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Or produit (en pouds)

Valeur de cet or

Pénétration de l'or dans le Bed-rock, — Les couches les plus riches étant silures dans le voisinage du « bed-rock », c'est-àdire de la roche encaissante qui forme le fond réel de la vallée, il importe de conduire le sondage jusqu'à ce qu'on rencontre la roche solide : il convient môme d'entamer cette dernière sur 0m, 40 à 0",50 de profondeur, car For s'y est souvent introduit par les fissures; ce phénomène est surtout sensible lorsque le bed-rock est formé par des schistes ou des gneiss redressés, roches feuilletées qui offrent de nombreuses fentes où vont se loger les pépites, Ces indications, qui paraissent être une simple question de bon sens, sont souvent difficiles à suivre dans la pratique. L'or se présente parfois à plusieurs niveaux, les plus bas étant naturellement les plus riches. Ces niveaux sont séparés par des argiles stériles qui découragent les chercheurs et qui les amènent à se cantonner dans les niveaux supérieurs. J'ai personnellement reconnu ainsi, en Transbaïkalie, un deuxième niveau sur un placer dont le premier niveau avait donné des résultats magnifiques (plus de 30 millions de francs) et qui était considéré comme épuisé.

Ces alluvions inférieures, plus profondes naturellement que les niveaux superficiels, sont plus difficiles à exploiter avec les moyens primitifs dont on dispose. En général, la couche superficielle d'argiles stériles à la surface du sol ne dépasse pas 2 à 3 mètres de puis-

sance. Quant à l'épaisseur de la couche aurifère proprement dite, elle est assez variable, mais comprise en général, comme nous

l'avons déjà vu précédemment, entre 0*,70etl mètre. II faut d'ailleurs ajouter que les Sibériens, travaillant dans ces régions lointaines, qualifient de « traces d'or » toute la partie supérieure de l'alluvion qui contient de Or,50 à 1 gramme d'or au mètre cube, et la comptent comme stérile dans leur appréciation du gîte. Dans l'Oural au contraire, le minimum payant s'abaisse parfois jusqu'à un demi gramme par mètre cube.

Kpuisement des sondages. — Le grand ennemi des prospecteurs, c'est l'eau. Malgré le froid intense qui règne pendant l'hiver dans les contrées du Haut-Amour (leur température moyenne annuelle varie entre — 2" et — 7" et les mini mas de décembre à mars oscillent entre — 30° et — 35°), le sol n'est pas uniformément gelé. Dans le fond des vallées notamment, la fermentation des détritus végétaux enterrés dans le sous-sol entretient une chaleur relative, qui se traduit par des suintements néfastes dans les «chourfs» en fonçage. Dès que ce signe se présente, l'ou-

Fw. 43. — Une ligne de « chourfs s dnns la * Taïca ». . , ■ ,

° vner sort du trou et va

travailler dans un autre, en attendant que le froid ait formé un anneau de glace sur les parois. Il revient alors à son fonçage et allume du feu sur le fond (/¥</. 152) en y concentrant le plus possible la chaleur, car, si l'eau est pour lui un danger, vu le manque de moyens sérieux d'épuisement et l'impossibilité d'en amener sur place, la congélation du terrain est aussi un obstacle à son travail . Il lui est impossible en effet d'abattre au pic un terrain gelé ; il résiste mieux qu'un poudingue fortement cimenté à l'action des outils ordinaires; il a même un défaut en plus, c'est celui de se mater, à la façon du plomb, sons le choc de l'outil. Ce phénomène du gel profond est le plus grand empêchement que rencontre l'exploitant de sables aurîtères en Sibérie. II l'oblige, dans les travaux d'abatage des alluvions aurifères, à enlever le terrain par petites banquettes minces de 0",30 à 0",4O,

maximum de ce que le soleil peut dégeler en trois jours (fig. 44). Le gel du terrain, dans les pays où la chu le des neiges est faible, atteint des profondeurs qui paraissent incroyables quand on ne les a pas vues de ses propres yeux. Dans le bassin de la Lena, par exemple, où on exploite des alluvions fort riches, mais profondes, par travaux souterrains, à2ô ou 30 mètres de profondeur, le sol estabsolument gelé a cette distance de la surface, et il faut s'aider du feu pour l'arracher péniblement par parcelles, dans des galeries munies d'énormes boisages ; car, pour comble de malheur, ce terrain si dur, si compact, si résistant aux outils, tombe en boue véritable dès

Fin. 44. — Eiploilntion par tailles minces, des alluvions gelées en Sibérie.

qu'il sent la chaleur. Il faut par conséquent se préserver par des boisages jointifs contre les éboulements que provoque l'emploi, cependant indispensable, du feu comme moyen d'abutage. Nous verrons plus loin, dans le paragraphe consacré à l'exploitation des alluvions gelées, les méthodes récentes de dégelage employées au Klondyke, qui ont aussi leur application dans le creusement des puits de recherches.

Si l'eau est parfois un obstacle pour les recherches, le cas le plus général en hiver est, heureusement, le fonçage à sec, grâce au concours du froid intense. Dans la Province Maritime, dont le climat est moins rude, à cause du voisinage de la mer, l'inondation des » chourfs » est fréquente ; aussi beaucoup de placers riches restentils inconnus dans cette région, malgré les indices annonçant leur existence certaine, faute d'un petit matériel portatif de pompes à

vapeur ou de pulsomètres, qui ferait merveille une fois rendu sur place. C'est là tout le problème.

Quoi qu'il en soit, c'est toujours l'hiver qui est la saison choisie pour les recherches ; c'est d'ailleurs la seule époque pendant laquelle on puisse circuler sans s'enfoncer dans les tourbières. La glace des rivières sert de route aux traîneaux.

Dans les recherches bien conduites, l'expédition d'hiver est toujours précédée par une tournée exécutée en été, par le chef de « partie » accompagné d'un ou deux sous-ordres. Il étudie le pays, profitant du beau temps pour séjourner en forêt, descendant les rivières en barque, couchant à la belle étoile par les températures relativement chaudes de l'été et déterminant à l'avance la distribution de ses hommes sur le terrain. Il en profite aussi pour construire une ou deux « zimoviés » (cabanes en troncs d'arbres pour l'hivernage) dans ses centres futurs d'action.

Cette tournée est une excellente préparation, mais elle n'est pas toujours exécutée, et c'est un tort réel, car elle est d'une utilité incontestable.

Lorsque le chemin d'hiver est établi, après la chute des neiges, généralement vers la deuxième quinzaine de novembre, le chef de « partie » se met en route avec ses ouvriers et ses approvisionnements pour aller commencer ses sondages. II y a alors deux cas à distinguer, suivant qu'il opère dans une région où la Compagnie qui remploie a déjà une installation faite, ou qu'il se rend dans une région entièrement nouvelle, éloignée de lout centre de ravitaillement déjà préexistant.

A. Recherches à proximité d'exploitations existantes. —

C'est le cas le plus facile et, disons-le tout de suite, le plus sûrement fructueux pour la découverte des placers nouveaux. On dispose, en effet, de toute l'organisation déjà créée en vue de l'exploitation des alluvions : tout d'abord, d'une Résidence où sont amassés les vivres et qui sert de base de ravitaillement ; puis d'une installation sur les placers eux-mêmes, sorte de sentinelle avancée qui sert de centre de ralliement aux « parties » opérant dans un rayon de 100 à 200 kilomètres des placers.

Importance majeure des Résidences. — C'est là, il faut le reconnaître, que l'importance, la valeur indéniable des Résidences appa-

rait clairement. Seules les Sociétés qui les possèdent et qui ont su emmaganiser, pendant^ la saison de la navigation, des approvisionnements suffisants, sont en mesure de se livrer a des recherches sérieuses de placers (fig. 45).

Les « parties » qui ne disposent pas de cet avantage pourront, par hasard, faire une découverte heureuse ; ellesne seront pas en mesure d'assurer d'une manière régulière le rajeunissement du matériel de placers d'une Société importante.

Par le fait du voisinage d'un centre d'exploitation, sentinelle avancée, reliée par une route Ji la Résidence centrale, les « parties »

qui évoluent dans son rayon d'action profitent de ses voies de communication ; les hommes se sentant rapprochés d'un centre de surveillance sont moins portés à s'adonner, pendant la durée des recherches, à des travaux autres que ceux pour lesquels ils sont payés, notamment à la chasse des bêtes à fourrures, qui est une industrie lucrative quand on a la vie matérielle assurée. C'est un cas qui se présente souvent et qui se caractérise par ce fait que les « parties » à leur retour, au printemps, reviennent découragées, n'ayant trouvé dans les sondages auxquels elles se sont livrées (?) que des traces inexploitables d'or, etc. 11 est trop facile, si le théâtre des soi-disant travaux est proche, d'aller vérifier le fait et de confondre les délinquants, qui, dans ces conditions, n'osent pas se risquera ce jeu.

D'autre part, si les recherches dans le rayon voisin des placers

existants sont couronnées de succès, on a plus facilement accès au nouveau placer, grâce aux voies déjà existantes sur l'arrière, et ces voies elles-mêmes, déjà payées par l'exploitation des placers qui en ont fait décider l'exécution, sont mises gratuitement au service du nouveau centre. Bien plus, on peut, dans ces conditions, envisager l'exploitation de placers dits pauvres, qui n'auraient aucune valeur s'il fallait leur faire supporter tous les frais de premier établissement d'une Résidence centrale, de dépôts secondaires, de routes reliant ces divers points, etc., avant d'en commencer l'exploitation. En un mot, c'est le système de la tache d'huile, qui est le plus fructueux et le plus sûr.

B. Recherches dans des régions entièrement nouvelles.

— Si on se propose d'opérer dans une région entièrement nouvelle, les difficultés sont accrues par la nécessité d'assurer d'abord, avant de commencer n'importe quels travaux de recherches, sa base de communication et de ravitaillement. On construit à cet effet une Résidence centrale au point où s'arrête la navigation fluviale, puis une série de relais d'hiver (zimoviés) sur le parcours entre la Résidence et la région qu'on se propose d'explorer, et enfin une installation centrale au milieu du système en question, d'où l'on peut rayonner sur le pays.

En général, de semblables campagnes se préparent deux ans à l'avance. La première année est consacrée à une prospection générale du pays, qui se fait mieux en été qu'en hiver, et à la construction des habitations. On y apporte ensuite, dans le courant de l'exercice suivant, les approvisionnements et les vivres; après quoi on peut procéder, pendant la saison propice, aux recherches proprement dites.

On ne s'attache dans ces recherches nouvelles, dans ces pointes hardies, vers des «Systèmes » non connus encore, qu'à la recherche des placers riches à 1 zolotnik aux 100 pouds et au delà (6 grammes environ par mètre cube d'alluvion en place). Les autres ne sont pas considérés comme méritant la peine de faire pour eux les frais de premier établissement considérables que nécessitent les méthodes actuelles, achat et entretien d'une nombreuse cavalerie, personnel ouvrier à faire venir de loin, cadres à créer, etc.

Telle est, dans l'un et l'autre des cas envisagés, la manière dont

on résout la grande question relative aux recherches, à savoir assurer 1 approvisionnement régulier, la vie, somme toute, des hommes envoyés en expédition.

Au printemps les « parties » de recherches regagnent les Résidences et y font connaître les résultats de la campagne. Si la compagnie minière, ou les particuliers réunis en association de recherches, forme assez répandue en Sibérie, jugent les résultats suffisamment encourageants, ils déclarent le placer à l'Administration locale et à la Police, et cette déclaration sert de point de départ à la délivrance du titre de concession définitive. L'instruction de la demande, la délimitation du placer et la délivrance du titre authentique exigent un laps de temps qui n'est pas moindre que dix-huit mois à deux ans, pendant lesquels le demandeur n'a pas le droit de commencer l'exploitation, ni même de faire une extraction en petit des sables aurifères. Ces formalités multiples, les délais et les frais qu'elles occasionnent sont, il faut le dire, un obstacle presque insurmontable pour les petites gens, pour les orpailleurs marrons, pour les aventuriers, qui pullulent dans le pays. Ils préfèrent, quand ils trouvent un bon endroit, l'exploiter clandestinement, ce qui les dispense, du même coup, de payer la redevance en nature due à l'Etat.

Les recherches régulières, organisées comme nous venons de le dire, ont souvent maille à partir avec ces « khischnikis » (littéralement : ravisseurs) ou orpailleurs clandestins.

Ces exploitants irréguliers ont cependant leurs bons côtés : ils se chargent de faire gratuitement des investigations en forêt et, intelligemment surveillés, ils peuvent donner des indications précieuses dont saura profiter un bon chef de recherches.

On peut en effet, en étant renseigné sur les agissements de ces chercheurs, soit leur acheter au moment propice leur découverte, s'ils ont déposé une demande régulière de concession ; soit en prenant leurs lieu et place par une demande faite dans les formes légales, s'ils se contentent, comme c'est le cas général, d'exploiter les placcrs non attribués en rapinant à droite et à gauche. En un mot, ce sont d'excellents indicateurs pour une personne au courant des mœurs du pays, qui sait surveiller ces amateurs et tirer parti au moment propice de cette population, peu recommandable d'ailleurs, d'aventuriers chercheurs d'or.

Les chefs de partie qui ont fait une découverte heureuse

reçoivent, en outre de leur salaire, une participation dans l'or à extraire des placers par eux indiqués. Elle consiste dans une somme fixe, variant entre 200 et 200 roubles par poud d'or brut extrait, ce qui présente cet avantage pour le bénéficiaire qu'elle le fait participer d'une façon certaine aux produits de l'exploitation du placer par lui trouvé, sans l'exposer à prendre sa part aux pertes. La perception de cette redevance ne peut donner lieu à aucune inquisition fâcheuse, les chiffres de production de chaque placer étant officiellement publiés chaque année par l'Administration des Mines d'Irkoutsk.

Frais d'une expédition. — La dépense à prévoir pour l'envoi d'une «partie » de 10 hommes, y compris leur chef ou staroste, tous frais payés, pendant une saison d'hiver, est en moyenne de 1.000 roubles par homme, soit 10.000 roubles pour le coût total de l'expédition. Les résultats peuvent être, comme on le comprend aisément, nuls ou magnifiques; le risque est en tout cas très grand si on ne tente qu'une expédition isolée. Au contraire les sociétés qui envoient chaque hiver des expéditions de ce genre finissent par avoir des journaux de recherches très complets sur toutes les régions aurifères, journaux qui servent de guide pour l'avenir : l'insuccès même de certaines « parties » servant à éviter l'envoi d'expéditions dans les zones reconnues comme définitivement stériles. Ces renseignements privés sont naturellement tenus dans le plus grand secret, et les archives de ce genre ne sont jamais communiquées aux tiers. Pour la môme raison, les découvertes heureuses ne sont pas transcrites telles quelles, dans la déclaration réglementaire à la police. On provoquerait immédiatement un «rush» des « khischnikis » ou de concurrents sérieux sur ce nouvel Eldorado, d'où résulteraient des ennuis sans fin.

Comme toujours, il se mêle un peu de superstition aux découvertes heureuses; les légendes sur ce sujet abondent. Un riche placer en Transbaïkalie a été découvert grâce au concours aussi gratuit qu'involontaire, des « tarbaganes», sortes de gros rats de prairies qui fourmillent dans le pays, creusant des terriers profonds dont ils retirent un cône de déblai sur lequel ils se perchent en sentinelle pour disparaître au premier signal de danger. Un chercheur aux abois, exténué par les fatigues d'une campagne absolument

négative, prend un de ces déblais pour oreiller, s'y endort, rêve qu'il couche sur une paillasse de roubles, se réveille en sursaut, lave son oreiller et découvre le trésor!

Un autre, rentrant de nuit chez lui en état complet d'ivresse, tombe de cheval, se réveille après avoir cuvé son vin et, idée fixe d'ivrogne, veut à toute force foncer un « chourf » sur le lieu de sa chute; il y trouve une alluvion à teneur fantastique. Cette découverte lui profita peu : gavé de liqueurs, il mourut peu après de délirium tremens !

Beaucoup de Sibériens, même dans les classes instruites, sont encore d'une superstition incroyable : ainsi ils attribuent une grande importance au nom donné au placer. Innombrables sont les Blagoviestchensk (Bonne-Nouvelle, Annonciation), les Nadiéjda (Espérance), les Vissioly (Joyeux). Les noms de fêtes religieuses sont aussi très en faveur! : les Rodjestvensky (Noël), Préobrajensky (Transfiguration), Vozdvijeusky (Erection de la Croix), abondent. On peut rapprocher ces noms de ceux donnés aux placers célèbres des Guyanes et du Venezuela. « Pas-trop-tôt, Enfin, Dernière Chance, A-Dieu-Vat, Dieu-Merci, Tard- Venu », etc., qui marquent bien la psychologie uniforme des chercheurs d'or en tous pays.

" MÉTHODE GUYANAISE

En Guyane française, les prospecteurs du pays opèrent aussi par puits creusés et la main. Ce n'est que dans ces dernières années que j'y ai introduit le sondage à la tige pour préparer des affaires de dragages, exigeant la prise d'échantillons sous l'eau, opération qui n'est pas possible par puits.

Avant de décrire la méthode de travail, je donnerai quelques indications indispensables sur la manière dont se présentent les alluvions aurifères dans cette Colonie.

Un fait général qui frappe tous les observateurs qui étudient ce pays, c'est la présence sur tout le territoire de la Guyane, recouverte par des alluvions modernes ou quaternaires, d'une couche détritique de quartz blanc, qui se rencontre non seulement dans les vallées actuelles, mais même sur des points qui, h première vue, se trouvent situés hors de la portée des eaux sédimentaires de notre époque.

La profondeur de cette couche au-dessous du sol actuel varie de 2 mètres et au delà, à quelques centimètres seulement ; parfois môme elle affleure directement à la surface. Elle est recouverte tantôt d'argile pure, grise ou jaune, tantôt d'argile mêlée de cailloux ; mais ces derniers sont de nature différente de ceux qui se trouvent dans l'alluvion aurifère et peuvent être des débris de schistes, de granit, de gneiss, etc., tandis que ce qu'on désigne en Guyane sous le nom de « la couche » est composé de quartz blanc presque sans mélange.

Distribution de la couche. — On trouve par exemple la couche sous toutes les terres moyennes et basses delà Guyane, notamment sous toute la région des savanes où elle passe même parfois, en se rapprochant de la mer, à un véritable sable blanc. Dès qu'on remonte au contraire sur les premiers contreforts, la couche se localise dans le voisinage des thalwegs ; enfin, dans la région des placers, elle est strictement limitée à la largeur de la vallée actuelle.

La contemporanéité de la couche aurifère et des quartz et sables blancs qui forment le sous-sol des terres basses est donc nettement établie et nous reporte au début de la période quaternaire, époque à laquelle les érosions puissantes auxquelles a été soumis l'ensemble du pays ont détruit toutes les roches autres que le quartz, que sa dureté a préservé d'une disparition complète, tandis que les autres matériaux ont contribué à la formation des vastes estuaires et des plages vaseuses, qui prolongent au loin sous la mer les terres alluvionnaires des Guyanes.

La couche existe dans le lit des rivières actuelles. — Il suit de là que les rivières actuelles de la Guyane coulent toutes sur la couche en question. Il est facile de s'en convaincre dans n'importe quelle rivière, grande ou petite, où l'on se trouve. Le phénomène est parfois caché par des bancs de sable ou de gravier récents, que la rivière charrie ; mais, ces causes perturbatrices mises à part, on retrouve immédiatement, simplement en sondant avec une barre à mine ou une simple perche, la couche quartzeuse au fond des rivières. C'est en un mot, comme on le voit, un phénomène qui, par sa généralité et par sa constance, décèle une action puissante et continue, exercée pendant une durée prolongée sur les terrains anciens qui forment exclusivement le sol de la Guyane.

La couche repose sur la glaise. — Une autre caractéristique trè importante de la «couche», c'est qu'elle repose, tant dans les régions où elle est aurifère que dans celles où elle est stérile, sur une couche de glaise d'une couleur et d'un aspect particulier audessous de laquelle elle ne se prolonge pas.

Tous les prospecteurs guyanais connaissent parfaitement cette circonstance et, dans leurs trous de prospection, dès qu'ils arrivent à cette glaise, dès qu'ils ont «touché», suivant leur expression pittoresque, ils arrêtent immédiatement le sondage en recueillant soigneusement les derniers centimètres de la couche en contact immédiat avec la glaise, ainsi qu'une épaisseur de 5 à 10 centimètres de cette dernière, ces deux parties constituant la portion la plus riche de l'alluvion. Ils ne foncent jamais au-dessous, et les nombreux sondages que j'ai opérés à travers cette couche de glaise m'ont prouvé qu'ils avaient parfaitement raison d'agir ainsi.

11 semble en effet à première vue, et c'est l'impression qui ressort immédiatement de la lecture des documents antérieurement publiés sur la Guyane, que les placers exploités jusqu'à présent pouvaient n'avoir pas atteint le bed-rock véritable et qu'il fallait approfondir les sondages jusqu'à ce qu'on rencontre le fond solide sur lequel, selon toute probabilité, devait se trouver une couche de richesse supérieure.

La règle est en effet, comme on le sait, que le bed-rock, le lit effectif du placer, la roche encaissante en un mot, doit toujours être, comme son nom classique de bed-rock l'indique, une formation solide, schisteuse ou granitique, suivant la formation générale du pays.

C'est dans les interstices et dans les cavités de ce bed-rock que viennent se loger les pépites, d'où cette règle bien connue des exploitants de placers, de laver non seulement l'alluvion ellemême, mais encore les premiers centimètres du bed-rock proprement dit. Il arrive même souvent, surtout lorsque les feuillets d'un schiste disposé transversalement au cours de la vallée ont formé une série de riffles naturels, que l'exploitant a intérêt à faire sauter, même à la dynamite, plusieurs décimètres du bed-rock pour y recueillir les riches intrusions d'or qui se sont logées dans les fentes.

Tant qu'on n'a pas atteint ce bed-rock caractéristique, on peut

considérer les couches aurifères reposant sur de la glaise comme des couches intermédiaires et s'attendre par conséquent à de nouvelles découvertes en traversant cette argile interposée.

La glaise constitue un bed-rock véritable. — Dès les premiers sondages je me suis aperçu que tel n'était pas le cas pour la Guyane et que la glaise était bien le véritable et unique bed-rock.

D'ailleurs, en analysant de plus près le mode de répartition de

SONDAGE DU PLACER BLAGOV1ETSCIJENSK (tRANSBAÏKALIE)

Mai

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