‹ L'IndochineChapitre 72 sur 218 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

fait le moins d'usage possible : les grands travaux qui s'exécutent en Indochine sont exécutés, à peu près exclusivement, par la maind'œuvre volontaire. Il convient de ne pas détourner les paysans de leurs travaux agricoles, et, dans les endroits où la main-d'œuvre volontaire fera défaut, comme dans certaines régions du Sud de notre possession, on pourra trouver avantage à recourir au concours de la main-d'œuvre chinoise immigrée.

L'élément chinois est, de toutes les catégories de contribuables en Indochine, celle qui verse au trésor, avec l'élément français, la part proportionnelle la plus élevée de l'impôt direct. Tandis que les Asiatiques d'origine indochinoise étranger? aux diverses régions qu'ils habitent, comme les Annamites résidant au Cambodge ou au Laos, par exemple, payent une contribution assez faible, en Cochinchine les Chinois sont divisés en six catégories, d'après la quotité de la taxe foncière ou de la patente, et astreints à une taxe d'immatriculation qui va de 10 piastres, pour la dernière catégories des coolies ou des marchands, dont le montant de la patente ou l'impôt foncier est inférieur & k piastres, jusqu'à 4oo piastres pour les riches négociants patentés ou imposés à 4oo piastres. A Saïgon et à Cholon la tarification se diversifie encore, et comporte un droit fixe de 10 piastres et un droit gradué par catégories, établi d'après les dispositions qui précèdent. Le droit fixe est perçu sur rôles numériques dressés par le service spécial de l'immigration chinoise, qui fonctionne à Saïgon, et le droit gradué sur des rôles nominatifs établis par le service des contributions directes. Toutefois, la nécessité de favoriser l'immigration chinoise en Cochinchine étant devenue tous les jours plus évidente, un arrêté du Gouverneur général a donné satisfaction aux vœux de la chambre de commerce et du conseil colonial en décidant que, à partir de l'année 1901, les Asiatiques étrangers non pourvus

IMPIIMBIIK XATIOtULt.

déjà d'une patente, ou non inscrits sur les rôles de l'impôt foncier ou des barques, ne payeraient rien la première année de leur arrivée ou de leur retour dans la colonie.

Au Tonkin, où l'élément chinois est moins riche, où il y a moins de commerçants et plus de coolies, la taxe varie également suivant le montant de la patente ou de l'impôt foncier des assujettis, mais la tarification est plus faible et comprend seulement des catégories allant de 1 piastre 5o à 88 piastres. Les coolies chinois employés sur les exploitations agricoles et minières payent î piastre 5o, plus leur carte d'immatriculation de î piastre, soit, en tout, a piastres 5o. Ils sont astreints, en effet, comme les autres indigènes du Tonkin, à uni 1 carte d'immatriculation, où le contrôle d'identité est assuré, non plus cette fois par le simple diem-chi, mais par la photographie, et, en outre, chaque fois qu'ils se déplacent, à des laissez-passer, permis, cartes de circulation ou passeports. Cette dernière obligation est une mesure de police beaucoup plus qu'une mesure fiscale : on sait qu'il est particulièrement nécessaire d'exercer une vigilante police sur les allées et venues des coolies chinois qui s'introduisent au Tonkin en venant des turbulentes provinces des deux Kouangs (1) .

(,) Dans certaines régions de l'Indochine les conditions rudimentaires de l'état social n'ont pas permis de donner à l'impôt une assiette aussi développée que dans les pays civilisés et riches des deltas. On a dû, parfois, réunir les impôts foncier et personnel en un impôt unique, et se contenter souvent de le percevoir par famille, et même, exceptionnellement, en nature. Les villages man et muong des provinces septentrionales du Tonkin versent une taxe unique de î piastre 5o ou 3 piastres 5o par famille. Les commandants des 3 e et 4 e territoires militaires' ont demandé à ce que ce système fut conservé pour leurs ressor-

tissants, population clairsemée et pauvre, peu attachée au sol, et qu'il faut éviter d'en faire partir. En Annam, les châu-Muong du Nghéan payent un impôt unique de a piastres ao par maison. Dans les huyéns laotiens du Thanhoa la taxe exigible pour les Laotiens et les Thaïs est de 3 piastres par an, pour les Meos Khas et sauvages, de î piastre. C'est également le tarif demandé, î piastre ou î piastre 5o , aux Mois du Sud de l'Annam.

A la fin de Tannée 1900 on a autorisé la perception en nature dans certaines régions du Laos.

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