CHAPITRE VIII
A ces ports il manque malheureusement encore de nombreux navires, ou du moins de nombreux navires français. Le réseau de chemins de fer qui se construit en ce moment dans notre possession pour assurer au trafic des transports rapides, commodes, et à bas prix , doit avoir pour complément logique et indispensable un réseau de transports maritimes : l'avenir de l'exportation indochinoise est lié en partie à celui de sa marine marchande. - L - Les transports fluviaux existent déjà, et les grands fleuves de l'Indochine sont desservis, en plus de la batellerie indigène des radeaux, des sampans et des jonques, par des chaloupes à vapeur chinoises qui prennent des tarifs très réduits, mais dont on a dû contrôler parfois les imprudents pilotes, et par les Messageries françaises subventionnées du Tonkin et de la Gochinchine. Les Messageries fluviales de Gochinchine font le service du Mékong, depuis Luang-Prabang jusqu'à Saigon, par chaloupes à vapeur dans les biefs navigables, et par des convois de pirogues dans les rapides intermédiaires : la compagnie a, en outre, la concession de la voie ferrée et des bassins d'échouage de l'ile de Khône, qui assurent la liaison avec le premier bief, ainsi que des autorisations de coupes de bois, à prélever sur les terrains riverains. Ses bateaux, d'une vitesse de 8 à 1 1 nœuds, maintiennent les communications entre Luang-Prabang et Vientiane toutes les deux semaines, et entre Vientiane et Khône toutes les semaines. Le service, au point de vue nautique, en est de plus en plus facilité par les travaux de dérochage et de balisage du Mékong, que la Direction générale des Travaux Publics poursuit d'après les études hydrographiques des officiers de marine et ses propres études complémentaires : mais, pour le transport des marchandises, la compagnie est obligée de lutter, par un abaissement de tarifs, contre la concurrence de la voie siamoise Korat-Bangkok , qui est tout naturellement ouverte aux produits du haut Laos, (l'est cette même com-
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IMPftlMEftlB SATIOXAU.
jmgnié qui détient ia ligne postale subventionnée de Saigon au Siain. La navigation côtière est faite en Indochine par de nombreuses barques de pêche , qui ont été astreintes récemment à l'inscription sur les contrôles de la douane et à un livret d'immatriculation qui leur tient lieu de rôle d'équipage et de tous papiers de bord. Ce commencement d'état civil permet non seulement de connaître avec exactitude * l'état de la navigation, mais encore d'exercer sur la contrebande, dont les barques sont l'ordinaire et commode véhicule, une surveillance qui, pour être efficace, n'a pas besoin d'être tracassière : on sait qu'une police spéciale est pratiquée sur les grandes jonques chinoises qui viennent faire la pêche dans les eaux de la baie d'Àlong et qui sont désarmées au poste douanier de l'île de la Cacba (1) . — Le cabotage indochinois dont le total des opérations se traduit, en 1901, nous l'avons vu, par une valeur de i38, 555, 7/12 francs, numéraire déduit, était entièrement laissé, jusqu'à ces derniers temps, aux caboteurs allemands et norvégiens. Dans le récent réveil de l'activité commerciale qui vient de se manifester en Indochine il a paru qu'avant de songer à aller chercher du fret dans les ports étrangers , il fallait commencer par prendre nous-mêmes celui de nos propres ports : une ligne de cabotage a donc été établie , qui dessert avec succès les ports de la côte d'Annam , et qu'il faut souhaiter voir s'étendre.
La renaissance de la vie maritime française, dont la nécessité a été signalée par quelques écrivains avec tant d'autorité et de talent®, n'est
(1) Est considérée comme zone maritime, et une taxe de flottage sur les radeaux de bois
les barques qui la fréquentent sont, par suite, qui descendent le cours des fleuves, immatriculées comme barques de mer, la zone (S) Charles Roox. r Notre Marine mar-
fluviale qui s'avance jusqu'à 9 myriamètres à chande.» — Georges Blondel. <rLa France et
partir de l'embouchure des fleuves. — C'est le marché du monde. — L'essor industriel
également pour exercer plus facilement une cl commercial du peuple allemand* , etc. surveillance de la fraude que la douane perçoit