DRAGUES A OR
2 H l'industrie aurifère
mais il faut alors mettre 4 hommes au treuil de l'élinde et diminuer la vitesse d'extraction de moitié, au moyen d'un double engrenage.
Dragues actionnées par roues pendantes. — La Clutha étant une rivière à courant rapide, l'idée la plus naturelle était d'employer la vitesse même du courant pour actionner, au moyen de roues pendantes, le treuil de relevage de la pelta. Plusieurs de ces dragues ont été encore en service jusqu'à ces derniers temps. Personnellement, je n'en ai pas vu au travail pendant mes séjours en Nouvelle-Zélande, car elles étaient déjà, pour la plupart, transformées en appareils à vapeur à l'époque de ma première visite (1885). On ne pouvait, avec elles, draguer que dans le fil de l'eau, et, dès qu'on papillonnait sous un angle trop fort, l'action du courant devenait insuffisante pour actionner .le treuil de relevage. Il était, dans ces conditions, impossible de draguer dans les anses ou sur les bords, bien que la profondeur de l'eau y fût favorable; mais le courant y était nul ou trop ralenti.
Dragues à vapeur. — Dès 1870, un mineur nommé Sedeberg installa une petite machine à vapeur pour actionner la pelle. Cet appareil fonctionna et donna de bons rendements pendant deux ans; mais les quantités de tailings envoyés par les exploitants latéraux, qui travaillaient par la méthode hydraulique, augmentant sans cesse, il fallait évidemment des appareils plus puissants, pour répondre aux nouvelles exigences du travail.
C'est en 1882 seulement qu'apparut la première drague à godets et à vapeur ', établie par M. Charles Mac Queen et construite par la Compagnie de Dunedin. Cet appareil était monté sur une coque unique et manquait de stabilité. Il ne commença à donner des résultats qu'après qu'un chef de drague, ancien marin, nommé Mac Lay, homme de bon sens, un « self-mademan » dans toute l'acception du terme, lui eût adjoint deux flotteurs latéraux. Depuis cette époque, toutes les dragues à or sont montées sur double ponton.
Cette drague est encore en service. Elle a donné, depuis sa mise à flot, des résultats variables suivant les claims qu'elle a travaillés, atteignant des productions moyennes de 4kg,500 d'or par semaine. Sa plus haute production a été de 5kg,250 (175 onces) en six jours de travail. Elle a extrait de la Clutha, en seize années de travail, 480 kilogrammes d'or valant 1.500.000 francs.
DR Alites 1 OR 215
En 1889, un riche Chinois nommé Sew Hou-, forma une Compagnie au capital de 3.000 livres sterling en actions de 10 livres sterling pour installer une drague sur un affluent du hawarau River, nommé le Shotover. Ce placer avait été déjà repassé trois fois : deux fois par des Européens et ensuite par des Chinois. Malgré cela les résultats furent merveilleux; les actions montèrent à 350 livres sterling chaque, et cette réussite fut le point de départ d'un
Fio. Si. — Cailloux accumulés par l'élévateur.
« boom » formidable. On monta des dragues sur une foule de placers abandonnés, sans y faire de prospection préalable, et beaucoup de ces affaires durent liquider à perte.
Les daims de Shotover ont produit pardragage plus de 10 millions de francs d'or retirés de sables, lavés cependant déjà à plusieurs reprises avant d'être dragués.
Emploi d'élécateurs pour les tailinys. — Cette situation a duré jusqu'en 1894, époque à laquelle ont commencé à apparaître les dragues avec "élévateurs en queue » (lail elevalors). Ce perfectionnement a permis d'accroître considérablement le rayon d'action des dragues à or, confinées jusqu'alors au dragage des lits de rivière, tandis qu'avec l'adjonction de ces élévateurs on peut draguer n'importe quel placer, même privé d'eau courante.
Les principaux ingénieurs constructeurs de dragues en Nou-
velle-Zélande, MM. .F-W. Pagne, W.-H. Ciitten, E. Roberts, etc., M. /?.-ff. Postlethwaite aux Etats-Unis, dessinent toutes leurs dragues, destinées à travailler en butte, avec des élévateurs en queue La tendance est mOme de donner à ces organes d'évacuation des dimensions de plus en plus grandes, de manière à pouvoir entasser les tailings à l'arrière sur des hauteurs croissantes (fig. 84).
On augmente en même temps la dimension des godets et, par conséquent, la capacité de la drague, dans des proportions considérables.
On peut dire, en résumé, que les petits appareils ont vécu, et nous expliquerons plus loin les raisons pour lesquelles des engins puissants sont seuls capables de répondre aux exigences du travail qu'on demande aux dragues à or.
Cet accroissement de capacité permet d'envisager avec sécurité l'exploitation d'alluvions ayant des teneurs en métal précieux de plus en plus faibles, car les frais généraux et les frais de main d'œuvre sont les mêmes ou à peu près, quelle que soit la capacité de ces appareils.
On n'est pratiquement limité dans cette voie que par des considérations relatives au transport des appareils dans les pays neufs, privés de voies de communication et aussi par l'impossibilité d'assurer aux matières aurifères, préalablement diluées dans des torrents d'eau, des surfaces d'écoulement suffisantes pour permettre la séparation de l'or sur le parcours, généralement assez court, des sluices portés par les dragues.
Dragues électriques. — L'emploi des moteurs électriques, qui commence à se faire jour pour actionner les dragues à or, parait constituer un nouveau et considérable progrès dans la construction de ces appareils. On peut concentrer sous une même main, celle du chef dragueur, installé dans un poste confortable, toutes les machines du bord aussi bien les treuils de papillonnage et d'élinde que les machines qui mettent en mouvement la chaîne à godets, le trommel classeur, l'élévateur de queue, etc.
Une autre considération en faveur des dragues actionnées électriquement, c'est que le poids des machines mises à bord est considérablement diminué : avantage important, car les dragues à or étant, par la nature même du travail dont on les charge, exposées aux échouages, doivent avoir un très faible tirant d'eau.