CHAPITRE III. hl
public. Us autorisent l'ouverture de travaux de chemins de fer. Enfin leur action est poussée assez loin dans la nomination et l'avancement du personnel. Le décret, plus souple que la loi, et qui ne demande pas, comme elle, la mise en train de la lourde machine parlementaire, s'est prêté admirablement à la série d'expériences qui ont conduit l'Indochine à l'organisation qu'elle possède aujourd'hui. Il a cet avantage sur la loi qu'il admet l'erreur, et peut revenir sans fausse honte sur une mesure que le temps aura démontrée inopportune. Sa plasticité s'adapte donc excellemment à la nature et aux besoins d'un pays où bien des essais sont encore à faire, où la physionomie des choses se modifie rapidement, et où il peut n'être pas inutile de toujours prévoir l'imprévu.
L'Administration centrale des colonies, longtemps errante entre les Ministères de la marine et des colonies (les protectorats de l'Indochine ont même, comme le fait encore aujourd'hui le protectorat de la Tunisie, dépendu quelque temps du Ministère des affaires étrangères), a été érigée en Département autonome par la loi du â8 mars 189/1. D eux ans pl us tard, un décret a organisé son personnel et ses services. On s'est efforcé de lui constituer un personnel de carrière, offrant, à l'entrée, le genre de garanties que présentent les concours et la série des diplômes ordinaires des Universités et des grandes Ecoles de l'Etat. L'obligation d'un séjour aux colonies, obligation dont le Ministre peut toujours dispenser ses fonctionnaires, a, en outre, été imposée à l'avancement aux grades supérieurs. Au Ministère les affaires d'Indochine sont traitées, en dehors du cabinet du Ministre, par le bureau d'Asie, qui comporte un personnel restreint, et fait partie de la Direction des affaires d'Asie, d'Amérique, d'Océanie et des Services pénitentiaires. Ce bureau traite surtout les questions de politique générale. Mais chacun des bureaux ou services du. départe
ment concourt également, pour sa part, à l'administration de l'Indochine. Le Ministère des colonies prépare les projets de décret, d'après les propositions locales qu'il approuve, rejette ou modifie, et il joue vis-à-vis de notre possession le personnage de modérateur et de critique. Mais, par compensation, il rend à l'Indochine un grand nombre de services, et c'est lui, à proprement parler, qui fait ses affaires en France. Il paye les dépenses qu'elle doit effectuer dans la métropole, assure le service de ses emprunts, tient la comptabilité de ses finances et les contrôles de son personnel, passe ses marchés, à la fois pour assurer au commerce métropolitain la clientèle coloniale et pour faire bénéficier la possession des conditions avantageuses qui sont d'ordinaire consenties à l'État. Il surveille en usine l'exécution de son matériel, étudie et fait étudier toutes les questions techniques intéressant ses travaux, et lui prête ses bons offices auprès des divers Départements ministériels et jusque devant le Conseil d'Etat. Le Ministre des colonies est représenté à Marseille par un commissaire colonial qui est chargé, avec quelques officiers et agents du commissariat, de l'embarquement et de la réception du personnel et du matériel à destination et au retour d'Indochine.
Enfin à ce personnel en service dans la métropole est adjoint un corps, aujourd'hui militaire, d'inspecteurs des colonies, que le Ministre envoie périodiquement en mission dans les établissements extérieurs. Ces officiers, qui visent, à Paris, toutes les dépenses que fait l'Administration centrale, exercent, dans leurs tournées, les attributions cumulées du contrôle de l'armée et de l'inspection générale des finances. Leurs investigations peuvent s'étendre aussi à l'organisation administrative et, d'une manière générale, elles ne sont limitées que par les instructions du Ministre. L'inspection des colonies s'est trouvée plus d'une fois constituer, en fait, un recrutement de choix pour une partie dû haut personnel extérieur de l'administration coloniale, et quelques-uns de