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CHAPITRE IX

augmentée quand l'augmentation de leurs ressources le permettra; mais on ne saurait oublier qu'il n'est pas d œuvre où l'Etat puisse et doive recevoir de l'initiative privée un concours plus efficace : la colonie française a été, jusqu'à ces dernières années, trop peu nombreuse pour avoir pu prétendre en cette matière à une action bien utile ; il y a lieu d'espérer qu'aujourd'hui , où le nombre de nos compatriotes s'accroît, principalement au Tonkin, leur initiative ne tardera pas à déterminer dans notre possession un mouvement de solidarité analogue à celui qui réunit en ce moment en France, avec une si active générosité, toutes les conditions et tous les partis dans la lutte contre la tuberculose. Des tendances du même genre se sont manifgptées déjà dans la colonie chinoise , qui , si elle ne sait pas organiser elle-même, ne refuse du moins pas sa contribution pécuniaire (1) : les riches commerçants de Gholon, en Gochinchine, ont offert à l'administration des dons en argent pour la fondation d'un hôpital et d'une maternité, et il nous souvient qu'au moment de la disette qui éprouva, aucommencement.de 1898, une partie de l'Ànnam, alors fort isolée de toute communication, des marchands chinois faisaient faire à Hué des distributions gratuites de riz à la population. On pourrait peutêtre encourager des dispositions aussi honorables en empruntant à la politique anglaise dans l'Inde l'habitude qu'elle a prise de récompenser des libéralités de ce genre et d'en provoquer de nouvelles, par la collation de titres et de distinctions flatteuses aux Asiatiques de marque qui consacrent une partie de leur fortune à des fondations bienfaisantes. L'institution par le dernier Gouverneur de l'ordre du Mérite indigène est déjà une indication heureuse dans le sens d'une

(l) Dans un rapport inséré au * Bulletin éco- protégés chinois en cette ville auraient sous-

nomique de l'Indochine» de novembre 1 90a , crit spontanément 10,000 francs pour les

M. G. Dauphinot, attaché commercial à la Lé- victimes du tremblement de terre de la Marti-

gation de France à Bangkok, mande que nos nique.

collaboration des Européens et des natifs à la prospérité économique de l'Indochine : elle ne pourrait que gagner, semble-t-il , à être étendue aux questions d'assistance.

L'assistance d'Etat, sous la forme d'assistance médicale gratuite de la population native, présente en Indochine une organisation déjà intéressante, mais qui a besoin d'être beaucoup développée encore : un important hôpital indigène reçoit à Choquan, en Gochinchine, les malades du régiment de tirailleurs annamites, des marins indigènes de la flottille, des prisonniers des provinces ou du pénitencier de Poulocondore, et des indigents de toute la colonie; il y a un hôpital et une maternité à Cholon; un grand hôpital indigène est annexé à l'Ecole de médecine de Taïha , près de Hanoï ; enfin un certain nombre ^'hôpitaux et d'ambulances sont ouverts dans l'intérieur. Le personnel hospitalier y est fourni par les médecins et infirmiers coloniaux : l'effectif restreint du corps, qui est commun à tous les établissements extérieurs, y précipite le jeu de la relève, et ne laisse, en compensation des fatigues éprouvées dans les climats les plus différents de la terre, et dans des postes nécessairement exposés , que l'insuffisante réparation d'un séjour d'ordinaire abrégé en France. Malgré ces conditions défavorables et malgré le petit nombre de ses agents, le Service de santé colonial a déjà fait beaucoup en Indochine. Il n'avait que le choix des maux à combattre, et il a engagé partout la lutte : mais surtout il a été au plus pressé; sans attendre la régénération physiologique des races indigènes , qui ne viendra qu'à la suite des transformations lentes et successives de leurs conditions de vie , il a commencé par essayer de barrer la route aux maladies immédiatement curables, et notamment à celles que leur forme épidémique rendait le plus cruellement meurtrières. La prophylaxie est ici plus efficace que les meilleurs traitements : c'est donc sur la mise à exécution des mesures prophylactiques qu'a porté le principal effort des médecins,

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