SERVICE DE L'EXCAVATEUR PROPREMENT DIT
Hommes Cher&ux
Mécanicien et son aide 2 »
Trémie de chargement (piqueurs) 2 »
Trémie (manœuvre de la trappe) 1 »
Remplissage des godets 2 »
Charrettes 5 5
Transport de l'eau et du bois pour la chaudière. 1 1
Total 13 6
service du lavage
Manœuvre et charpentier 2
Ouvrier laveur 1
Chargement du lavoir et sluice d'entrée 2
Transport des stériles au dump 7 7
Réglage du dump 1
Gardien t
Total 15 T
Total général 28 13
pour laver, journellement, de 17 1/2 à 20 sagènes.
Prix de revient de Vabatage par [excavateur. — Ce compte ainsi établi, désavantage un peu l'excavateur, en mettant à sa charge la totalité des frais de lavage, tandis que les chantiers à ciel ouvert n° 1 sont lavés gratis.
La preuve en est qu'il y a plus de charrettes employées au transport du stérile au dump qu'au transport de l'excavateur au lavoir (7 à la décharge contre 5 à la charge), ce qui est d'autant plus inadmissible que le dump est à 50 mètres du lavoir et en terrain horizontal, tandis que les matières venant de l'excavateur ont à parcourir 150 mètres avec une montée totale de 8 mètres et que les schlamms (minerai fin) s'en vont avec l'eau.
Malgré ce défaut d'organisation, l'excavateur constitue, de l'aveu même de la direction locale, une économie très sérieuse sur les anciennes méthodes. Si on compare en effet les chiffres de rendement cités à la page 321 pour les travaux du second chantier à ciel ouvert, desservi par le lavoir n° 2, on voit que, abstraction faite des ouvriers employés au transport et à l'abatage des stériles, ainsi que des charretiers occupés par le transport des allumions au lavoir, on a dans le premier cas (excavateur occupé seulement pendant le quart du temps), 8 hommes en service pour 20 sagènes, soit un rendement de :
20 X 9,63 Q. Xl . . . =. 24 métrés cubes,
abattus par homme et par jour, et cUns le second chantier vingtquatre hommes occupés à abattre 22 sagènes d'alluvions aurifères, soit un rendement de :
Le rendement est, on le voit, presque triple dans le premier cas. Il est vrai qu'il faut tenir compte des frais de combustible, d'huile, de graisse, chiffons, et des réparations, pour avoir des chiffres absolument comparables ; mais ces frais sont très faibles et ne dépassent pas en moyenne, d'après les livres, 5 roubles par jour de travail.
L'emploi de l'excavateur sur les placers sibériens ne s'est cepen-
dant pas développé, et je considère comme plus avantageux de se servir de dragues plutôt que d'excavateurs. Ces derniers peuvent cependant jouer un rôle important dans certains cas, lorsquil s'agit de reprendre des tas de déblai déjà lavés une fois et déposés hors du placer, car, dans ce cas, l'emploi de la drague est impossible. Il faut, dans ces circonstances, ne pas perdre de vue les principes suivants :
I. Le sol gelé étant inattaquable par l'excavateur à godets, il faut limiter les tailles à la hauteur que le dégelage naturel peut atteindre, soit 2 à 2 tchetverts 1/2 aux meilleures époques ou dégeler artificiellement les matières (Voir page 420).
Choix dan excavateur. — 11 suit de là que plus un excavateur sera puissant, plus il faudra le déplacer souvent, puisqu'il ne peut enlever à chaque station qu'un cube limité d'alluvion dégelée. Or, si la manœuvre de l'appareil, une fois placé sur ses rails, est facile, le ripage de ces derniers, c'est-à-dire le transport parallèlement à elle-même de la voie de l'excavateur, demande beaucoup de temps et de montre, les traverses s'enfonçant dans le sol généralement boueux de la taille. En principe les excavateurs à gros débit, et par conséquent de gros poids doivent être radicalement écartés. Il faut aussi les alléger de toute machinerie non indispensable, de manière à pouvoir, du même coup, soulager la voie et faciliter le ripage. A ce point de vue, 'l'excavateur dit « universel » envoyé à Malamalsky n'était pas un choix heureux.
II. Enfin l'emploi d'un excavateur doit entraîner comme corollaire indispensable l'installation d'un matériel de wagonnets à traction mécanique. Les « tarataïkas », je l'ai déjà dit, sont absolument impropres au service d'un appareil de terrassement aussi puissant qu'un excavateur, même de petit modèle.
III. Il est plus avantageux en tout cas, si on décide l'emploi d'un excavateur, de le compléter par les dispositifs permettant le renvoi des tailings à la fouille, c'est-à-dire d'adopter l'organisation décrite à la page 264 de cet ouvrage.
Lavoir du placer de Dajdlivoui. — On peut citer encore, comme grand lavoir, celui du placer Dajdlivoui, dans la Hante Zéya, qui présente quelques particularités intéressantes. Il appartient à la variété de sluice nommée « amérikanka » par les Sibériens.
En voici une description succincte :
L'appareil est disposé comme l'indique la figure 122, qui donne le plan et l'élévation de ce lavoir.
Il se compose de deux sluïces a, a, de 9 mètres de longueur
Fiu. 12». — Lavoir tlu placer Dajdlivoui.
totale, avec chacun un under-current b, b, qui séparent, après 2™,50 de course, une partie des fines au-dessous de 15 millimètres. Entre les deux sluices se trouve une table dormante c, pour le lavage à la main des schlichs gris retirés des casiers.
Le surveillant se tient dans la baraque s du pointeur et a ainsi tout son personnel sous les yeux.
Pente du s/uice. — La pente du sluice et de son under-current
est de 8°. On lave avec un volume d'eau quintuple de celui du sable, c'est-à-dire avec la moitié de ce qu'il faudrait pour délayer l'argile grasse et blanche qui empâte cette alluvion. De plus, comme on n'a pas la précaution d'introduire de l'eau en supplément après les under-currents, ni de rétrécir la section au droit de ces saignées, le courant principal, affaibli par la perte que lui cause l'undercurrent, n'a plus la force de rien entraîner ; les pierres restent à sec sur la grille et il faut quatre hommes à chaque sluice pour raboter constamment les matières et éviter son engorgement.
Dimensions du sluice. — Ce dernier a une archine (0m,71) de largeur entre parois, mesure sacramentelle qui n'est jamais dépassée par les exploitants. Quand on veut passer beaucoup de matières, on construit des lavoirs avec deux, trois « koulibinkas » ou amérikankas, de une archine chacune. L'idée ne vient pas qu'on pourrait en faire une plus large, susceptible, à elle seule, de passer tout le cube nécessaire.
On remédie à l'inconvénient de la saignée produite par les deux under-currents, en n'en faisant fonctionner qu'un, remède pire que le mal, parce qu'il en résulte l'engorgement des plaques et des casiers du sluice principal, qui est déjà bien court pour arrêter efficacement For, et on a une perte considérable d'or fin et môme moyen.
La figure 123 donne le détail des dispositifs adoptés pour arrêter l'or. Il faut reconnaître qu'au point de vue des obstacles à imaginer pour s'opposer au courant qui entraine le métal précieux, les Sibériens sont inventifs et adroits. Ils sont là sur leur terrain traditionnel, car le lavoir sibérien, à la fois si primitif et si simple, est un remarquable instrument d'arrêt de l'or sur un parcours extrêmement réduit.
A, A', A* sont des casiers en fer plat, posés de champ, de 40 millimètres de hauteur et de 8 millimètres d'épaisseur. Ces casiers sont faits sur place et rivés au moyen de petits rivets en fer doux.
B, même dispositif garnissant le fond de l'under-current, sauf que l'échantillonnage du fer et les dimensions des casiers sont moindres.
Un feutre épais est placé sous les casiers B ainsi que sous A'.
C, C, plaques de tôle de 5 millimètres d'épaisseur, percées de trous en quinconces de 15 millimètres de diamètre, aboutissant 11 l'under-current B.
D, grille séparant les au-delà de 20 millimètres et les envoyant
Il ' ? !
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Coupe parla grille de décharge des gros cailloux (îïduplarO t *v-
• MII'tHMIIIMH UlHMttlfMHUM MIOMIOMM "ItltflllMlM
Trime de déchargement
Coupe d'an undercurrent (par (Xji du plan)
Taitmg»
Fio. 123. — Lavoir de Dajdlivoui (Détail des ri file s et des under-çurrents).
directement par une goulotte en tôle, à la trémie de chargement des tarataikas.
E, E, E, trois escaliers en bois, garnis de drap, sans mercure.
F, sluice garni de drap de laine pour retenir l'or fin, aussi sans mercure, t, t, trémies des éffélis (tailings sableux).
R, couloir d'évacuation de l'eau et des fines non déposées dans
les trémies.
On perd par là la majeure partie de l'or fin de l'alluvion, pour laquelle l'addition de mercure serait reconnue indispensable en tout autre pays que la Sibérie.
Introduction, historique et principe de la méthode. —
L'ensemble des procédés connus sous le nom de Méthode hydraulique remonte au début de l'exploitation de for en Californie. C'est en 1852 que l'on en trouve la première ébauche rudimentaire sur le Yankee Jim Claim, dans le Comté de Placer (Californie). Elle y a été inventée par un mineur de nationalité française, dont le nom s'est malheureusement perdu au milieu de l'agitation fiévreuse qui caractérisait cette époque de vie de luttes et d'aventures.
A ses humbles débuts, le procédé se réduisait simplement à l'emploi d'un modeste appareil d'arrosage : un tonneau, placé à un niveau plus élevé servait de réservoir, et une manche en cuir avec un bout de tuyau de fer-blanc formant lance déchargeait l'eau contre les parois de l'alluvion.
Cet appareil inaugurait le principe nouveau de la suppression du travail manuel, en confiant à la seule force de la gravité, avec l'eau comme véhicule, le soin de procédera la fois à l'exploitation des graviers, à l'isolement des parcelles de métal précieux, et à l'enlèvement des résidus.
L'esprit inventif et généralisateur des Américains comprit bien vite quel immense parti on pouvait tirer de ce principe et de cet outil rudimentaire, en donnant à cet engin des dimensions colossales. Quelques années suffirent pour remplacer le tonneau par d'immenses réservoirs et la manche avec sa lance par des canaux et des tuyaux gigantesques, dont la longueur se mesure par milliers de mètres et qui sont terminés par des ajutages puissants, capables de diriger, sous de hautes pressions, un jet d'une masse et d'une force énormes sur les graviers pour les démolir et les entraîner.
Cette méthode n'est manifestement applicable que lorsqu'on peut disposer dune pente suffisante pour l'écoulement naturel des torrents de boue et de pierres auxquels elle donne naissance, ou encore lorsqu'il est possible de créer artificiellement cette voie d'écoulement, ce qui arrive chaque fois que les dépressions dans lesquelles doit s'effectuer l'évacuation sont situées à une altitude bien inférieure à celle des alluvions.
Ces conditions ne sont que bien rarement réalisées pour les alluvions récentes ou quaternaires occupant les vallées actuelles; elles le sont, au contraire, au plus haut degré, pour les alluvions pliocènes, lorsque celles-ci, comme c'est le cas en Californie en Australie, et, plus récemment au Klondyke, remplissent des dépressions indépendantes de l'orographie actuelle et situées à un niveau bien supérieur à celui des cours d'eau.
En tout étal de cause, la méthode hydraulique, chaque fois qu'elle est applicable, entraine nécessairement une accumulation formidable de débris, étages suivant leur grosseur, depuis le point où débouche le canal d'évacuation jusqu'aux vallées basses où les rivières cessent d'avoir un cours torrentiel et même jusqu'aux fleuves et à l'embouchure de ceux-ci dans la mer.
L'accumulation des gros éléments à leur arrivée, même dans les vallées, n'a présenté, en général, et surtout au début, que de faibles inconvénients; situées à l'intérieur du massif montagneux de la Sierra Nevada, ces vallées étaient réduites, dans leur partie haute, à des gorges sauvages, impropres à la culture aussi bien qu'à rétablissement d'usines industrielles. Aussi le fait de leur remplissage n'a-t-il soulevé aucune protestation sérieuse, et cela d'autant moins qu'elles ont pu être acquises sans difficulté par les exploitants euxmêmes.
Il en a été tout autrement des parties basses de ces mêmes vallées et surtout des vallées plus importantes auxquelles elles venaient d'aboutir. Là, en effet, une population agricole nombreuse, attirée par le succès même des exploitations minières, était venue s'établir, d'abord pour subvenir aux besoins de la population ouvrière, mais ensuite et surtout pour tirer un large profit de la merveilleuse fécondité du sol et de la beauté du climat.
Or, si les gros blocs étaient retenus dans les parties hautes et incultes des cours d'eau, il n'en était pas de même des graviers
menus, des sables et des limons qui descendaient, au contraire, dans les parties basses et se déposaient, dans ces régions cultivées, sur le fond même des rivières à mesure que le courant qui les entraînait se ralentissait. La profondeur du chenal disponible pour l'écoulement des eaux devenait donc de plus en plus faible, et des inondations de plus en plus fréquentes étaient la conséquence de ce rétrécissement.
Sans doute, dans les premiers temps, les crues subites et violentes dues à la fonte des neiges remédiaient à cet inconvénient et en déplaçait les effets, en creusant à nouveau le lit meuble et artificiel formé par les débris.
C'est ainsi que la rivière Tuolumne qui, avant de recevoir les débris d'exploitations hydrauliques, avait un lit de 170 mètres de largeur et de 4m,50 de profondeur avec une pente de 5m,80 par kilomètre, fut complètement remplie en vingt et un mois par ces débris ; partiellement nettoyée par les crues printanières des deux années suivantes, elle était réduite à une largeur de 10 mètres et à une profondeur de 0m,30 quatre années plus tard.
Mais les creusements partiels produits par les crues ne pouvaient être que des palliatifs restreints et insuffisants, et le jour est fatalement arrivé où le lit obstrué de la rivière n'a plus même pu contenir les eaux normales; à partir de ce moment, les hautes eaux se répandant dans la vallée entière ont submergé les cultures, inondé les habitations et détruit jusqu'au sol arable qui en faisait la richesse.
C'est surtout dans les Comtés de Butte et de Mariposa que ces effets funestes atteignirent leur maximum d'intensité, et c'est de là que vint le signal de la résistance contre un système qui avait provoqué de pareils désastres. Les hostilités entre la population agricole et la population minière, pour la défense de leurs intérêts respectifs, débutèrent par une injonction défendant à la Miocène Company du comté de Butte, qui possède dans le bassin du Feather-Rivery 500 hectares de graviers alluvionnels (deep-leads) de 10 mètres de puissance, d'envoyer à la rivière les rebuts (tailings)de leur exploitation hydraulique.
Depuis lors la lutte s'est généralisée, et elle s'est poursuivie avec une passion qu'explique l'importance des intérêts engagés. Les chiffres suivants, qui caractérisaient l'état industriel et agricole de
la contrée au moment de l'ouverture des hostilités, peuvent donner la mesure de l'importance de ces intérêts :
Canaux et conduites établis dans les comtés affectés. 4.000 kilom.
Capital engagé dans les mines 750.000.000 fr.
Produit annuel 60 à 75.080.000 fr.
Population minière atteinte par les procès 430.000 hab.
Population agricole 260.000 hab.
Une Commission officielle, nommée par le pouvoir fédéral, fut saisie de cette question vitale pour l'industrie minérale du Far- West, et fut chargée de fixer une jurisprudence permettant de mettre finaux procès pendants devant les diverses Cours des Etats intéressés.
Cette commission a admis le principe de la possibilité des exploitations hydrauliques que certains arrêts isolés avaient impitoyablement condamnées ; mais, pour sauvegarder les intérêts agricoles, elle a imposé, comme restriction à l'application de ce principe, l'obligation de rendre les tailings inoiïensifs, soit en créant à l'aide de barrages, dans les vallées hautes, d'immenses lacs formant bassins d'épuration, soit en remontant les tailings h l'aide d'élévateurs hydrauliques (voir p. 385), dans les excavations laissées par les travaux d'exploitation mêmes, suivant le mode que nous décrirons ultérieurement.
Malheureusement les mines qui peuvent réaliser ces conditions sont en petit nombre, comme aussi celles qui, à l'exemple de la mine de Klamak-River, peuvent déverser directement leurs tailings dans la'mer.
Pourtant, si l'on considère la perfection qu'avait atteinte l'outillage industriel employé par la méthode hydraulique, les facilités qu'avait créées l'emploi, sur une vaste échelle, de perforatrices pour le creusement des tunnels, l'usage de la lumière électrique pour doubler la durée du travail, enfin l'immensité des masses alluvionnclles encore aujourd'hui susceptibles d'être travaillées par cette méthode, on ne peut que désirer voir de nouveau s'ouvrir cette importante source de richesse, source dont on aura la mesure par les chiffres suivants, qui donnent l'estimation des principaux massifs de graviers dès aujourd'hui reconnus et tout prêts à être travaillés par la méthode hydraulique.
Bassin du Yuba-River 700.000.000»3
— Bear-River 50.000.000
— American-River 75.000.000
Bassin de Makelucnne, du Stanislaus et du
Tuolumne 400.000.000
Autres petits bassins 150.000.004
Formant un total de 1 .375.000.000mS
Le Comté de Nevada a été le premier champion de la méthode hydraulique : c'est là qu'on trouve le fameux Sam Juan Ridge, ancien chenal aurifère, de 23 milles de long et de 1 à 1 1 /2 mille de large, surmonté de terrains récents qui recouvrent la formation alluvionnaire de morts-terrains atteignant parfois 90 mètres. C'est sur cet immense tracé que s'échelonnaient les grands abatages hydrauliques qui ont fait la réputation de celte contrée et dont le principal, nommée la Norlh Bloomfield C°, a été jusqu'au jour de son arrêt à la suite de la prohibition de cette industrie, la plus grande mine du monde entier comme puissance et développement de l'abatage hydraulique (fig. 16).
D'autres chenaux analogues, notamment Dutch Fiat, You Bel, Quaker Hill, Nevada City, Remington City, et Blue Tent sont aussi bien connus, mais arrêtés depuis le Débris Act de 1884 qui a interdit l'application de la méthode. Il y a là. d'énormes cubes d'alluvions aurifères, exploitables seulement par ce procédé brutal, mais économique, dont l'application se trouve ainsi suspendue jusqu'à nouvel ordre (fig. 124).
On avait espéré que la Loi de l'État de Californie connue sous le nom de Loi Caminetti permettrait de reprendre les travaux. Un dispositif prévoyait en effet que, sous certaines conditions de clarification des eaux ayant servi à l'abatage hydraulique avant leur restitution au cours d'eau, ce dernier pourrait être repris; mais la décision du Juge Davis rendue à la Cour Supérieur de Marysville, dans l'affaire de la C° Sutter contre la Mine Étoile Polaire a tout remis en question. Cette décision a forcé la mine à cesser tout travail, bien qu'elle eût obtenu une autorisation préalable des « Commissaires de Débris » institués par la Loi Caminetti. Autrement dit, la validité de cette régulation a été annulée.
Cette question des débris, vu l'importance des intérêts engagés, a
déjà donné lieu à de nombreux scandales. Pratiquement, à l'heure actuelle, seules les mines situées dans le Nord de la Californie ou celles qui sont en mesure d'évacuer directement leurs tailings à la mer peuvent appliquer le procédé hydraulique en Californie. Toutes les autres mines sont en chômage obligatoire.
Nul ne peut prévoir quelles solutions l'avenir réserve à cet égard ; si, d'une part, depuis 1887, les exploitations, hydrauliques sont presque toutes arrêtées en Californie, elles ne le sont pas encore dans d'autres régions, notamment dans la Nouvelle-Zélande, où le mouvement agricole et industriel est loin d'avoir acquis, jusqu'à présent, l'intensité qu'il a possédée, dès l'origine, enCaIifornie.il en est de même dans les districts arctiques du Yukon et du Klondyke, où l'absence de tout intérêt agricole assure au système hydraulique un champ d'action illimité, sans entrave administrative.
Mais, alors même qu'en Nouvelle-Zélande, comme en tout autre pays civilisable, le dernier mot devrait rester toujours à l'agriculture, — ce qui est peut-être conforme à la tendance naturelle à l'homme de favoriser les établissements qui assurent la régularité de son existence et la stabilité de sa vie, plutôt que ceux qui lui procurent une richesse passagère au prix de luttes et de sacrifices, — il y aurait toujours un intérêt de premier ordre à donner la description complète de la méthode hydraulique, parce qu'elle est, à la fois, une des conquêtes les plus remarquables de l'art de l'ingénieur, en même temps qu'elle correspondra toujours à une phase, transitoire peut-être, mais rationnelle et par suite nécessaire, de l'exploitation intensive des richesses que renferment les graviers aurifères dans les contrées encore inexplorées du globe.
Méthode hydraulique au cap Nome. — La première amenée d'eau sous pression a été faite au cap Nome, en 1901. Le canal avait 5 milles de long et son prix était de 5.000 dollars. Il a permis de recouvrer, dans l'année, 50.000 dollars. En 1902, la Compagnie Miocène Ditch a installé un canal pour amener de 27 milles de distance 3.000 pouces de mineur. Cette opération a été, dès 1903, un succès financier.
Une installation hydraulique artificielle, c'est-à-dire dans laquelle l'eau est mise en pression au moyen de machines et qui a coûté 50.000 dollars, a aussi été couronnée de succès (fig. 125).
Un nouveau canal d'amenée de i0.462 pieds de long, revenant à 28.591 dollars et amenant 4.000 pouces a été construit en 1903. En thèse générale, on peut dire que toutes les installations hydrauliques travaillant sur les alluvîons gelées sont des succès. Plusieurs des Compagnies propriétaires de l'eau n'exploitent pas elles-mêmes de ptacers et se contentent de vendre l'eau aux mineurs.
Fio. 125. — Ilydraulic System ù Nome.
Aperçu de la méthode. — Gomme toute exploitation rationnelle d'alluvions, l'application de la méthode hydraulique doit toujours êire précédée par un levé de plans et surtout par un nivellement soigné de la contrée qui environne la concession.
Ces opérations ont pour but de déterminer, ainsi que nous l'avons exposé à propos de la méthode sibérienne : en premier lieu, la puissance des terrains alluvionnels à abattre, terrains dont la richesse a été préalablement reconnue, et, en second lieu, la possibilité d'amener avec une pression suffisante sur les points d'attaque la quantité d'eau requise pour le lavage.
On procède donc à une série de sondages, au moyen de puits convenablement espacés et creusés à partir de la surface jusqu'à la roche de fond, ou bed-rock; ces puits indiquent non seulement l'épaisseur du terrain stérile reposant sur l'alluvion proprement dite, mais encore la puissance de cette alluvion dans toute l'étendue du terrain que l'on se propose de travailler, et enfin la configuration du bed-rock lui-môme.
On détermine ainsi le point te plus bas du bed-rock, détermina-
tion de la plus haute importance, car c'est à ce point que doit aboutir la galerie (tunnel) qui servira ultérieurement à l'écoulement des eaux et des graviers.
Lorsque la mine est importante, ces opérations préliminaires peuvent acquérir un tel développement que Ton cite des exploitations où leur coût ne s'est pas élevé à moins de 500.000 francs.
Les opérations préliminaires achevées, il faut étudier remplacement et ultérieurement effectuer le percement du tunnel à travers lequel doivent être évacués, pour être menés jusqu'à' une vallée ' inférieure, toute l'eau employée au travail et les débris de l'exploitation que cette eau entraîne avec elle.
Le point d'attaque de ce tunnel est déterminé par l'orographie de la région et par la connaissance du point auquel il doit aboutir, ce point d'arrivée, ainsi que nous venons de le dire, étant le point le plus bas du bed-rock déjà déterminé par les sondages préalables ; aussi la longueur de ce tunnel est-elle nécessairement variable suivant la topographie de la contrée. Nous indiquerons ultérieurement les dimensions et la pente usuelle qu'il convient de donner à cet important ouvrage.
En même temps que l'on assure ainsi à l'eau son débouché, il faut créer, par des moyens artificiels, l'immense approvisionnement que nécessite son emploi. Le barrage des parties hautes des vallées dans le but de recueillir les eaux hivernales, l'emmagasinage de ces eaux dans de véritables lacs qui en contiennent des millions de mètres cubes, leur conduite jusqu'aux travaux à l'aide de larges fossés (ditches), et de canaux en bois (/lûmes) ou de tuyaux de tôle parfois supportés, à de très grandes hauteurs, par des charpentes légères, enfin l'établissement de sluices, d'une longueur souvent très considérable, pour retenir l'or et entraîner au loin les débris, tels sont les gigantesques travaux préliminaires auxquels on doit se livrer. Ils ont été réalisés sur une immense échelle en Californie, et les constructions qu'ils ont entraînées sont parfois des merveilles de force et de légèreté.
L'eau amenée au point d'attaque est déchargée par le moyen de tubulures en fonte nommées géant ou monitor; elle atteint souvent une vitesse de 50 mètres par seconde, et son débit s'élève, dans quelques cas, jusqu'à 150.000 mètres cubes par vingt-quatre heures. Ce jet colossal, coupe aisément les bed-rocks les plus durs (fig. 126).
l'industrie acrifere
Projeté contre les bancs de gravier dont la hauteur dépasse quelquefois 100 mètres, cet énorme jet d'eau démolit la masse alluviormelle et la transforme en un torrent de boue qui charrie, sur
Fia. 126- — Ce jet colossal coupe aisément les bed-rocks les plus durs...
le bed-rock mis à nu, les débris de toute grosseur et les entraine dans les sluices en bois, pavés en pierre ou en bloc de bois debout, installés dans le tunnel.
Pour rendre l'action de l'eau plus efficace, le banc de gravier est
quelquefois attaqué par des coups de mine dont quelques-uns sont chargés de 1.500 à 2.000 petits barils de poudre.
D'énormes grues hydrauliques sont mises en place pour enlever les gros blocs de roches; enfin des dispositifs spéciaux, grizzlies et under-currents , permettent de se débarrasser des grosses pierres et de ralentir la force du courant.
L'or est retenu par le mercure placé dans les sluices, entre les interstices du pavage formant riffles. On est quelquefois obligé de prolonger ces sluices bien au-delà du tunnel d'évacuation. La construction de ces sluices de décharge extérieurs (tail-sluices) a moins pour but de retenir plus complètement l'or — qui est recueilli, dans les limites du possible, pendant la traversée du tunnel, chaque fois que ce dernier a une longueur suffisante — que de permettre d'évacuer les débris (tailings) en un point favorable de la vallée inférieure.
Nous avons déjà expliqué plus haut comment cette précaution, très usitée pendant la période de la grande exploitation hydraulique, était devenue insuffisante en Californie ; si bien qu'elle n'avait empêché ni les préjudices causés à l'agriculture, ni l'ostracisme qui en a été la conséquence.
Il ne faut pas se dissimuler, d'ailleurs, que la méthode hydraulique, précisément à cause de la puissance des moyens qu'elle met en jeu, modifie profondément la topographie de la région à laquelle elle est appliquée ; la dévastation qu'elle entraîne étant telle que, pour s'en rendre compte, il faut en avoir été témoin, toute description, même la plufe fidèle, ne pouvant en donner qu'une image affaiblie.
Travaux préliminaires. — Barrages. — Pour l'approvisionnement régulier, sous forte pression, de l'eau nécessitée par la méthode hydraulique, il est indispensable d'établir de vastes réservoirs que l'on crée en barrant une vallée à une altitude suffisante au-dessus du niveau de la mine que l'on veut travailler.
En Californie, cette nécessité est rendue plus impérieuse par l'irrégularité du régime des eaux. Aussi les retenues d'eau à la suite de la fonte des neiges sont-elles seules capables d'assurer le travail d'été, qui parait être le plus favorable, la chaleur de l'eau donnant une action plus énergique au mercure.
Le point choisi pour obtenir un barrage est naturellement celui où une vallée se resserre et présente des contreforts rocheux solides.
Les matériaux employés pour sa construction varient avec les ressources de la localité ; quelquefois des blocs de granité, enchevêtrés sans mortier, forment la face antérieure de la masse, qui est revêtue de terre pilonnée ; la surface en contact avec l'eau est recouverte de planches clouées sur des poutres horizontales, avec joints calfatés. D'autres fois les barrages sont entièrement en bois, rocailles et terre, et formés par des cadres de bois rondins, superposés horizontalement, les pièces transversales des cadres étant simplement posées sur les pièces horizontales et fixées par des broches en fer, de telle sorte qu'à l'extérieur on voit une série de troncs d'arbres horizontaux, tandis que, dans l'intervalle de deux rangées, apparaissent les bouts des pièces transversales (/fy. 68 et 127)
Lé barrage est toujours traversé par une prise d'eau, située un peu au-dessus du fond et construite en gros galets, avec murs latéraux et couverture de dalles de granité. L'admission de l'eau dans ce canal a lieu au moyen de tuyaux de fonte débouchant à l'intérieur du barrage, et elle est réglée au moyen de valves.
Les barrages ainsi établis présentent assez de solidité pour résister à des crues souvent assez considérables pour faire parfois passer jusqu'à 500 mètres cubes d'eau par seconde par dessus la crête du barrage.
Pour faire comprendre l'importance que peuvent atteindre ces barrages, je vais résumer dans le tableau suivant, d'après Fuchs et Gumenge, les dimensions et les prix de revient des principaux réservoirs californiens.