CHAPITRE III
avec les chefs des services locaux, et administrent leurs crédits et leur personnel .
Les administrations locales delà Gochinchine, de l'Annam, du Cambodge, du Laos et du Tonkin ont k leur tête un Lieutenant-gouverneur pour la première, des Résidents supérieurs pour les suivantes, qui restent chargés de l'administration courante, du recouvrement des impôts directs alimentant les budgets locaux, de la préparation et, plus tard, de l'exécution de ces budgets, du fonctionnement de divers services de caractère local comme l'enseignement, l'assistance, la police, — et surtout des deux tâches qui sont essentielles pour l'exercice de notre gouvernement en Indochine : le développement de la colonisation française et la politique indigène. Les chefs des cinq régions de l'Indochine ont, dans leurs pays respectifs, une délégation permanente de l'autorité du Gouverneur général; les Résidents supérieurs en Annam et au Cambodge tiennent de lui une délégation spéciale, et exercent en son nom , à l'égard des souverains et des autorités indigènes auprès desquelles ils sont accrédités, les attributions que les traités et conventions confèrent au représentant de la République protectrice. — Les relations des services généraux et des services locaux entre eux sont strictement déterminées par des dispositions réglementaires.
Pour assurer la marche de tous ses services, l'administration française fait appel à des personnels d'origine différente.
Le personnel européen appartient à la fois aux cadres des diverses administrations métropolitaines et aux cadres coloniaux: encore faut-il distinguer en ceux-ci les cadres communs à l'ensemble des établissements extérieurs et les cadres spéciaux à l'Indochine. — La participation des agents métropolitains à la vie administrative indochinoise est beaucoup plus fréquente pour les fonctions civiles que pour les fonctions militaires. Il y existe tout un ordre de travaux qui peuvent s'exé-
cuter avec l'aide des seules connaissances acquises dans la métropole, et n'offrent pas, ou n offrent que très peu, le caractère proprement asiatique. La manière d'expédier lettres, télégrammes et mandats ne varie guère dune région du monde à l'autre, et il n'y a donc pas inconvénient à ce que le personnel postal de l'Indochine soit directement emprunté, ainsi qu'il l'est, en effet, au personnel postal métropolitain. Des services comme les travaux publics, la douane, d'autres encore , en assez petit nombre à vrai dire , peuvent trouver leur compte à faire une certaine place aux ingénieurs , conducteurs , contrôleurs et inspecteurs de la métropole, à condition toutefois de ne pas sacrifier à ces passagers les intérêts et l'avenir de leurs agents locaux. Mais, chaque fois qu'un peu de pénétration est possible, il a cet avantage de valoir à la possession l'apport des dernières découvertes, des derniers progrès appliqués en France, et, par là, de maintenir, dans son mode de gouvernement, la communauté continue des travaux, des méthodes et presque des pensées entre l'Indochine et sa mère-patrie. Et, de même, celle-ci ne peut que gagner, sans doute, si ses agents cherchent dans les voyages lointains et le passage aux établissements extérieurs un élargissement de leur instruction générale et spéciale, qui aidera singulièrement, k leur retour, à l'accomplissement de leurs devoirs professionnels. Les règlements étroits de la plupart des administrations métropolitaines, élaborés avant la constitution de notre empire colonial, ne prévoient malheureusement pas ce passage, et considèrent encore comme un régime d'exception ce qui devrait être le perfectionnement du régime normal de l'administration française, le moyen parfaitement régulier offert à ses agents de faire une cr campagne n avantageuse pour l'État et pour leur propre carrière. Les demandes seraient apparemment plus nombreuses chez les ingénieurs , professeurs , douaniers , postiers , forestiers et autres fonctionnaires de la métropole, pour aller quelque temps servir en Indochine, s'ils ne