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ESTIMATION DE LA TENEUR

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Pelle criminelle

Batee

tées : une à la surface de la couche, une deuxième dans le milieu et une troisième à sa base, en ajoutant dans cette dernière les premiers centimètres du bed-rock.

La teneur de cette dernière est seule Pelle inscrite, et c'est là, comme on va le voir, une cause d'erreur considérable, quand on n'est pas prévenu, dans l'appréciation de la richesse en or des alluvions guyanaises.

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Fio. 49. — Outils du prospecteur.

Estimation de la teneur en or des alluvions. — La bâtée normale de prospection correspond à un volume de terre de 7 litres environ : de façon que la teneur au mètre cube s'obtient en multipliant par 150 le poids d'or donné par le lavage d'une bâtée.

En fait, on ne pèse jamais en Guyane la quantité d'or donnée par une bâtée. Sur aucun des placers que j'ai visités il ne m'a été possible de trouver une balance sensible au demi-centigramme. Les prospecteurs jugent immédiatement, par la simple inspection de la quantité d'or restant dans la bâtée, la teneur estimée de l'alluvion. Us possèdent à cet effet une série d'expressions qui déconcertent un peu au premier abord et qu'il convient de traduire en chiffres.

Échelle des teneurs. — En se reportant au table ou de la page 76 on voit que le degré le plus bas de leur échelle est ce qu'ils appellent une « oueille », corruption créole du mot œil, qui signifie un point, une trace d'or; mais, néanmoins, c'est déjà une trace nette, distincte, différente par conséquent de ce que les prospecteurs américains appellent la couleur, car ce mot est aussi employé par les Guyanais, comme on va le voir plus loin, dans un sens tout différent.

La couleur, pour les Américains, ne consiste pas dans le fait d'apercevoir, au milieu du sable noir qui reste dans la bâtée, un point d'or distinct, de dimensions définies; la couleur, aux Etats-

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Unis, consiste dans un léger éclaircissement dans le ton du sable noir qu'un œil exercé perçoit immédiatement sur le bord extérieur du croissant, quand on incline la bâtée au dernier temps du lavage; cet éclaircissement est dû à la présence de grains imperceptibles d'or. Un prospecteur américain vous dira aussitôt : cette alluvion contient : néant; une couleur; deux couleurs, etc. Dix couleurs de cette espèce ne correspondent pas à une teneur au mètre cube supérieure à un centigramme.

La couleur guyanaise est, comme on va le voir, équivalente à des teneurs autrement fortes.

Les « oueilles »guyanaises ne présentent, dans l'esprit des prospecteurs locaux, aucune espèce d'intérêt, vu qu'ils ne considèrent même pas comme exploitable ce qu'ils appellent la couleur faible*, qui correspond à une teneur de 1 gramme, soit à une valeur de 2 fr.-70 par mètre cube. •

On peut compter qu'il faut, suivant les cas, de 15 à 20 oueilles pour équivaloir à la couleur faible. Comme, d'autre part, il y a 150 bâtées au mèlre cube, on voit que le poids effectif de l'or donné par une bâtée représentant la couleur faible est de:

p ...- — = 6 milligrammes et demi,

correspondant à une valeur de 1,755 centimes.

L'oueille elle-même, qui est la quinzième ou la vingtième partie de la couleur faible, vaut donc, très approximativement :

i millime (1/10 de centime)

et pèse :

6 millifir. 1/2

— " — = 0,3 a 0,4 milligramme.

Au-dessus de la couleur faible qui est, je le répète, le premier degré auquel les prospecteurs guyanais donnent l'importance restreinte qui s'attache à une simple indication, vient la couleur forie •, qui est à peu près le double de la couleur faible, équivalente par conséquent à 5 ou 6 francs le mètre cube.

« On commence à partir de là à compter par : « soits à la bâtée », c'est-à-dire que les prospecteurs estiment la valeur, exprimée en

ESTIMATION DE LA TEtfEUR U$

monnaie décimale, du poids d'or donné par la bâtée. Une bâtée de deux sous équivaut par conséquent à un poids estimé d'or, valant 10 centimes, soit 37 milligrammes. La teneur au mètre cube d une pareille aMuvion s'obtient en multipliant ce poids par 150, ce qui donne environ 5*r,5, soit une valeur de 15 francs.

On remarquera qu'ils, estiment en général les teneurs de 10 en 10 centimes, saiif pour le « sou marqué», monnaie locale, dont on se sert encore aujourd'hui à Cayenne, et dont la valeur actuelle est effectivement de 10 centimes dans les échanges courants, mais qui, dans le langage conventionnel des prospecteurs, représente une teneur intermédiaire entre 10 et 20 centimes. On peut l'assimiler à 15 centimes.

J'ai déjà donné, à la page 76, un tableau de l'échelle complète des teneurs guyanaises, comparées aux dénominations analogues des autres pays aurifères. Je n'y reviendrai donc pqs ici.

Ce tableau est poussé jusqu'à des teneurs qu'on peut considérer comme colossales ; on a fait pourtant à plusieurs reprises, sous mes yeux, et j'ai lavé moi-même sur des placers, en vérité très productifs mais pas exceptionnels, des bâtées de 1 fr. 50 et 2 francs.

Il faut se rappeler, pour arriver à une saine appréciation des choses, que les prospecteurs estiment la teneur d'une alluvion en y prélevant les quelques centimètres les plus riches au contact du bed-rock, ainsi que les premiers centimètres de ce dernier. C'est pour ainsi dire un écrémage de la couche. Mais, même dans cette zone d'enrichissement maxima, ils choisissent ce qu'ils nomment <% la veine », c'est-à-dire l'étendue parfois très restreinte, dépassant rarement 2 ou 3 mètres, dans laquelle se trouve concentrée la richesse maxima de la couche. Us ont, pour suivre cette veine dont le tracé est parfois assez sinueux, un flair extraordinaire, et c'est toujours dans elle qu'ils frappent, comme par hasard, quand ils vous conduisent pour tàter l'alluvion dans une vallée.

Des variations dans l'appréciation des teneurs. — Un autre point à noter dans ces estimations des teneurs en Guyane, c'est que l'échelle que je viens d'établir n'est pas absolument fixe. Les corrélations que j'y ai établies correspondent bien à la moyenne de ce qu'on admet généralement comme représentant la valeur réelle des évaluations par « sous à la bâtée » ; mais, dans la recherche de placers, lès prospecteurs forcent en général en moins les estima-

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tions que leur donnent la balée, et cela pour tenir compte des difficultés que présente l'ouverture d'une exploitation nouvelle dans une région dénuée de ressources. Unealluvion valant « 1 sou marqué », par exemple, dans le haut Approuague ou sur l'Awa, serait estimée 4 sous sur les placers du Sinnamary, de la Mana ou de la Comté, accessibles par chaloupes à vapeur.

De V application des teneurs moyennes. — Quoi qu'il en soit, le grave défaut de ces appréciations réside moins dans leur variabilité que dans le fait qu'elles ne s'appliquent qu'à une portion somme toute très restreinte du gîte. Elles suffisent aux prospecteurs guyanais, parce que tout ce qui est en dehors de la veine étant pour eux inexploitable, ne les intéresse pas; mais elles ont le défaut, dans une étude comme celle que j'ai entreprise, de ne renseigner que très imparfaitement sur la teneur réelle des alluvions aurifères.

Du déboisement. — Les placers n'échappent pas à la végétation exubérante qui couvre le sol sous les tropiques. Les arbres qui croissent dans le fond des vallées sont heureusement moins colossaux que ceux qui poussent sur les terrains plus secs. 'Les eaux provenant des pluies continuelles trouvant peu de facilité pour se frayer un chemin à travers les racines enchevêtrées, qui forment un véritable tissu h la surface du sol, entretiennent une stagnation défavorable aux essences de bois durs. En fait, la plupart des vallées à placers sont de véritables marais encombrés par des racines d'arbres dans lesquelles on trébuche constamment contre les jambes-chien, sortes de racines qui rejettent de proche en proche formant un inextricable dédale très dangereux pour les piétons. Dans les vallées d'une certaine largeur, la rivière s'est généralement creusé un lit entre deux berges encaissées. À droite et à gauche de ce lit et jusqu'au pied des montagnes s'étend un terrain horizontal, recouvert par les eaux seulement aux époques des crues, que les Guyanais désignent sous le nom impropre de « marécages » bien que l'eau n'y séjourne pas d'une manière constante. Sur ces terrains, la végétation arborescente est à peu près aussi puissante que sur les montagnes ; mais on n'a que rarement travaillé des alluvions situées sous ce genre de marécages.

Les placers se trouvent en général dans des vallées de 100 à

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