CHAPITRE VIII
provisoirement consenti ne se justifiait donc plus, et l'Indochine n'a, dès lors, cessé de demander le retour au droit commun, c'est-à-dire au tarif général. Elle y mettait d'autant plus de zèle que le maintien du tarif spécial , indépendamment des difficultés de pratique douanière auxquelles il donnait souvent lieu, avait encore l'inconvénient de fournir à la métropole son meilleur argument pour le maintien du demi-droit à l'importation de la plupart des produits indochinois en France, qu'elle persistait à conserver. Lors de la venue du dernier Gouverneur général à Paris, pour la discussion de la loi d'emprunt de 200 millions , un commencement de satisfaction a été accordé à notre établissement sur le premier point, et le décret du 29 décembre 1898 a relevé en partie les droits à l'importation en Indochine, abaissés par le décret de 1 892. En outre un droit à l'exportation a été adopté, pour retenir en Indochine certains produits, et surtout pour les chasser vers la France : c'est, à proprement parler, la surenchère de la protection , et la métropole elle-même , dont le protectionnisme est pourtant assez caractérisé, n'avait pas été jusque-là (1) .
Tant d'empressement à entrer dans les intentions de la mère patrie
(1) Le tarif d'importation tend à frapper, bien entendu, l'entrée des produits manufactures, et notamment des tissus, ou des matières premières que peut fournir abondamment la production, soit métropolitaine, soit locale : il tend à dégrever au contraire les matières premières qu'elle ne donne pas, ou qu'elle donne en quantité insuffisante pour sa consommation. Le tarif d'exportation fait l'inverse, retient les matières premières par un droit, et dégrève les produits manufacturés, ou les matières premières qui sont en surabondance : il ne frappe que les produits à destination de l'étranger, et les frappe d'une taxe d'ailleurs assez légère, qui ne dépasse
pas 3 p. 100 ad valorem, mais qui suffit cependant pour diriger une partie du courant d'exportation vers la métropole. — La production des nombreux objets asiatiques, jadis exclusivement réservés à la fabrication chinoise, que consomme notre Indochine a pu s'y développer à l'abri du tarif protecteur : il en sera de même sans doute des produits de fabrication européenne à bon marché que vont pouvoir donner les manufactures qui s'établissent à l'abri du même tarif. Mais ce tarif, utile à la production encore débutante et faible , cessera, semble-t-il, de lui être nécessaire quand elle aura atteint la vigueur de l'âge adulte.
et à servir ses intérêts semblait devoir mériter à l'Inda traitement d'exceptionnelle bienveillance. Puisqu'il y a uni nière, elle demande qu'elle soit complète, avec des avanta proques pour chacun des participants; elle sollicite donc le tarif général d'importation, mais, par compensation, l'entré' chise de ses produits dans la métropole, alors que les pro tropolitains entrent chez elle en franchise ; puisqu'on lui a i charges de la protection, elle souhaite qu'on lui en laisse tous les bénéfices : on ne lui en a laissé qu'une partie. Le tportation a permis, il est vrai, à l'agriculture et à l'indusl chinoises de se constituer ou de s'étendre à l'abri des droits pr Mais leurs produits ne sont ainsi favorisés que sur le marc qui est nécessairement restreint, et dont ils ne doivent pas s ter; pour l'exportation, une sorte de défaveur leur est opj seulement à la sortie vers l'étranger, mais encore à l*entrée.ei ils ne jouissent complètement ni des avantages du marché li ceux du marché réservé. Le riz indochinois, qui est frappé < d'exportation vers la Chine, entre sans doute en franchist métropole; mais le thé, le café, le poivre, qui payent, à l'e) étrangère, un droit, assez léger il est vrai, de i o francs les grammes, doivent encore payer, à l'entrée en France, la moiti d'importation qui frappe les produits étrangers, soit toi ) 100 kilogrammes. En outre, comme cette détaxe sur le dr de 208 francs, si elle n'a pas l'avantage de la franchise absol ti tue toutefois, en comparaison du traitement des produits i un avantage du simple au double, des mesures de précautk prises pour prévenir le genre de fraude qui consisterait à i en France, à la faveur du demi-droit, des produits d'origi gère qui auraient seulement passé en Indochine : c'est ai décret détermine chaque année les quantités de poivres