‹ L'IndochineChapitre 85 sur 218 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

pas encore pour le justiciable. — Les capitaux placés au compte des budgets produisent des intérêts qui s'inscrivent, au budget général de la même année, pour 1,2 3 0,000 piastres. — Enfin, avec un certain nombre de produits divers, il faut mentionner, pour mémoire, et # comme recette budgétaire tout à fait exceptionnelle , les subventions que reçoivent des budgets de provinces, ou de territoires, et celle que le budget général consacre à parfaire les insuffisantes recettes du Laos, qui reçoit en outre un contingent du trésor royal de Luang-Prabang. Le gouvernement français s'interdit tout un ordre de recettes qui étaient perçues jadis en Indochine, et qui le sont encore dans certains pays voisins. C'est ainsi que la ferme du jeu de hasard dit des «r trentesix bêtes?? a été supprimée au Cambodge. Le crpari des lettrés », qui consistait à escompter les chances de succès des candidats des grands concours littéraires, comme on escompte en France celle des chevaux aux courses, a disparu de Cochinchine en 189a. La ferme des jeux donne encore actuellement au budget du Siam sa plus grosse recette (5,5o3,2o6 ticaux sur le chiffre global des 35,5oo,ooo ticaux prévus au budget de 1901-1909). Elle est la principale source de revenus du petit budget de la colonie portugaise de Macao , où le spectacle des casas dejoco, brillamment illuminées le soir, est inscrit, avec la visite au tombeau du Camoës, au programme ordinaire des touristes. A Manille, une loterie coloniale fonctionnait sous la domination espagnole : la conquête américaine l'a supprimée.

L'ensemble des recettes doit faire face , en Indochine , à deux sortes de dépenses , générales et locales : toute l'économie de la grande réforme de 1898, qui a réalisé l'unité indochinoise, a précisément consisté à opérer le départ des unes et des autres. Une tendance vers cette unité s'était déjà marquée en 1887. Le Gouverneur général avait alors été muni de certains pouvoirs : il présidait un Conseil supérieur, composé

du Lieutenant- gouverneur de Cocbinchine, des deux Résidents généraux du Cambodge et de l'Ànnam-Tonkin , et de cinq chefs d'administration : il n'était point fait de place dans ce conseil à la représentation dès colons et des indigènes. Un essai de budget commun à toute l'Indochine avait même été ébauché : il n avait qu'une recette d'un caractère commun, les produits dés postes et télégraphes; car, par une étrange anomalie , le service des douanes et contributions indirectes, bien qu'étant le service général par excellence, continuait à percevoir ses recettes pour le compte des budgets locaux. Les autres sources de revenus étaient des contributions de la Cochinchine et des pays de protectorat, fixées par arrêté ministériel, et inscrites à ces budgets comme dépenses obligatoires, et enfin la subvention métropolitaine. Les dépenses comprenaient les dépenses militaires et l'entretien des services généraux. Le budget de l'Indochine était préparé par le Gouverneur général, délibéré par le Conseil supérieur, et approuvé par décret rendu en Conseil des Ministres , sur le rapport du Ministre de la marine et des colonies. Enfin il était stipulé que les emprunts qui ne seraient pas gagés sur des excédents constatés aux exercices antérieurs, et ceux qui seraient contractés avant que les ressources locales du budget de l'Indochine lui permissent de s'équilibrer sans subvention de. la métropole, ne pourraient être autorisés que par une loi. Cette réforme de 1887, d'intention excellente, n'avait pourtant que la valeur (rime indication, puisque, après avoir entrevu le but, elle s'était arrêtée à mi-chemin. Au point de vue politique, elle avait senti la nécessité, pour la métropole et pour sa possession, d'établir en Indochine la responsabilité d'un pouvoir unique et fort. Mais le Gouverneur général n'était guère qu'un hôte de distinction dans son propre gouvernement : embarrassant pour tout le monde, il n'avait d'autorité effective sûr personne. Il rencontrait j dans les pouvoirs très étendus dont étaient munis les Résidents généraux, le Lieutenant-gouverneur et le conseil

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