CHAPITRE VI
réellement des recettes; elle a dû fléchir en faveur du budget du Laos , qui , de toute évidence , n'a pas encore de suffisantes ressources pour assurer le payement de toutes ses dépenses. Il est donc subventionné par le budget général : mais, toutefois, la subvention ne s'ajoute qu'après clôture de l'exercice , et seulement pour parfaire la différence entre le chiffre des dépenses et celui des recettes : elle est prévue, pour 1902, à un maximum de 595, 000 piastres.
Un autre budget, indirectement subventionné, est celui du territoire de Quang-tcheou, qu'on peut rattacher, en raison de sa situation excentrique, aux budgets locaux de l'Indochine, bien que sa faible importance et son mode de comptabilité le rangent plutôt au nombre des budgets provinciaux. Le budget du territoire de Quangtcheou s'élève, pour 1909, à 111, i5o piastres de recettes et 1.10,200 piastres de dépenses. Les recettes sont produites par le fermage de l'opium, qui alimente, à lui seul, la moitié du budget, l'impôt foncier sur les rizières et les salines, et divers autres fermages et taxes. Au moyen de ces ressources il est fait face aux dépenses de solde du personnel indigène et aux accessoires de solde du personnel européen, à quelques dépenses de matériel, au fonctionnement des écoles, et à l'exécution de quelques travaux publics. Le budget général ne subventionne pas directement le territoire, mais il fait des dépenses pour lui en payant les traitements de son administration européenne et l'entretien de sa garde chinoise, soit une somme de 99,000 piastres, presque égale au budget lui-même. De plus, il exécute, là comme ailleurs, les grands travaux d'intérêt général. Le budget de Quangtcheou n'est donc pas encore émancipé : on ne peut d'ailleurs pas espérer donner au seul littoral d'une baie, où notre administration s'efforce du reste d'intervenir le moins possible dans le mécanisme ordinaire de la vie chinoise, l'organisation financière d'un Etat.
En totalisant les sommes des six budgets général et locaux de l'Indochine pour l'exercice 190a et en en convertissant le montant au taux de a fr. 4o adopté pour la piastre lors de l'établissement de ces budgets , on voit que l'ensemble du budget ordinaire tendait sensiblement vers 100 raillions de francs en 1903. Bien que la piastre ait subi, depuis cette époque, une baisse assez accusée, on peut, en escomptant sans exagération la progression normale des recettes qui suivra dans l'avenir le développement économique du pavs, évaluer approximativement à un chiffre assez voisin de 100 millions de francs l'importance budgétaire de l'Indochine. C'est un chiffre qui la met de beaucoup en tête de nos possessions extérieures. La Tunisie et l'Algérie ne dépassent pas en effet 3a et 5y millions et demi, l'Afrique occidentale, récemment unifiée, ai millions, Madagascar 19 et demi. — Le budget du Siam pour 1901-1903 prévoit une recette de 35,5oo,ooo ticaux, soit environ 54 millions de francs. Le budget du Japon pour 1903-1903 se présente avec un chiffre de recettes de 373,631,176 yen, soit près de 700 millions de francs. Les Colonial Reports accusent, pour les Etablissements anglais des Détroits, en 1900, un revenu total de 5,386,927 dollars; pour Ceylan, 37,3s5,93o roupies 56; pour la colonie de Hong-Kong, 6,302,587 Joli. ko. Les fluctuations du dollar et de la roupie, comme en général de toutes les monnaies extrême-orientales, rendent difficile la conversion en francs de ces dernières sommes. Mais l'établissement en souverains du budget de l'Inde anglaise permet d'évaluer le total des recettes de la péninsule à près de 1,900 raillions de francs (75,373,391 livres sterling), soit plus de dix-neuf fois le montant des recettes de l'Indochine. "
Les territoires militaires du Tonkin ont, depuis le 1 "janvier 1901, chacun un budget spécial, où sont inscrites toutes leurs dépenses, excepté la solde des officiers, qui reste inscrite au budget. métropo-