DÉBOURBAGE SUR LA DRAGUE A OR
Ce premier classement a pour résultat de ne faire passer dans les sluiees à or que des matières relativement fines et de grosseur uniforme. Dans ces conditions, il est facile d'arriver à l'écoulement régulier de l'alluvion, débarrassée des gros éléments stériles, et d'avoir une séparation complète de ror sur une longueur de sluice ne dépassant pas 8 à 10 mètres.
Quantité (Teau nécessaire. — La quantité d'eau nécessaire pour un bon lavage se trouve aussi très diminuée par ce classement préalable. On sait, en effet, qu'il est indispensable de mettre une alluvion aurifère en suspension dans une quantité d'eau décuple au moins de son propre volume , pour assurer une bonne séparation de lor. En conséquence, si 1 mètre cube d'alluvion aurifère, contenant par exemple 50 0/0 de cailloux supérieurs à 15 millimètres, — ce qui est un cas assez général — exige pour son lavage, sans classement préalable, 10 mètres cubes d'eau pour être efficacement dilué; ce même résultat est obtenu avec 5 mètres cubes seulement, si on a séparé auparavant la moitié de l'alluvion par un classement au trommel. C'est là une économie capitale, non seulement par la quantité beaucoup moindre d'eau qu'il est nécessaire d'élever, mais surtout par la diminution des sections d'écoulement nécessaires pour débiter, avec une vitesse convenable, l'alluvion aurifère dilué au décuple, de manière à assurer la séparation complète de l'or au moment de son passage sur les ri fil es qui pavent les sluiees.
IV. Évacuation des tailings. — J'ai dit, dans mon exposé historique, que l'emploi des élévateurs pour les tailings constituait pour les dragages aurifères un progrès tel, que, depuis leur entrée en pratique, celte industrie avait été complètement transformée. Après le classement des matières, il s'agit en effet de se débarrasser, une fois pour toutes, de la masse stérile constituée par les refus du trommel et des sluiees et d'évacuer ces matières à une distance suffisante de la drague pour éviter t ensablement de l'appareil, quelles que soient les positions qu'il est appelé à prendre pendant le papillonnage.
Tant que le dragage a été confiné à l'exploitation des lits de rivières, cette question d'évacuation n'a pas inquiété les constructeurs, vu que la drague, travaillant toujours le nez vers l'amont,
évacue ses tailings à l'arrière et les fait entraîner par le courant de la rivière. Mais il n'en est pas de même lorsque la drague doit opérer dans un placer ordinaire, arrosé par un ruisseau sans profondeur ou même lorsque la drague, travaillant dans un cours d'eau navigable, doit attaquer les berges pour exploiter l'alluvion recouverte par ces dernières. L'appareil travaille alors «en butte»,
Fio. S7. — Drague à or travaillant en butte.
c'esl-à-dire qu'il a devant lui un front d'attaque qui dépasse parfois de plusieurs mètres le niveau de l'eau. [1 doit donc restituer les matières a l'arrière, après qu'elles ont été soumises au lavage, a une hauteur telle qu'il puisse les accumuler à un niveau sensiblement supérieur à celui de la butte qu'il attaque, puisqu'il faut tenir compte du foisonnement des matières (fig. 87).
Ce dernier élément, le foisonnement, a donné lieu à de nombreuses erreurs de construction quand on a essayé les premiers élévateurs. Cela tient à ce que le coefficient à lui appliquerest beaucoup plus considérable en opérant par classement que dans le cas ordinaire, et on s'est trompé lourdement en affectant à des allu-