‹ L'Industrie aurifèreChapitre 36 sur 241 · APPAREILS DE PROSPECTION · texte numérisé non relu

APPAREILS DE PROSPECTION

Le prototype des instruments employés à cet effet c'est la bâtée, camarade inséparable de tout prospecteur d'or.

Bâtée. — La bâtée consiste essentiellement en une sorte de plat en bois ou en fer qu'on remplit avec de l'alluvion aurifère et qu'on agite ensuite après un débourbage parfait de la matière, en y introduisant un courant d'eau, tout en lui imprimant un mouvement giratoire, de façon à chasser les particules légères et à concentrer l'or dans le fond. On consacre en général, dans les ouvrages qui exposent le détail de cette opération, une longue description à la façon dont il faut s'y prendre pour manier cet appareil et pour en obtenir des résultats satisfaisants ; mais je n'ai jamais vu personne

Fio. 19. — Pan.

Bâtée Sibérienne.

GO

Bâtée nègre.

Poruna.

arriver k s'en servir en suivant à la lettre les descriptions méticuleuses dans lesquelles entrent les auteurs. Le seul moyen d'apprendre le lavage au moyen d'une bâtée est d'en voir faire quelques-unes sous ses yeux et de s'essayer ensuite jusqu'à ce qu'on arrive à prendre le tour de main nécessaire.

La forme des bâtées varie suivant les pays, mais peut se ramener en réalité à quatre types bien distincts :

Le pan américain;

La bâtée sibérienne ;

La porufta, de l'Amérique du Sud,

Et enfin la bâtée conique en fer ou en bois dite bâtée nègre ou malgache (fig. 19).

Pan. — Le pan est employé par les Américains et les Australiens. C'est une sorte de plat en fer non étamé, présentant un rebord évasé d'environ 8 centimètres de hauteur, dans lequel on concentre les parties lourdes par une série de mouvements non pas giratoires, mais oscillants autour d'un axe horizontal formé par les

deux mains, en même temps qu'on amène graduellement, par secousses, les matières lourdes à se concentrer dans l'angle ou arrête courbe formée par le fond et la paroi évasée du pan quand il est incliné. On a commencé bien entendu par débourber complètement la matière, opération préalable, commune d'ailleurs à tous les essais à la bâtée, quelle que soit sa forme et son nom.

Lorsque toutes les matières légères ont été chassées et qu'il ne reste plus dans le fond que les substances pesantes : l'oxyde de fer, les matières minérales lourdes, les gemmes, grenats, etc., etc., on commence à pouvoir juger de la teneur en or à l'apparence et à la couleur des extrémités de la petite masse qui reste dans l'angle courbe ; c'est justement ce qu'on appelle les couleurs, car, dès qu'on a acquis une certaine habitude de ce genre de recherches, on juge de la teneur sans recourir à la pesée du résidu, mélangé encore avec des proportions assez notables de matières non aurifères. Ce n'est que lorsqu'on veut arriver à une détermination plus exacte, qu'après avoir fait un certain nombre d'opérations en mettant à chaque fois le résidu dégrossi dans un récipient, on les reprend toutes ensemble pour faire alors une pesée. On peut arriver ainsi à estimer très exactement la teneur. Lorsque l'or est fin, on s'aide pour cette dernière opération d'une petite quantité de mercure qui réunit les parties fines et qu'on évapore ensuite après avoir séparé de ce mercure toutes les matières étrangères qui restent flottantes à. sa surface. Une faut pas oublier en effet que la densité du mercure étant voisine du nombre 13 et celle de l'or supérieure à 19, le mercure constitue un vide pour l'or , tandis qu'au contraire toutes les matières minérales ordinaires flottent à sa surface comme le ferait un bouchon sur Teau.

Bâtée sibérienne. — Cette bâtée est de forme ovale et porle à ses deux extrémités deux manches en bois taillés à même dans la bille où on a creusé la bâtée et qui servent à la manier. On la manœuvre aussi comme le pan en faisant entrer l'eau dans l'auge par une série répétée d'oscillations ayant pour axe celui de la bâtée et en donnant successivement des secousses pour faire descendre les matières lourdes. On utilise la vague qui entre dans l'appareil aussi bien que son reflux, obtenu en soulevant légèrement la bâtée, pour éliminer successivement toutes les couches de matières qui viennent à la surface. On épierre au fur et à mesure les gros mor-

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