‹ L'IndochineChapitre 188 sur 218 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

été tenté pour rendre plus tolérables à la population de Hanoï les insupportables chaleurs de Tété tonkinois : le séjour sur les plages vaseuses de Doson n'est qu'un adoucissement assez médiocre, alors qu'il serait peut-être possible d'aménager les hauteurs de la grande île de la Cacba, qui, au dire des douaniers qui y résident, est toujours salubre, et d'où Ton a une vue admirable sur la multitude des îles de la baie d'Along; le chemin de fer rendrait aujourd'hui cette villégiature accessible aux habitants de toutes les grandes villes du Tonkin. Les fonctionnaires trouvent, il est vrai, une certaine compensation à leurs fatigues dans le congé administratif à passer en France qui leur est accordé au bout de trois ans de séjour. Ce rapatriement périodique est assurément nécessaire , même au point de vue de l'hygiène morale, parce qu'il permet aux agents de l'ordre civil ou militaire non seulement de revoir leurs parents restés dans la métropole, mais surtout de reprendre avec les idées et la vie françaises un contact qu'il ne faut jamais laisser perdre ; toutefois rien n'était prévu jusqu'ici dans l'intervalle de deux congés : le voyage au Japon avait l'inconvénient de rendre l'Indochine tributaire de l'extérieur, et surtout de n'être applicable qu'à un nombre restreint de privilégiés. Il fallait que l'Indochine, placée dans des conditions géographiques semblables à celles des pays anglais et hollandais voisins, qui ont tous des installations saines, trouvât che& elle de quoi maintenir en santé ses habitants, fonctionnaires ou non, et surtout les catégories les plus exposées, la population féminine et enfantine et la population militaire. C'est alors que le dernier Gouverneur général dontia les instructions les plus précises pour rechercher sur tout le territoire indochinois des points présentant des conditions d'habitabilité suffisamment hygiéniques pour pouvoir devenir des stations de villégiature (1) . Les recherches ont donné

(1) 11 nous a paru qu'on pouvait préférer est quelquefois employé, et qui semble de cette appellation au mot de sanatorium, qui nature à donner, en l'espèce, une indication

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IHPKIUCHII KATIOSALE.

des indications nombreuses : il ne saurait y avoir en effet une seule formule , ni un endroit prédestiné entre tous , mais certains endroits présentant des conditions plus ou moins favorables. On a dit que la villégiature du Tonkin était au delà de sa frontière, au Yunnan : les ingénieurs qui construisent le chemin de fer rapportent qu'on y trouve en effet, pendant les chaleurs torrides du delta tonkinois, la température, et jusqu'aux fleurs et aux fruits de France. Divers plateaux ont été reconnus au Tonkin même , puis dans le massif du Tranninh , près de Tourane , et en général en de nombreux points de cette chaîne annamitique dont les efforts de la colonisation semblent appelés à transformer complètement, d'ici un demi-siècle, la physionomie. Mais le point le plus remarquable avait été signalé en 1897 par le docteur Yersin, alors directeur de l'Institut Pasteur de Nhatrang, et qui avait fait dans la montagne de nombreuses reconnaissances : c'est le plateau du Langbian, situé par i2°oi'43 t environ de latitude Nord et 10 6° environ de longitude Est, à une altitude qui va de 1,800 à a,4oo mètres. L'installation d'une villégiature y fut décidée en 1898; mais les travaux ne remontent guère au delà de 1900, au moment de la constitution de la province nouvelle du Haut-Donaï , dont le centre fut transporté de Djiringà Dalat. La principale difficulté des entreprises de ce genre, où, suivant un mot de M. le docteur Kermorgant, l'aménagement de la route doit précéder, et non suivre, l'installation de la station, fut précisément la construction de cette route, entre le port de Phanrang (situé à 18 ou 20 heures de mer de Saïgon) et Dalat. La route n'a que 100 kilomètres, et les deux termes, Phanrang et Dalat, en sont sains, mais la région intermédiaire est très fiévreuse (1) .

inexacte : ces stations n'ont pas pour but de les régions humides et chaudes par des sé-

rendre la santé à des malades, mais de per- jours dans un climat réparateur,

mettre au contraire à des organismes sains de (1) M. le docteur Henry Reboul, médecin de

la conserver, en interrompant les séjours dans la division navale de Cochinchine, dont nous

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