APPAREILS DE PROSPECTION
ceaux après avoir vérifié qu'ils sont propres et qu'il ne reste aucune partie argileuse adhérente. Les quartz sont mis à part de façon à examiner s'ils ne contiennent pas quelques points d'or dans leur masse. On finit l'opération comme il a été expliqué pour le pan; mais les Sibériens s'aident rarement de mercure pour sauver l'or fin qui se trouve dans la bâtée.
Ponifta. — La poruflia est l'instrument classique des Sud-Américains. Elle est constituée par un lambeau de corne de bœuf ayant la forme d'une petite cuvette allongée, d'environ 15 centimètres de long sur 6 à 7 de large. C'est dans ce petit appareil que les prospecteurs arrivent, en opérant pourtant sur de bien faibles quantités de matières, à déterminer avec une exactitude surprenante la teneur de l'alluvion qu'ils sont chargés d'estimer. On opère aussi par vael-vient de l'eau, et les derniers porps étrangers doivent être évacués avec beaucoup de précautions, sous peine de voir s'échapper toute la récolte.
Bâtée nègre. — Cet appareil se manie tout autrement que les précédents. 11 est constitué par une sorte de plat circulaire en bois ou en tôle d'acier ayant la forme d'un cône renversé, très évasé, terminé non pas exactement en pointe, mais par unç petite surface arrondie sur laquelle viennent se concentrer les matières à la fin de l'opération. Il y en a de toutes dimensions. Les bâtées ordinaires, destinées au lavage proprement dit, ont 50 centimètres de diamètre avec un creux d'environ 7 centimètres. Les bâtées de prospection, pouvant se mettre dans un sac de chasse, ont 30 à 35 centimètres de diamètre et 5 centimètres seulement de creux. Les bâtées malgaches ont jusqu'à 60 et 70 centimètres de diamètre.
On charge l'alluvion de façon qu'elle forme une sorte de dôme, ce qui correspond, pour une bâtée de 50 centimètres de diamètre, à un volume d'environ 7 litres de terre. On place alors la bâtée dans l'eau dans un endroit peu profond, de façon qu'elle repose sur le fond et que l'eau dépasse les bords d'une certaine hauteur; on procède ensuite à l'opération du débourbage en malaxant la terre, sans bien entendu la sortir de la bâtée, de façon à diluer l'argile qui est enlevé par l'eau environnante, les matières lourdes retombant dans l'instrument. On les fait descendre par une série de petites secousses, puis on commence à, donner à l'appareil, en le maintenant à la surface de l'eau, une série de mouvements giratoires qui ont pourrésul-
tat de faire embarquer l'eau sur un des côtés de la bâtée en lui faisant lécher la surface des alluvions restées dans l'appareil et en expulsant, sur l'autre coté de la bâtée, les matières légères ainsi entraînées. En opérant de la sorte pendant quelques instants, on arrive à réduire le volume par l'élimination de toutes les parties légères et on entrecoupe les évacuations de malaxages répétés, de façon à éviter la perte des grains d'or qui pourraient rester enchâssés dans une gaine argileuse. Quand il ne reste plus dans l'appareil que le sable noir et l'or, on termine l'opération en prenant une petite
Fio. 20. — M. LeTat lavant à la bâtée nègre.
quantité d'eau dans la bâtée en lui donnant un mouvement rotaloirc rapide et en la lançant au dehors par une inclinaison subite de l'instrument en même temps que, par quelques coups secs donnés sur la tranche avec la paume de la main, on provoque, par inertie, la séparation de l'or du sable noir et des autres matières demi-lourdes. Ce dernier lour de main demande un certain temps pour être acquis.
Bâtée boukkare. — J'ai vu employer en Boukharie une bâtée en bois d'une forme toute spéciale, dont les indigènes se servaient avec une adresse merveilleuse pour séparer l'or des schlichs noirs restés mélangés avec lui sur les feutres en poil de chameau dont ils garnissent le fond de leurs petits long-toms.
C'est une planche rectangulaire en bois de peuplier mesurant 60 centimètres de long sur ïO de large, légèrement incurvée en