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CHAPITRE IX

# travaux de l'Ecole française sont contrôlés par l'Académie des Inscriptions. Plusieurs membres de l'Académie des Sciences morales et politiques et de l'Académie des Beaux-Arts se sont également intéressés à l'Indochine. L'Académie de médecine et le corps médical français ont contribué à y établir des fondations scientifiques : M. le professeur Brouardel, doyen honoraire de la Faculté de Paris, a aidé à la composition des programmes et du personnel de l'Ecole de médecine de Hanoï et à la fondation à Paris d'un Institut de médecine coloniale, qui est subventionné par l'Indochine : un enseignement médical analogue existe aujourd'hui à Bordeaux et à Marseille. Ces villes ont en outre des chaires d'enseignement colonial. Il a été fondé d'autres chaires à Nancy et à Lyon : l'enseignement colonial dans cette dernière ville, fondé sous les auspices de sa Chambre de commerce, qui a de tous temps entretenu des relations avec l'Extrême-Orient pour ses achats de soie, et qui, de tous temps aussi, a montré un grand esprit d'initiative, comporte un cours spécial de langue chinoise. Un peu partout les Sociétés de géographie, les Sociétés coloniales et maritimes, les Sociétés d'études asiatiques consacrent à notre établissement d'Asie des cours, des publications, des conférences. Les Instituts Pasteur de Paris et de Lille, dirigés par MM. Duclaux et Calmette (ce dernier ancien fondateur de l'Institut Pasteur de Saigon) rendent de continuels services à l'Indochine : ils collaborent avec ses Instituts, et ils ont même fait parfois, pour son administration, d'importants travaux d'analyse.

La Sorbonne, le Collège de France, le Muséum d'histoire naturelle, l'Ecole des hautes études, l'École des langues orientales vivantes, l'Ecole coloniale, l'Ecole libre des sciences politiques ont tour à tour prêté à notre possession leur enseignement, leurs maîtres ou leurs élèves.

Il est permis d'espérer que l'Ecole normale supérieure, qui a déjà

donné à l'Ecole française d'Extrême-Orient ses directeurs et l'un de ses plus distingués pensionnaires , apportera de plus en plus aux études asiatiques la contribution de sa forte discipline scientifique, et l'esprit de large et vivante humanité qui a toujours animé ses recherches. Déjà une libéralité des plus délicates dans sa forme, et des plus fécondes dans ses résultats, a permis à quelques jeunes professeurs, en les munissant de bourses de voyages autour du monde, daller prendre contact avec l'humanité réelle, qu'ils ne connaissaient jusqu'alors que par les livres : la pensée du donateur n'a pas été déçue , et les missionnaires , dont quelques-uns ont traversé notre Indochine , ont, malgré la rapidité de leurs séjours outre mer, rapporté de leurs tournées des notions exactes et des études consciencieuses. L'Exposition de Hanoï a été enfin, pour les grands journaux métropolitains, l'occasion d'envoyer sur place des correspondants autorisés : leur documentation sérieuse remplace avec avantage les exagérations des polémiques ou les puérilités des récits de voyage dont se sont souvent plaints nos compatriotes indochinois, et qui jadis donnaient en France de notre possession on ne sait quelle idée inexacte ou enfantine. Tous ces efforts combinés arrachent peu à peu l'opinion publique à la profonde ignorance où elle était demeurée jusqu'ici des choses de l'Extrême-Orient , sauf quand une expédition de guerre ou un événement aussi émouvant que le siège des Légations de Pékin venait réveiller son indifférence ; ils dissipent un à un les préjugés, les erreurs, les légendes qui oblitéraient le véritable caractère de la politique coloniale de la République, et celle-ci apparaît enfin non plus comme ce grossier épouvantail que dépeignaient autrefois l'éloquence dramatique des orateurs et le persiflage des humoristes, mais comme une œuvre d'intelligence et de raison, de travail utile et de fraternité agissante, faite pour tenter ce qu'il y a de plus généreux dans une généreuse démocratie.

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