RETOUR DES STÉRILES DANS LA FOUILLE
Enfin, la pulpe sortant du sluice des fines est évacuée par un tuyau qui vient la jeter, aussi en porte-à-faux, sur les remblais eréés par le transporteur, de façon à filtrer l'eau à travers les cailloux avant de la rendre à la fouille.
Cette dernière n'a nul besoin d'être asséchée, ce qui permet non seulement d'installer un tel chantier sur un placer sans y faire de travaux préparatoires, mais aussi de fournir toute l'eau nécessaire au lavage en l'aspirant au moyen d'une pompe centrifuge de même force que celle qui relève les matières entre le premier et deuxième sluice, de façon qu'il ne peut y avoir d'engorgement dans la circulation.
Évacuation des résidus. — Le transporteur transversal reçoit :
1° En travail superficiel dans le stérile : les mottes de stérile qui sont, à la sortie des godets, dérivées, au moyen d'un papillon manœuvré depuis la plate-forme, par le chef du chantier, sur un transporteur latéral qui les amène au transporteur principal, au moyen duquel elles sont directement évacuées à la fouille. Comme ces matières sont à l'état de mottes, elles prennent un talus comparable à celui des graviers.
La vitesse de tous ces transporteurs est de 2 mètres par seconde. Le transporteur principal a 60 centimètres de largeur, celui des stériles 60 centimètres aussi.
Pendant cette phase du travail, toute la partie de l'usine destinée au travail des alluvions aurifères, circulation d'eau, débourbeur, etc., est au repos.
2° En travail dans l'alluvion aurifère proprement dit, le transporteur principal, en porte à faux évacue :
a) Les refus du trommel, c'est-à-dire les cailloux au-dessus de 15 millimètres.
b) Les refus du tarais circulaire placé en tète du sluice des fines, c'est-à-dire les petits cailloux et les gros sables au-dessus de 3 millimètres.
Débit. — Avec les dimensions figurées sur le dessin, l'appareil peut excaver et laver utilement 50 mètres cubes effectifs d'alluvion par heure; le personnel se compose de 4 personnes, à savoir : 1 chef de manœuvre, 1 mécanicien, 1 chauffeur et 1 laveur, ce dernier faisant le graissage et assurant la surveillance des sluices. j
On arrive, dans ces conditions, à retirer For fin, qui est généra-
lement perdu dans les sluices, ne disposant pas de moyens de classement aussi perfectionnés, car, dans le classement, gît tout le secret du bon rendement d'une installation mécanique pour le traitement des alluvions aurifères.
Il n'est pas nécessaire d'ajouter du mercure dans le sluice n° 1. On en met environ 4 kilogrammes dans le sluice garni en libres de coco, en plusieurs additions successives. La récolte dans ce dernier sluice peut n'être faite que deux fois par semaine ; on n'est retenu que par les craintes de vol de l'amalgame.
Machines. — Deux locomobiles, une de 30 chevaux sur le truc de l'élévateur et une de 40 sur le truc du lavage, suffisent pour la commande des divers appareils. Celle'de l'excavateur commande la chaîne des godets, l'avancement automatique du truc et le débourbeur, celle située sur le truc de lavage actionne le trommel classeur, les deux transporteurs et les deux pompes centrifuges.
Poids. — L'appareil complet pèse environ 80 tonnes et coûte 120.000 francs rendu franco à bord, emballage maritime compris. Les colis peuvent être divisés de façon à permettre le transport par chars ou même à dos de mulets ou de chameaux si les circonstances l'exigent.
Attaque du terrain. — La seule installation préparatoire k prévoir dans un chantier en vallée est la pose de la voie de l'excavateur pour l'ouverture de la première tranchée. On se place, de façon à évacuer les résidus de ce premier chantier, en dehors de la zone qu'on se propose d'exploiter, de façon à ne pas avoir à remanier deux fois ce premier déblai. Le chantier peut d'ailleurs être transversal ou longitudinal par rapport au sens général de la vallée : ce qui importe c'est de lui donner la plus grande longueur possible, de façon à ne pas avoir à riper les voies à une trop faible distance de l'excavateur.
Quant à l'approvisionnement deau, on peut se contenter, comme je l'ai expliqué, de celle qui remplit naturellement la fouille : les infiltrations du sous-sol sont, en général, suffisantes pour ce service, la même eau servant indéfiniment ; il est cependant préférable de la renouveler autant que possible, car elle finit par se charger tellement de boue qu'elle devient sinon impropre, du moins beaucoup moins avantageuse pour le lavage dans les sluices, surtout dans celui à or fin, la séparation de ce dernier étant considérable-