LAVEUR BAZIN
cuvette, un petit dôme destiné à écarter le mercure des parties où la force centrifuge n'a qu'une action insensible.
Marche des appareils. — On verse dans la cuvette la matière à traiter et on l'y répartit également. On imprime ensuite à cette cuvette un mouvement de rotation que Ton accélère progressivement. Les matières entraînées dans le mouvement de rotation s'élèvent le long des parois de la cuvette, et cela d'autant plus que la vitesse augmente ; le mercure s'étale en se creusant en forme de paraboloïde. Quand la vitesse est suffisante, les gangues, plus légères, dépassent les bords de la cuvette. A ce moment, on rend la vitesse uniforme; les gangues s'éliminent, l'or, plus lourd, ne s'élève qu'à une faible hauteur et, au bout d'un temps suffisant, il ne reste au fond de l'appareil qu'un sable enrichi ou un amalgame contenant tout l'or.
Pour obtenir le meilleur rendement possible avec l'amalgamateur, on rend la dissolution de l'or dans le mercure plus rapide en électrisant le bain de mercure par une petite machine Siemens qu'actionne l'appareil lui-même.
Résultats. — Les laveurs Bazin, faciles à démonter et à transporter, consomment peu d'eau et ont un rendement assez élevé. On y passe jusqu'à 500 kilogrammes de sables et de graviers secs par heure, l'appareil tournant à raison de 50 tours par minute ; on retire, dans les cas les plus favorables, quand les paillettes d'or sont bien isolées, jusqu'à 90 et même 95 pour 100 de For contenu, et cela au prix d'une très faible perte en mercure. Malgré ces avantages, les laveurs Bazin ne sont employés qu'exceptionnellement; cela tient surtout à ce que leur manœuvre exige beaucoup de précision et une surveillance technique très suivie.
En effet, si l'on augmente la vitesse, ce ne sont pas seulement les gangues, mais le mercure et même finalement l'or qui sortent de la cuvette. Pour éviter ce résultat, il faut maintenir l'appareil à une vitesse un peu supérieure à celle que nécessite l'élimination des gangues, mais notablement inférieure à celle qui entraîne l'élimination du mercure et a fortiori celle de l'or.
Mais l'élimination des métaux précieux commence longtemps avant que la vitesse théorique soit atteinte, la finesse des paillettes d'or étant généralement bien supérieure à celle du quartz, et le calcul ne pouvant tenir compte des inégalités des dimensions des parcelles en mouvement.
En second lieu, dès que les sables sont un peu gras et, a fortiori, quand ils sont franchement argileux, le débourbage des matières, môme lorsqu'il est effectué dans un appareil préparatoire joint à l'amalgamateur, est toujours moins parfait, que s'il s'effectuait finalement dans un sluicede grande dimension.
Sluices-boxes mobiles système Félix François. —
M. Félix François, ingénieur à Saint-Etienne, a breveté en 1903, un système de lavage des alluvions aurifères, qui présente un intérêt réel, par la réunion de divers dispositifs nouveaux permettant le débourbage et la séparation de l'or par moyens mécaniques très simples.
Description. — Le sluice-box mobile (6%. 105) affecte la forme d'un caisson en bois ou en métal, comprenant une fonçurc et deux flasques, ouvert d'un côté et porté sur un châssis par des supports articulés et par des lames flexibles destinées à lui assurer un mouvement déterminé. Ce caisson est à un ou plusieurs compartiments, constitués chacun par une partie sensiblement horizontale et deux plans inclinés, dont l'ensemble forme un auget destiné à retenir les matériaux lourds.
L'appareil se termine par un crible faisant corps avec lui, pour éliminer la portion de l'alluvion n'ayant plus à être traitée dans les appareils suivants.
La fonçure est garnie de chicanes pour parfaire le débourbage des alluvions très argileuses et de barreaux longitudinaux destinés à la garantir de l'usure et à mieux retenir la matière précieuse.
Une ouverture, fermée en travail par une bonde, est pratiquée au milieu ou sur le côté des augets pour la levée de la production.
Fonctionnement. — Le caisson du sluice-box mobile reçoit un mouvement rapide de va-et-vient au moyen d'une bielle actionnée par un arbre à excentrique.
Sous l'effet de ces oscillations, l'alluvion progresse lentement et par saccades de l'avant à l'arrière, et grâce aux frottements énergiques que subissent entre eux les éléments au sein de l'eau, l'argile est diluée et emportée par cette dernière au fur et à mesure de sa dilution. C'est le débourbage.
Pendant ce travail, les matériaux les plus lourds (or, platine, iridium, etc.) gagnent la ligne d'intersection des deux plans incli-