DRAGUES A GODETS
ment dite et qui passent aussi assez facilement; niais, quand on arrive à la partie inférieure et réellement riche de la couche, on a affaire à un mélange d'argile et de cailloux, ces derniers parfois trop gros et anguleux, qui se délaient mal. Lorsque la crépine d'aspiration pénètre dans un tel terrain, elle ne tarde pas à être bloquée par des cailloux trop gros pour passer par la pompe, et cette dernière ne monte dès lors plus que de l'eau claire. On réalise un filtre à gravier, alors qu'il faudrait monter un mélange boueux.
L'insuccès de ce genre d'appareil a été, à ma connaissance, une des principales causes du discrédit dans lequel est tombé, pendant longtemps, l'emploi delà drague pour l'exploitation des placers. Il était cependant facile à prévoir que ce système ne répondait nullement aux conditions essentielles du problème.
Dragues à godets. — Les chaînes à godets doivent être établies de manière à permettre le remplacement facile des pièces qui s'usent. C'est une utopie que d'espérer, par l'emploi de métaux exceptionnellement résistants et coûteux : acier chromé, acier au nickel, etc., arriver à supprimer r usure dans les dragues.
Ces appareils, destinés à fonctionner au contact de matières sableuses, dans une eau généralement très bourbeuse, avec des .chocs inévitables et fréquents, doivent obligatoirement et fatalement sJuser. Il faut donc les étudier de manière à faire porter cette usure sur certaines pièces bien déterminées, faciles à remplacer, et le changement de ces pièces doit être compris dans les frais d'entretien normaux d'une drague en service.
Ce sont surtout les bagues des axes, les axes eux-mêmes et les •lèvres des godets qui sont soumis à des remplacements fréquents. On doit toujours, cela va sans dire, avoir sur le placer un stock en nombre suffisant de ces pièces de rechange.
En ce qui concerne les lèvres, il nyapas d'avantage à les munir de dents ou de grappins. Ces appendices sont rapidement mis hors d'usage.
Un point essentiel à observer, c'est que les fonds de godets qui s'exécutent en général en tôle d'acier emboutie d'une seule pièce, soient bien é tanches pour éviter les fuites dor. Il faut aussi donner aux godets une forme assez évasée pour que lalluvion se décolle bien au moment du renversement au passage sur le tourteau supérieur.
La vitesse de passage des godets varie dans des limites assez restreintes. On ne doit pas dépasser 16 à 17 à la minute et on ne descend guère au-dessous de 10 à 12.
Contenance des godets. — A propos de la contenance des godets, la tendance, comme je l'ai dit, est à faire de plus en plus grand. La capacité de la drague est, on le comprend, en raison directe du volume intérieur des godets. La raison principale qui empêche de dépasser 100 à 120 litres pour ce volume, consiste dans le poids et par conséquent dans la difficulté de transport, de godets par trop volumineux.
Une des bonnes dragues de Nouvelle-Zélande, la drague Earnscleugh n° 2, est, munie de deux trommels débourbeurs placés côte à côte, au dessus des sluices. Ce dispositif n'est pas à imiter. Ses godets ont une contenance de 6 pieds cubes, soit 162 litres. Les dragues aisément transportables que je construis pour les pays tropicaux ont des godets de 100 à 110 litres. Le nombre qui passe par minute aux tourteaux est de 15, ce qui donne une capacité effective par heure de 50 mètres cubes, quantité déjà importante à classer, à laver et à évacuer, comme on va le voir.
III. Classement et lavage. — Le classement et le lavage de Fallu-, vion sur la drague même est certainement la partie la plus délicate de l'opération. On n'est arrivé au degré de perfection actuel qu'après de nombreux tâtonnements et des insuccès répétés.
Le problème est, en effet, assez complexe.
11 s'agit, d'une part, de passer dans le sluice des quantités considérables de matières, mais, d'y éviter les engorgements qui se traduiraient au bout de quelques instants par l'accumulation et le débordement des matières hors du sluice. D'autre part, il ne faut pas entraîner dans les tailings une proportion par trop notable de l'or total contenu dans l'alluvion.
Certaines dragues construites en Nouvelle-Zélande il y a une dizaine d'années, sont restées légendaires à ce point de vue. Une, entre autres, installée sur une plage maritime reconnue comme riche par une prospection préalable à la bâtée, ne put jamais arriver à retenir une parcelle d'or dans les sluices qu'elle portait. L appareil fut abandonné et la société fit faillite. Cinq ans après une drague, mieux étudiée au point de vue de la distribution du courant