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CHAPITRE X

désormais ouvertes autour de notre frontière et les autres ports à traités fluviaux et maritimes de l'empire. Enfin l'article V de la convention, précisant une tendance qui n'avait été qu'indiquée dans l'article VII du traité du 9 juin i885, stipulait que la Chine, pour l'exploitation de ses mines dans les provinces du Yunnan, du Kouang-si et du Kouanglong, pourrait s'adresser d'abord à des industriels et des ingénieurs français, l'exploitation demeurant soumise aux règles édictées par le gouvernement impérial en ce qui concerne l'industrie nationale, et ajoutait : rr II est convenu que les voies ferrées soit déjà existantes, soit projetées en Annam, pourront, après entente commune, et dans des conditions à définir, être prolongées sur territoire chinois. i>

La convention du 30 juin 1895 marquait donc la reconnaissance officielle du bon voisinage de la Chine et de l'Indochine : elle fermait la frontière et ouvrait la pénétration; les deux politiques sont, à vrai dire, liées l'une à l'autre. L'histoire même de la frontière occidentale de l'Indochine, la frontière du Mékong, n'est pas autre chose, en dehors de la question purement locale du Siam (l) , . qu'une succession d'épisodes de la concurrence européenne pour la pénétration vers les marchés de la Chine, principalement vers cette vallée du Yang-tseu dont on connaît la richesse naturelle, et dont la mise en valeur par les méthodes occidentales semble devoir faire une région particulièrement productrice. Dès que l'Europe s'est aperçue que ses méthodes et ses capitaux étaient indispensables pour tirer de la terre asiatique le profit que l'homme est partout en droit de demander à la terre, et que les gouvernements asiatiques n'avaient pas su en tirer eux-mêmes, elle

(1) On sait que le règlement des 1*6181100» paru de nature à justifier, dans un ouvrage

entre l'Indochine el le Siam fait actuellement consacré à l'Indochine, l'absence d'une étude

l'objet de négociations entre le quai d'Oi-say sur une question qui l'intéresse cependant de

et la cour de Bangkok. Cette considération a si près.

s est empressée de leur proposer ses services. La concurrence européenne varie nécessairement son aspect suivant les tendances exclusives ou libérales des Puissances en cause, suivant l'éducation de leur esprit public en matière de politique étrangère, suivant les nécessités de leur politique intérieure, et aussi suivant les dispositions des Etats asiatiques, qui sont loin, le mouvement boxeur la prouvé, d'être une quantité négligeable (1) ; elle est au demeurant beaucoup plus une lutte d'adresse et de vitesse que de violence , et le champ en est assez vaste pour que tous les concurrents puissent s y rencontrer sans conflit; mais, quelles qu'en soient les formes, elle est invariable dans le principe, et pressante dans l'application. Pour s'en convaincre il ne suffit que d'ouvrir les yeux. L'Europe, ou ses représentants, est aujourd'hui partout autour de l'Indochine. La Grande-Bretagne, par sa frontière de Birmanie, nous a fait voisins de l'empire des Indes : elle occupe une situation ou exclusive ou prépondérante dans la péninsule malaise, avantageuse au Siam; elle tient sous son protectorat le nord de File de Bornéo; elle est installée depuis de longues années sur le rocher de Hong-Kong, qui jalonne, avec l'ilot de Singapore, les extrémités des

(I) Dans un des Livres bleus publiés par le Foreign-Office (Correspondance roncerning the affair» of China, 1 8 g g ) sir Claude Mac Donald , ministre d'Angleterre en Chine, écrivait, le 29 avril 1898 , à lord Salisbury qu'au dernier banquet du nouvel an , au Tsong-lv-vamen , le prince Kong portant, au nom de l'Empereur, la santé des représentants des Puissances avait exprimé l'espoir que «rtous leurs désirs fussent réalisés dans Tannée qui allait s'ouvrir* — rr souhait, ajoutait plaisamment le ministre, dont l'accomplissement littéral ne laisserait à S. M. que bien peu de puissance et de territoire*. Mais ce n'est là qu'une boutade, écrite au reste avant le soulèvement boxeur, et l'on

est fondé à penser que , dans la mise en valeur du territoire chinois par les procédés européens, l'Europe, bon gré mal gré, travaille au moins autant , sinon davantage , pour l'Asie que pour elle-même. Un écrivain anglais, M. Byrou Brenan , consul à Canton en 1 899 , allait même jusqu'à écrire dans un rapport : «Foreign Power* having prepared the ground for themselves , the Chinaman is gradua fly elboming them oui, and occupying the ground for himaelj.n — Il est d'ailleurs à peine besoin de remarquer qu'on ne peut qu'indiquer ici en passant une question de cette importance, sans prétendre aucunement l'approfondir.

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