‹ L'IndochineChapitre 166 sur 218 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

utilement secondés par les ingénieurs. Les travaux publics, en effet, n ont pas seulement pour objet de parer à la famine en permettant de ravitailler à propos les régions trahies par la récolte , d'activer la production en facilitant les débouchés, et d'aider à l'accroissement de la richesse; ils exercent encore une action bienfaisante et directe sur la santé générale : l'extension des cultures, favorisée par eux, le comblement des marais, le déboisement des forêts fiévreuses, l'accession aux plateaux salubressont autant de gains réalisés au profit des habitants; dans les agglomérations des villes le choléra, le typhus ou la peste ne sont quelquefois qu'une question de voirie (l) , et les travaux qui ont doté nos grandes villes d'Indochine d'une distribution d'eau abondante et saine et d'une bonne canalisation d'égouts ont sûrement sauvé bien des existences. Les médecins ont également essayé de défendre l'Indochine contre les maladies importées : ceux d'entre eux qui sont détachés dans les villes chinoises voisines du Tonkin, véritables éclaireurs de l'armée médicale indochinoise, rendent, entre autres services, celui de signaler l'apparition et la genèse des épidémies dans leurs postes. Il est assez difficile à la vérité, en raison de son étendue, d'établir un cordon sanitaire le long de la frontière de terre : l'intérêt n'en est d'ailleurs pas bien considérable, les passages d'hommes et de marchandises de nature à apporter la contagion ayant lieu à dés points fixes, qu'il est toujours facile de surveiller. Mais la surveillance est au contraire très étroite dans les ports maritimes, par où se font les principales transactions de l'Indochine , et notamment celles qui concernent les ports de la Chine méridionale, où la peste est à l'état endémique. La douane française

(1} Il en est peut-être ainsi de la fièvre jaune, vaux publics prépare par le Gouvernement

et c'est pour répondre à une préoccupation de général de l'Afrique occidentale française, des

cet ordre que M. le Gouverneur général Roumc crédits à affecter à des travaux d'assainissement

a prévu, au programme de l'emprunt de tra- dans les villes de la côte africaine.

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n'ayant pas, dans sa riche nomenclature, de traces de droits d'importation sur la pesté, est suppléée cette fois par les médecins arraisonneurs, dont les quarantaines provoquent d'ailleurs autant de protestations dans le commerce que les taxes et formalités douanières {l) : des rigueurs de l'arraisonnement ont du reste réussi à écarter la peste de l'Indochine. La science française a même ici particulièrement bien mérité de l'humanité , puisque non seulement elle a préservé du fléau notre possession, mais qu'elle a encore travaillé à en préserver les autres pays : c'est un des membres les plus remarquables du corps de santé colonial, M. le docteur Yersin, aujourd'hui directeur de l'Ecole de médecine de Hanoï, qui a découvert en i 8 9/1 le bacille de la peste à Hong-Kong, et préparé un sérum curatif dont l'emploi, plusieurs

. fois renouvelé en cours de maladie, a valu un chiffre appréciable de guérisons®. A la suite de cette découverte le Gouvernement général

. -de l'Indochine a fait établir en 1 895 à Nhatrang, sur la côte d'Annam , un Institut Pasteur qui fut longtemps dirigé par le docteur Yersin, et qui est affecté à l'étude bactériologique de la peste humaine , de la peste bovine et de diverses épizooties, et à la préparation des sérums. Un autre Institut Pasteur fonctionne depuis 1890a Saigon , où il fut établi sous le nom d'Institut vaccinogène, pour combattre une des maladies les plus foudroyantes qui éprouvât les natifs, et surtout les enfants , la variole (3) : l'Institut joint aujourd'hui à la préparation

(,) Ou sait qu'il a même fallu, sur les instances des représentants de la Cochin chine, apporter les tempéraments compatibles avec les exigences de la santé publique aux précautions sanitaires imposées à l'arrivée des immigrants chinois dans le port de Saigon, où a d'ailleurs été établi depuis peu un lazaret

(1) Les résultats furent très probants en Chine, uu peu moins à Bombay, où les conditions de l'expérience étaient aussi moins

favorables, mais auraient donné toute satisfaction lors de l'épidémie de peste d'Oporto en 1899, où ils auraient, d'après le docteur Yersin, abaissé la mortalité de 5o p. 100, proportion obtenue par l'emploi du sérum aux Indes anglaises , jusqu'à une moyenne de 18 p. 100.

(S) Les rr Annales d'hygiène et de médecine coloniales d rapportent qu'un administrateur disait avoir vu, au Laos, de grands villages

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