DES RECHERCHES EN PAYS TROPICAUX
Je prendrai, comme exemple, les recherches dans les forêts tropicales des Guyanes ou de la Côte Occidentale d'Afrique (Gold Coast, Côte d'Ivoire, etc.), où se trouvent réunies les conditions les plus difficiles.
Des prospecteurs guyanais. — Tout le monde est chercheur d'or en Guyane, soit pour son propre compte, soit pour le compte d'autrui, et souvent on cumule ces deux conditions. Les chercheurs
individuels, désignés sous le nom générique de maraudeurs, se mettent en campagne de préférence à l'entrée de la belle saison. Us •attendent en tous cas que le niveau des eaux dans les rivières rende le passage des sauts moins difficiles.
C'est à l'époque des eaux moyennes que les circonstances sont pour eux les plus favorables ; car les très grandes eaux comme l'étiage sont également h éviter. Les rivières étant en effet Tunique moyen de pénétration dans l'intérieur — et quel moyen! — il importe de profiter des niveaux convenables pour pouvoir franchir les sauts, sans avoir h pratiquer trop fréquemment l'opération du transbordement à dos d'homme, qui s'impose presque à chaque rapide quand les eaux sont basses.
D'autre part, il faut pouvoir remonter à la pagaye ou au takari (sorte de longue perche en bois), dont les nègres boshs se servent avec beaucoup d'habileté pour pousser, àbras, leurs canots et contre-courant.
D'après les constatations que j'ai faites à plusieurs reprises, on ne peut guère remonter de la sorte un courant ayant une vitesse supérieure à 1 mètre par seconde : aussi les transports sont-ils complètement interrompus à l'époque des hautes eaux et même, en certains points, par des eaux moyennes. Les embarcations en remonte rasent toujours les bords, se glissant parfois sous la voûte sombre des lianes qui retombent en cascade sur la rivière. Souvent même les mariniers s'accrochent aux branches pour se haler sur elles dans les passages difficiles.
Des pirogues. — Les embarcations employées pour ce genre de transport sont parfaitement adaptées aux conditions spéciales de cette navigation. Ce sont des pirogues étroites et longues, creusées d'une seule pièce dans un tronc de « ouapa » [Tamarindus indicà)^ de grignon (Mora excelsa), une légumineuse qui donne des vrilles splendides, ou d'angélique (Nectandra Rodieei), construites avec beaucoup d'habileté par les nègres boshs. Ils en font de toutes les dimensions, depuis les esquifs légers, qui servent aux femmes pour aller de la case aux abatis voisins, jusqu'aux pirogues destinées au transport de marchandises lourdes, qui atteignent jusqu'à 16 mètres de longueur. La figure 46 donne la coupe et le plan d'une pirogue dite de 12 barils, le type le plus couramment employé pour le ravitaillement des placèrs. ; ; "