CHAPITRE II
intérêts de la défense. 11 offre aussi des ressources en personnel : un recrutement de marins indigènes y est même organisé d'après le recrutement des tirailleurs. Toutefois la difficulté qu'éprouvent les marins annamites à s'éloigner des côtes de leur pays ne permet pas d'attendre d'eux les mêmes services, au long cours, que la marine marchande d'Extrême-Orient reçoit, depuis qu'elle existe, de l'enrôlement des marins chinois.
Le Vice-Amiral commandant en chef la force navale des mers d'Orient est membre du Conseil supérieur de l'Indochine. C'est là une manifestation significative de la part nécessaire que prend l'Indochine à toute démonstration militaire ou pacifique de la France en Extrême-Orient. Elle en est vraiment la sentinelle avancée. C'est de notre possession que les premiers secours partent en cas de conflit, et c'est là que, plus tard, ils reviennent. De même que l'Angleterre s'est bien trouvée de pouvoir disposer de ses troupes indiennes en Afrique ou en Asie , et notamment de pouvoir faire partir de Calcutta vers le Nord, le 5 juillet 1900, des secours demandés d'urgence, de même c'est à la présence de son contingent indochinois et des marins de son escadre que la France doit d'avoir été représentée, bien avant l'arrivée du corps expéditionnaire de Chine, dans la colonne interna-* tionale qui délivra, le i4 août 1900, les légations de Pékin assiégées par les Boxeurs. Cette marche sur Pékin, comme le siège si rude de Tientsin qui l'avait précédée, a été marquée par plus d'un trait d'héroïque endurance qui sont restés peu connus.