‹ L'Industrie aurifèreChapitre 178 sur 241 · DOSAGE PAR LIQUEURS TITRÉES · texte numérisé non relu

DOSAGE PAR LIQUEURS TITRÉES

une précipitation complète et faciliter la liltration. La liqueur filtrée est débarrassée de son excès de sulfure au moyen de la litharge, que Ton ajoute par petites quantités, successivement, en agitant constamment, jusqu'à ce qu'une goutte du liquide saturé ne donne aucune trace de coloration noire ou brune, avec une goutte d'acétate de plomb. On opère alors sur la liqueur filtrée, comme dans le cas de liqueurs cyanurées ne contenant pas de zinc.

Le même procédé est évidemment applicable au titrage du cyanure de potassium commercial, qui ne dépasse pas en général 98 0/0 de cyanure de potassium pur.

Essai de tailings. — Le premier essai à faire sur les tailings est de déterminer d'abord leur capacité de filtration. Il est évident, en effet, que de cette capacité dépend le nombre de cuves à prévoir pour l'installation de la cyanuration. Si, par exemple, une cyanu ration est constituée par quatre cuves chacune de 75 tonnes de capacité et qu'on puisse traiter avec elles une moyenne de 75 tonnes par jour de tailings moyennement fins, cela revient à dire que chaque cuve reste en digestion avec les dissolutions cyanurées pendant quatre jours.

Si, par conséquent, il est nécessaire de douze jours de contact pour arriver h une dissolution suffisamment complète de leur contenu, par suite de la compacité et de l'imperméabilité des matières à traiter, il est évident qu'il faudra tripier le nombre des cuves pour arriver au même traitement de 75 tonnes par jour.

En général, des tailings à travers lesquels les solutions filtrent avec une vitesse de 5 centimètres ou au-delà par heure sont bons pour être traités par filtration. Lorsque cette vitesse tombe à la moitié de ce chiffre, c'est-à-dire à 25 millimètres par heure, il est indispensable de recourir soit à des cuves de plus grande capacité, soit à la filtration par succion.

Lorsqu'enfin cette vitesse tombe à 1 centimètre ou moins par heure, on ne peut compter sur la filtration comme moyen pratique de traitement, et il faut recourir alors à l'agitation soit mécanique soit par injection (fair, ou aux filtres-presses ; mais ces procédés ne peuvent guère s'appliquer qu'à des matières riches ou à des concentrés donnant un coefficient d'extraction suffisant pour justifier cette dépense supplémentaire de force motrice et de main-d'œuvre.

Les essais pour déterminer la vitesse de filtration s'exécutent très facilement dans un tube d'essai en notant la vitesse d'écoulement du liquide.

Détermination de l'acidité. — La détermination de la quantité d alcali nécessaire pour neutraliser l'acide sulfurique et les autres produits provenant de la décomposition des pyrites dans les tailings est une opération de toute première importance. Voici la méthode de Park, par liqueur titrée, qui donne des résultats rapides et pratiques.

Prendre 221 grammes de minerai, y ajouter 250 centimètres cubes d'eau et agiter dans un verre.

Ajouter avec une burette graduée une solution titrée de soude jusqu'au moment où le liquide est entièrement neutralisé.

Chaque centimètre cube de la solution titrée de soude représentera 0,1 lb., ou 45*r,4, de soude caustique qu'il faudra ajouter par tonne de minerai ou de tailings avant de procéder au traitement par le cyanure.

Pour préparer la solution titrée de soude, dissoudre 10 grammes de soude caustique dans 1.000 centimètres cubes d'eau pure. Cette liqueur doit être maintenue bien bouchée, pour éviter la carbonatation.

Ce procédé ne révèle que l'acidité pour ainsi dire visible, et il donne des résultats négatifs avec des minerais dans lesquels les opérations subséquentes prouvent cependant l'absolue nécessité d'un traitement basique préalable; c'est ce que M. Furman appelle Yacidité latente. 11 la met à l'évidence de la façon suivante :

Le minerai, qui n'a donné aucun signe d'acidité, est mis dans une capsule de porcelaine avec une certaine quantité d'eau pure.

On ajoute alors un excès de liqueur décime normale de soude caustique. Après agitation, on titre l'excès de soude par une liqueur décime normale d'acide. La différence donne l'acidité latente.

La somme de ces deux essais donne l'acidité totale du minerai.

Comme c'est au fond le seul chiffre qui présente de l'intérêt dans la pratique, on peut le déterminer en bloc de la manière suivante :

Prendre 10 grammes de minerai pulvérisé ou de tailings ; les mettre dans un vase à essai avec un peu d'eau ; ajouter un excès

DÉTERMINATION DE l' ACIDITÉ 663

déterminé de la solution titrée de soude caustique. Agiter pendant vingt minutes et titrer ensuite l'alcali restant avec la liqueur décime normale d'acide.

Essai qualificatif rapide de For dans les liqueurs cyanurées. — Une méthode simple et rapide, due à M. A. Prester, consiste dans une application directe de la réaction bien connue du pourpre de Cassius.

Voici en quelques mots la façon d'opérer par ce procédé approximatif, mais rapide.

Dans la liqueur cyanurée faible, où il s'agit de déceler la présence de l'or, on ajoute une solution concentrée de cyanure de potassium, de manière à amener le liquide h une teneur d'environ 1 0/0. On amène la liqueur à un volume d'environ 200 centimètres eubes, et on ajoute 1 gramme de zinc en poudre.

Après agitation, on filtre la poudre de zinc et on l'attaque dans de l'acide sulfurique au 1/10. On lave le résidu par l'acide, on le filtre et on l'attaque ensuite à l'eau régale.

On ajoute alors du protochlorure d'étain, et si la teueur en or est élevée, le précipité se forme immédiatement; si, au contraire, elle est faible, la réaction ne commence qu'au bout d'un certain temps. On prépare, naturellement, un certain nombre de témoins pour servir de comparaison.

Cette réaction, qui est rapide et simple, donne des résultats approximatifs très commodes pour surveiller la marche des opérations de l'atelier.

Classification des méthodes. — 11 existe une telle variété dans les procédés de traitement par cyanuration qu'il serait nécessaire de décrire pour ainsi dire toutes les installations pour donner un tableau complet des méthodes en usage. On peut cependant les ramener à trois types principaux, caractérisés chacun soit par des dispositifs spéciaux, soit surtout par la façon, dont on traite ensemble ou séparément les sables et les slimes qui forment la pulpe, telle qu'elle sort de l'appareil du broyage.

Par suite de l'époque à laquelle s'est produit le développement des applications de la cyanuration dans l'Afrique du Sud, la plupart des grandes installations y avaient déjà été montées pour traiter

par amalgamation les minerais de surface. Il est résulté de ce fait que les moulins californiens sont restés dans la méthode du traitement sud-africaine, le seul appareil de broyage préalable qui soit en usage dans cette région.

Aux Etats-Unis, au contraire, beaucoup de moulins de cyanuration ont été construits depuis l'époque où ce procédé était devenu pour ainsi dire classique et où on pouvait l'installer sur les mines nouvelles sans se préoccuper de la question de For amalgamable et en cherchant par conséquent, pour le broyage préalable du minerai, les appareils à la fois les plus économiques et les plus puissants.

Pour la même raison, on voyait aux États-Unis se développer, sous l'influence des résultats obtenus en Australie, les méthodes basées sur le grillage préalable des minerais après un premier dégrossissage. Le développement des méthodes de chloruration, principalement dans le district de Cri p pie Greek, facilitait encore ce mouvement, puisque le grillage est, pour la chloruration, une opération absolument indispensable.

Enfin, la découverte de minerais tellurés rebelles et complexes de l'Australie Occidentale, dans un pays où la caractéristique est un manque presque absolu d'eau, mais où, par contre, on ne traite que des minerais très riches, a conduit au développement de procédés de traitement tenant à la fois de l'Afrique du Sud par Y adoption de pilons comme premier appareil dégrossisseur et de l'Amérique par l'emploi de solutions cyanurées concentrées avec dissolution dans des cuves avec agitation mécanique. En même temps la nécessité d'une récupération aussi complète que possible de l'eau imprégnant les tailings amenait à traiter ces derniers au moyen de filtres-presses, appareils qui constituent le caractère distinctif des exploitations australiennes, bien qu'ils commencent à s'appliquer aussi dans d'autres districts miniers, après avoir fait la preuve de leur efficacité dans les moulins de Coolgardie et de Kalgoorlie.

Ces considérations permettent donc de ramener à trois classes principales toutes les méthodes de cyanuration actuellement en usage dans les divers districts miniers que nous avons examinés. On peut les résumer rapidement comme suit :

A. Méthodes du Transvaal. — Avant l'introduction de la cyanuration,

Page 1