‹ L'IndochineChapitre 179 sur 218 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

tique (1) . M. Foucher a fixé, d'après l'étude de l'épigrapbie et de l'iconographie gréco-bouddhique, quelques points de cette rencontre de l'Asie et de l'Europe, et son amour de la science l'a même entraîné parfois jusqu'au delà de cette frontière indo- afghane où l'humeur farouche des montagnards n'a pas appris à distinguer bien nettement l'allure d'un pacifique archéologue de celle d'un soldat de l'Empereur des Indes. Un autre membre de l'Ecole française, son professeur de chinois , M. Paul Pelliot , a d'ailleurs montré , au cours du siège des Légations à Pékin, pendant l'été 1900, un mépris du danger d'une élégance assez rare en sortant des retranchements de la Légation de France pour se rendre seul, en pleine ville assiégée, jusqu'au quartier général d'un des chefs Boxeurs. M. Paul Pelliot, après avoir perfectionné par des exercices pratiques de cette nature les études sinologiques qu'il avait faites en France, et conquis à l'Ecole sa première croix de la Légion d'honneur, a encore acheté pour son musée et sa bibliothèque une importante collection de livres et d'objets d'art chinois. Les éléments d'un fonds japonais pour le musée et la bibliothèque de l'Ecole, en même temps que de précieuses collaborations pour ses travaux, lui sont venus d un de ses pensionnaires, M. Cl. E. Maître, qui, après une brillante sortie de l'Ecole normale supérieure et un voyage d'études autour du monde, a été chargé par elle d'une mission au Japon. Le libéralisme avec lequel était entendu le travail de la savante maison lui a d'ailleurs permis non seulement d'accueillir mais de rechercher toutes les collaborations sérieuses, sans distinction d'origine, ni même de nationalité. C'est ainsi qu'elle a pu compter au nombre de ses pensionnaires

{l] Ce serait sans doute une étude singuliè- seraient sans doute assez voisins des œuvres

renient attachante que celle qui. débarrassant politiques les plus modernes des gouverne-

Thistoire de {expédition d'Alexandre des lé- ments européens, sans oublier la dépendance

gendes puériles qui en dénaturent la physio- où se trouvent les entreprises exécutées en

nomie, lui restituerait son véritable caractère Orient de la politique intérieure d'Athènes, de grande œuvre politique, dont les traits

un jeune sinologue étranger, M. Huber, envoyé par elle en mission dans la Chine méridionale. Elle a, par une innovation à laquelle les membres de notre École d'Athènes ont du regretter parfois que leur propre charte niait pas songé, fait appel à de très distingués architectes, anciens élèves de notre Ecole nationale des Beaux-Arts, et cette heureuse inspiration a déjà trouvé sa récompense dans les beaux travaux par lesquels l'un deux, M. Parmentier, a opéré la reconstitution des tours cham de la côte . annaoiitique , et l'autre. M. Henri Dufour, secondé par M. Carpeaux, dans son intéressante reconnaissance archéologique aux ruines d'Angkor, a dressé le plan du monument admirable qu'est le Bayôm. Les membres de l'Ecole française d'Extrême- Orient retrouvent à ces recherches les mêmes émotions que leurs aînés des Ecoles françaises de Rome, d'Athènes, du Caire, de Carthagè , et des explorations persanes , ont souvent décrites à voir réapparaître au jour les statues et les temples ensevelis. Us y retrouvent plus de risques encore : la terre qui recouvre et les arbres géants qui étreignent les ruines se vengent parfois de la violence qui leur est faite en laissant aux profanateurs des fatigues et des fièvres. Mais tel est le' jeune dévouement des. chercheurs, qu'ils acceptent gaiement ces conditions, et qu'elles rie leur semblent pas payer à trop bon marché; une conquête nouvelle, acquise à la science, àj'art., et au bon renom de la patrie. — L'Ecole na eu garde de dédaigner non plus les collaborateurs tout préparés qui avaient eu le grand mérite de travailler seuls, avant elle, en Indochine même, et que leurs occupations plaçaient dans une continuelle familiarité avec la vie native : les officiers coloniaux, ceux surtout qui tenaient garnison en territoire

militaire, les administrateurs des S. C. et les fonctionnaires de tout

ordre, les missionnaires, rompus par nécessité à la pratique des langues indigènes, et enfin le^ planteurs. Un savant officier, M. le comman-

dant Lunet de la Jonquière, lui a déjà donné un atlas de ses nionu-

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