 4,ooo a S.ooo hectares à la culture du riz.

le fisc trouve son compte, et où l'administration n'est appelée à intervenir que pour en contrôler exactement tous les termes. — C'est enfin la colonisation française qui a donné leur plus grand développement aux cultures riches.

Les statistiques de la Direction de l'Agriculture et du Commerce évaluent à 7 1 7 le nombre des concessions , propriétés ou exploitations rurales existant en Indochine au commencement de Tannée 1909, pour une superficie très approximative de 357,681 hectares. La propriété française est constituée au même titre que la propriété indigène depuis l'organisation générale du domaine en 1 899 , et avec tes mêmes garanties. L'étendue des concessions, qui avait d'abord été excessive, a été ramenée en ces dernières années à des proportions plus modérées : en principe elle ne doit pas dépasser 5oo hectares, et, chaque fois qu'elle les dépasse , on s'efforce de proportionner la superficie concédée avec les capitaux réellement apportés par le candidat concessionnaire. Sa demande n'est d'ailleurs reçue qu'après une très sérieuse enquête, poursuivie conlradictoirement par la Direction de l'Agriculture el du Commerce et par les administrations locales, et à laquelle les indigènes sont appelés à faire telle opposition que de droit. Des servitudes de passage sont toujours ménagées dans la concession , et les pagodes , cimetières et édifices du culte, sont réservés libres et soigneusement entretenus. La concession est provisoire, et, comme telle, exempte d'impôt foncier, pendant cinq ans. Au bout de ce temps, après vérification d'une commission spécialement constituée, les parties mises en valeur sont déclarées concession définitive, les autres font retour au domaine. Lés concessions au-dessous de Son hectares sont accordées par les chefs des administrations locales, et, en Cochinchine. après un vote du conseil colonial. Les grandes concessions sont accordées, sur le rapport et après enquête des administrations locales et de la Direction de l'Agriculture et du Commerce, par le Gouverneur

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