BROYAGE A SEC AUX MINES DI1AUBAK
L'introduction en Nouvelle-Zélande du procédé de cyanuration, qui était destiné à jouer un râle si important dans le développement du broyage à sec, vint améliorer considérablement cette situation.
Km. 253. — Pan d'amalgamation.
Vers 1889, la Compagnie Croim installa un premier petit alelier de cyanuration à la mine de Karanghake, sous les auspices de la Compagnie Casse/, qui, malgré les défauts inhérents k toute installation débutante, fut couronné de succès. Lu Compagnie Waihi
qui avait, à cette époque, 90 pilons en service, adopta le nouveau procédé dès le début de 1894, et les succès éclatants qui marquèrent les débuts de son installation furent le signal d'un grand développement de l'industrie minière dans tous les districts de Haurakî. La mélhode de Waihi fut naturellement suivie aussi exactement que possible et le procédé de broyage à sec, suivi par la cyanu ration, devint la méthode classique de toute cette région.
De nombreux moulins à broyage avec courant d'eau furent transformés en broyages à sec et toutes les nouvelles installations furent aussi construites dans le même sens.
De 1896 à 1897, le broyage à sec régna pour ainsi dire sans contestation. Toutes les batteries du district de Ohinemuri. v
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compris le nouveau moulin de 100 pilons, construit à Waikino par la Compagnie Waihi, étaient des broyages h sec. Cet engouement fut de courte durée.
Comparaison du broyage à sec et du broyage avec courant d'eau. — Dès 1897 M. F. Daw, directeur de la mine Crown, introduisit un système de broyage avec courant d'eau qui fut un succès.
Cette nouvelle orientation fut suivie rapidement par un certain nombre d'autres Compagnies et, après avoir procédé à des essais très sérieux, la Compagnie Waihi elle-même entra dans cette voie et construisit un moulin de 100 pilons à Waikino, destiné au broyage sous courant d eau. Au début de 1902, le moulin broyant à sec de cette même usine fut réorganisé et installé pour le broyage avec courant d'eau et, au début de 1904, toutes les installations de la mine Waihi étaient transformées en broyages avec courant d'eau, mettant ainsi un terme au règne éphémère du broyage à sec.
D'après M. Percy Morgan, les avantages principaux du broyage à sec tel qu'il était pratiqué dans le district de Hauraki étaient les suivants :
1° Aucune perte de minerai pendant le traitement, sauf la question des poussières. Les pertes d'or causées par l'or flottant et par Vor entraîné dans les slimes, inséparables du procédé par courant d'eau, étaient entièrement éliminées ;
2° Le produit se trouvait dans un état tel qu'il pouvait être
DHOYAGE A SEC AUX MINES d'iIAL'UAKI - 837
épuisé par une solution cyanurée dans une seule opération et sans séparation des sables et des slimes. Il s'adaptait par conséquent, tout à fait bien, à la cyanuration des minerais quartzeux, purs, des niveaux supérieurs des mines ;
3° Môme avec des minerais « contenant beaucoup d'argile ou d'hématite, la calcination préalable de ces matières empêchait leur transformation en boues ou en slimes imperméables;
4° La méthode obligeait h broyer finement la totalité du minerai, broyage absolument nécessaire pour obtenir un bon coefficient d'extraction dans les pans et dans les cuves de cyanuration.
Les défauts de la méthode étaient les suivants :
1° Dépense du séchage préalable;
2° Perte de minerai sous forme de poussière ;
3° Le broyage à sec est beaucoup plus lent que le broyage sous courant d'eau;
4° Inconvénient des poussières pour les machities ;
.5° Inconvénient des poussières pour la santé des hommes, nécessitant des salaires supérieurs à ceux payés couramment dans les batteries avec courant d'eau;
6° Rendement moindre de la main-d'œuvre h cause des conditions défavorables du travail au sein des poussières.
7° L'épaisseur du minerai pouvant se prêter à la filtration dans les cuves, même avec adjonction de la filtration par le vide, ne dépassait pas 75 centimètres ; elle atteignait rarement 90 centimètres.
8° Grande difficulté de concentrer le minerai, c'est-à-dire de le séparer en sables et slimes. Il est vrai qu'on a maintenant des séparateurs par le vent (Voir p. 110), qui permettent de réaliser celte séparation, mais leur réussite n'est pas absolument démontrée.
11 résulte en définitive de cet exposé comparatif des avantages et des défauts des deux méthodes que le broyage à sec ne se prête pas au traitement des minerais complexes et qu'il est par conséquent inappliquahle aux minerais sulfurés, qui apparaissent toujours dans les niveaux inférieurs.
Le broyage à sec reste indubitablement une méthode très simple et très avantageuse pour le traitement des minerais de surface et pour la cyanuration des minerais dans lesquels l'or ne se trouve pas à l'état de combinaison rebelle, mais elle doit être écartée quand il s'agit de traiter des minerais provenant des niveaux inférieurs.