CHAPITRE II
guerre et les colonies, pour accomplir des tâches multiples. Ses officiers doivent tour à tour surveiller la fabrication et l'entretien du matériel de la flotte, faire des études techniques dans les bureaux, assurer le service des troupes , construire et entretenir, avec le concours exceptionnel du génie métropolitain, les fortifications et les bâtiments militaires aux colonies, enfin suffire aux besognes nombreuses et diversifiées de l'ingénieur colonial , depuis l'exploration topographique dans la brousse jusqu'à la direction technique et bureaucratique de l'exploitation des chemins de fer, L'Indochine est particulièrement redevable à ce personnel de choix, qui, encore que fort restreint en nombre, a fourni un travail considérable, en s'adaptant aux circonstances avec beaucoup de talent, de dévouement et d'entrain.
C'est le Directeur des services administratifs et militaires, avec ses officiers, agents, secrétaires et ouvriers militaires du commissariat colonial, qui règle en Indochine les dépenses que fait l'Etat français pour le personnel et le matériel de ses troupes. Le commissariat colonial, dont le rôle est comparable à celui de l'intendance pour les troupes métropolitaines, de même que les visites des contrôleurs de l'armée en France sont remplacées aux colonies par les tournées de l'inspection mobile , a beaucoup contribué , par une gestion de plus en plus appropriée aux ressources locales , et aussi par le parti qu'il peut tirer du développement progressif des* voies de communication , à diminuer en Indochine les dépenses nécessitées par l'entretien et par le ravitaillement des effectifs.
Le service de santé militaire dans notre possession est confié au personnel des médecins et pharmaciens coloniaux, secondés par leurs agents comptables, secrétaires et infirmiers, et placés sous les ordres du Directeur du service de santé de l'Indochine. A vrai dire, ces fonctions militaires ne sont qu'une partie de la tâche des médecins coloniaux. C'est à eux qu'est remise la direction de ces vastes et beaux hôpitaux
qu'on a construits à Hanoï et à Saigon et des hôpitaux et ambulances qui existent un peu partout dans l'intérieur, lis donnent leurs soins h la population civile européenne, concurremment avec les médecins civils, qui commencent à venir exercer en Indochine. Ils apportent à la population asiatique, soit dans les hôpitaux indigènes, soit dans les tournées de vaccine, soit dans les postes isolés, les secours médicaux dont elle a le plus grand besoin. Ils étendent même hors des frontières de notre établissement le bénéfice de leur assistance, et plus d un d'entre eux a été, et est encore, détaché dans les postes diplomatiques ou consulaires de l'Extrême-Orient. C'est un des leurs qui dirige aujourd'hui l'Ecole de médecine indochinoise. Les travaux des médecins coloniaux sur les maladies asiatiques font couramment l'objet d'intéressantes communications, soit à leurs Annales, soit au Bulletin économique de l'Indochine, soit à l'Académie de médecine, dont est membre leur chef actuel, M. l'Inspecteur général Kcrmorgant, Directeur du service de santé au Ministère des colonies.
La rélève des troupes européennes en Indochine ne s'opère pas, cpmiîie. poùr^ les troupes de l'Inde anglaise, par unités constituées, chacune d'elles se transportant en bloc avec ses cadres et son effectif. Cette disposition, qui a pour effet de donner une grande importance ^uix déplacements de troupes, et d'y favoriser le maintien, non seulement entre les différentes armes, mais entre les diverses unités de la même arme, d'un esprit de corps exagéré, n'a pas paru devoir être suivie. La relève dé notre armée coloniale est continue. Elle se fait, pour les hommes, par détachements composés suivant des listes de tour de départ tenues dans les bureaux de la Direction des troupes coloniales au Ministère de la guerre. La durée du séjour en Indochine pour, les soldats coloniaux est déterminée par la date de leur libération, sans que cette durée puisse jamais dépasser trois ans. Elle est de deux