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MÉTHODE POUR LES RECHERCHES DANS LES FORÊTS TROPICALES

Des levés topographiques en forêt. — On est privé, dans les forêts tropicales qui couvrent le sol d'une façon continue, d'un important élément d'appréciation dont se rendent bien compte tous ceux qui, par le fait de leurs occupations, ont été appelés à diriger des prospections dans un pays inconnu : c'est l'absence totale de toute vue en dehors du voisinage immédiat du point où l'on se trouve, môme quand on se place sur des crêtes élevées. C'est l'effet du manteau continu de végétation forestière, qui règne sur toute la surface du pays. Je n'ai pas vu une seule montagne dénudée pendant le cours de mes nombreux séjours dans la Guyane, et les explorateurs primitifs, Le Blond, Crcvaux, n'ont jamais manqué de signaler les rares pitons granitiques dépourvus de végétation qu'ils ont rencontrés, comme un fait extraordinaire et digne de remarque. . On ne peut donc pas se faire a priori d'idée générale sur l'orographie du pays, ni se renseigner, même approximativement, sur la direction des plissements principaux qui ont affecté la région qu'on

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se propose d'examiner. On en est réduit, pour l'estimation de la surface probable des bassins des diverses rivières qu'on a l'intention d'explorer, à leur débit comparatif, au pointoù elles se jettent dans la rivière principale, qui sert de voie de pénétration. Ce n'est pas toujours facile, car le confluent des deux coursd'eau est si fréquemment encombré et même parfois si complètement caché par la végétation intense qui caractérise les bords des rivières qu'on est exposé, de ce chef, à de grossières erreurs. Telle rivière dont l'embouchure passe presque inaperçue quand on n'en connaît pas l'emplacement exact, se trouve, une fois le rideau littoral franchi, être navigable, même en chaloupe à vapeur, sur un parcours de plusieurs dizaines de kilomètres.

Il est inutile de dire que, dans ces conditions, toute triangulation est rendue impossible et que le seul moyen pratique, pour lever des plans, consiste à faire des cheminements par eau ou par terre, à la boussole et au baromètre.

Etapes successives d'une prospection. — 11 faut distinguer dans les prospections deux séries de travaux correspondant à deux ordresd'idées bien distincts : la première série d'opérations, à laquelle s applique plus spécialement le terme de prospection, a pour but de rechercher dans une région déterminée, généralement vaste, s'il existe ou non des alluvions aurifères. La deuxième série de travaux s'applique plus spécialement aux vallées dans lesquelles la prospection d'ensemble a démontré déjà l'existence de l'or, même en quantité non payante, et constitue, à vrai dire, plutôt un travail préparatoire de sondage qu'une prospection proprement dite. Les uns et les autres de ces travaux doivent s'exécuter suivant certaines règles que je vais établir.

1° Prospection préalable. — En principe, ces recherches doivent s'exécuter au moyen de lignes droites, dirigées à l'intérieur des zones d'enrichissement, parallèlement à leur direction générale supposée.^ On doit s'attacher surtout, dans leur exécution, à se diriger parallèlement au plissement général du pays, de façon à recouper successivement le réseau des rivières descendant d'un même côté du plissement principal, ce qui multiplie d'autant, comme on le conçoit aisément, les chances de recouper des alluvions aurifères, s'il en existe dans la région considérée.

Du tracé des lignes. — La position de cette ligne par rapport à la ligne de faite principale n'est pas indifférente.

11 est tout aussi fâcheux de prospecter les alluvions par leur tête que par leur extrémité inférieure en plaine. Dans le premier cas, en effet, on se trouve dans une région d'accès extrêmement difficile ; les Tavins, encombrés d'énormes cailloux roulés, se prêtent mai h la prospection ; For, irrégulièrement réparti en nids, peut facile* ment échapper aux recherches. Dans le second cas, la couche de stérile est généralement très épaisse, les teneurs infimes ; l'alluvion, très élargie, exige souvent le creusement de plusieurs trous pour rencontrer la partie la plus riche, la « veine » du placer.

C'est à mi-côte, dans les parties où la pente moyenne du fond ne dépasse pas 1 1/2 à 2 0/0, que se trouvent réunies les conditions les plus favorables à la rencontre d'un enrichissement maximum « C'est donc dans cette zone qu'il convient d'établir le point de départ de la prospection.

Je donne comme exemple de cette méthode, une prospection que j'ai exécutée en Guyane française, pendant le mois de septembre 1897 et qui a porté sur la ligne divisoire de trois bassins, à savoir : celui des rivières Orapu et Counana et du fleuve Âpprouague. On y trouvera aussi un exemple de sondage, à contre-versant, qui a été couronné de succès (fig. 50).

Conduite de la ligne. — il importe, une fois qu'on s'est engagé sur le versant d'une chaîne, de ne pas passer, au moins sans le savoir, sur un versant opposé. Il ne faut pas se fier uniquement au fait qu'on rencontre des criques coulant en sens inverse de la direction générale du versant pour en conclure qu'on a franchi la ligne de faîte ; car il arrive fréquemment que les criques ont des coudes brusques et qu'on rencontre, après un certain parcours, la même crique qui avait paru avoir une direction anormale, coulant cette fois dans le bon sens.

Emploi du baromètre. — C'est dans ces cas que le baromètre constitue un précieux auxiliaire, car, en le consultant chaque fois qu'on traverse un thalweg ou une crête, on se rend parfaitement compte des niveaux respectifs des différents thalwegs, ce qui donne une indication précise, exacte, au point de vue de la limitation des divers bassins qu'on recoupe.

Les variations barométriques sont, en général, assez faibles en

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