CHAPITRE II
retraités, qui sont, depuis peu, incorporés dans l'organisation des réserves. •
Dans l'activité déployée en ces dernières années pour l'armement des points fortifiés, l'organisation de l'artillerie mixte, les essais de corps indigènes nouveaux, l'instruction et le bien-être des soldats, il serait injuste de taire la contribution apportée à la mise en état de défense de l'Indochine par le général Borgnis- Desbordes, qui y a, d'ailleurs, en juillet 1900, laissé sa vie. Etroitement associé à la pré* paration et à l'exécution des mesures qui furent prises par le dernier Gouverneur général , il s'attacha surtout à l'aider à en assurer la durée , et rien ne lui parut devoir consolider davantage la loyale fidélité de
nos troupes natives que la garantie d'une pension de retraite aux tirailleurs vieillis à notre service , l'institution d'écoles d'enfants de troupe , et surtout l'organisation des réserves indigènes. Du moment que l'on adopte le service à long terme, — et plus d'une raison fait de ce mode de procéder l'indispensable loi d'une armée native, — on a intérêt à attacher le soldat à son métier, qui doit devenir pour lui, autrement que par métaphore , une famille. La vie militaire coloniale s'accommode parfaitement de la présence des femmes et des enfants à côté des baraquements des tirailleurs. En offrant h ceux-ci le moyen d'élever honorablement leurs enfants, et en recueillant les orphelins dont les pères sont morts pour notre cause , on fait acte non seulement de justice, mais de politique, puisque les écoles d'enfants de troupe peuvent devenir des pépinières de serviteurs dévoués, attachés au métier de leurs pères , comme ces mousses et ces pupilles des écoles de Brest , qui ont donné , depuis si longtemps , à la marine de l'Etat l'un des meilleurs recrutements de son personnel. Et, de même, il est permis de croire que la garantie de sécurité que les pensions assurent à la retraite de nos anciens tirailleurs trouve sa récompense en leur maintien à notre disposition dans l'encadrement de ces réserves , qui ,
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retenant, sauf les cas de dispense prévus par la loi annamite, pendant cinq ans les militaires retraités et huit ans les militaires libérés , peuvent procurer, à l'occasion , des ressources appréciables de seconde ligne.
Les corps d'infanterie indigène sont essentiellement constitués par les quatre régiments de tirailleurs tonkinois et le régiment de tirailleurs annamites de Gochinchine. Ils se sont accrus tout récemment d'une compagnie de tirailleurs cambodgiens , recrutée par engagements et rengagements volontaires , et d'un bataillon de tirailleurs chinois , recruté à la fois parmi des volontaires et des appelés des populations chinoises du haut Tonkin. Les canonniers et conducteurs indigènes sont aussi entrés récemment dans la composition de l'artillerie indochinoise , où leur présence a permis d'organiser des batteries mixtes. Enfin l'essai de cavalerie qui avait été tenté , il y a deux ans , vient d'être approuvé par un décret, et l'escadron de chasseurs annamites, patiemment dressé par des officiers métropolitains de cavalerie légère, semble appelé à pouvoir rendre, en cas de besoin, de réels services. La présence de ces mêmes officiers de cavalerie a rendu possible l'établissement d'un service de remonte, et un essai de train des équipages a même été tenté à Laokay et à Langson.
11 n'existe pas en Indochine de troupes de parade, à moins que l'on ne veuille étendre ce nom ambitieux à la garde personnelle des Roig de Cambodge et d'Ànnam , aux quelques cavaliers d'escorte du Gouverneur général et aux linh-co, ou gardes des mandarins. De plus, en dehors de quelques partisans, disséminés dans les territoires et utilisés par nous comme auxiliaires, il n'y a aucune force militaire indigène, régulière ou irrégulière , qui soit soustraite au commandement direct des chefs français. Toutes les troupes indochinoises sont donc, à proprement parler, dans notre main. Pendant longtemps, ces troupes avaient été uniquement demandées à l'élément annamite! L'intro-