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DANS LA FOUILLE

L'emploi de l'excavateur pour le traitement des alluvions aurifères n'est pas nouveau, et on verra plus loin qu'il était déjà appliqué en Sibérie, lors de mes premiers voyages dans cette contrée, çn 1895 et 1897. Il fonctionnait aussi vers cette époque aux États- Unis; mais, dans toutes ses applications, cet appareil était utilisé pour l'opération de terrassement proprement dite et ne constituait, somme toute, qu'un moyen de pelletage plus économique et plus puissant que la main-d'œuvre despiocheurs et des chargeurs.

On le combinait avec des moyens de transport divers pour effectuer le roulage depuis le chantier jusqu'au lavoir, et on trouvera plus loin, à propos de la description de la méthode sibérienne, des indications complètes et des prix de revient du traitement des alluvions aurifères par cet appareil.

EXPLOITATION AU MOYEN d'eXCAVATBUR 26S

Mais, dans la classe dont je fais en ce moment la description r Temploi de l'excavateur ne constitue qu'une partie, et non la plus importante, de la méthode. Cette dernière consiste à assurer, en m ême temps que l'excavation proprement dite au moyen d'appareils mécaniques, le lavage et l'évacuation des matières en rendant immédiatement ces dernières à la fouille. En un mot, c'est un véritable lavoir ambulant desservi par un excavateur qu'il s'agit d'organiser et de faire avancer au fur et à mesure que le front d'attaque se déplace, en laissant derrière soi, dans une situation qui ne gêne pas le chantier,, les résidus du traitement.

Choix du type d'excavateur. — On sait qu'il existe deux grandes classes d'excavateurs : ceux avec chaîne à godets et ceux, très répandus aux États-Unis, où ils portent le nom de « steam shovels » (pelles à vapeur), qui sont essentiellement constitués par un récipient en forte tôle, manié par un système de leviers et de chaînes, qui lui impriment les mouvements convenables pour exécuter, comme le nom l'indique, un véritable pelletage, chaque pelletée pesant jusqu'à 1 1/2 et même 2 tonnes.

Les mêmes raisons qui ont été exposées en détail (Voir p. 220) da.ns l'étude sur les appareils de dragage subsistent en faveur des excav ateurs à godets de préférence au steam shovels. Cependant, les inconvénients de ces derniers sont moins sensibles avec des chantiers à la surface, où on peut voir ce qu'on fait, que dans le cas du dragage sous l'eau, où on ne voit pas l'endroit où il faut enfoncer la pelle pour nettoyer complètement et exactement le bed-rock.

Il reste toujours, en faveur des excavateurs avec chaîne à godets, la continuité et la régularité- d'alimentation, au lieu des paquets de gravier envoyés par à-coups par la pelle à vapeur dans la trémie qui précède le sluice de tête. Par contre, les pelles à vapeur coûtent moins cher que les excavateurs avec chaîne à godets.

Dans un chantier où l'excavateur travaille en «butte», suivant l'expression consacrée, c'est-à-dire lorsque l'appareil est placé sur le bed-rock, la pelle à vapeur peut, dans bien des cas, supporter la comparaison avec l'autre type. Le renvoi destailings dans la fouille est aussi, dans ce cas, très facile à installer; nous verrons plus loin comment il faut s'y prendre.

Mais dans le chantier dit « en vallée », c'est-à-dire lorsqu'on

installe l'excavateur au-dessus de Falluvion qu'il s'agit (Texcaver, l'appareil avec chaîne à godets est le seul qui convienne, et il travaille alors dans des conditions excellentes, surtout depuis qu'il est devenu possible d'enlever les matières qui se trouvent dans la fouille par une série de lits horizontaux. C'est au moyen des élindes articulées de la Lubecker Machinenbau Actiengesellschaft que ces nouveaux moyens d'excavation par couches successives ont été rendus pratiques.

En tout cas, la pelle à vapeur est indiquée pour l'excavation des alluvions gelées. Il suffit d'un coup d'œil jeté sur la partie de cet ouvrage consacré à ce genre particulier des graviers aurifères (Voir p. 420), pour comprendre qu'il ne faut les attaquer qu'avec un outil extrêmement robuste travaillant par à-coups et pouvant être construit en bois, sur place même, sauf la machinerie.

Aussi tous les excavateurs montés jusqu'à ce jour au Klondyke sont, sans exception, des steam shovels. Us ont parfaitement réussi, et seul le coût élevé que représente leur transport et leur montage en a limité jusqu'ici le nombre.

Installation d'un chantier en butte. — Voici la description «l'un chantier en butte installé sur la crique Bonanza, au Klondyke. Je donne aux figures 98, 99 et 100, un dessin schématique et deux photogravures de l'installation, qui faciliteront l'explication du texte.

Une première particularité, bien visible sur la photographie, est le mode d'avancement du chitaner. Comme les rails en fer coûteraient trop cher à porter sur place, on fait avancer tout le système aussi bien l'excavateur proprement dit que l'usine de lavage et d'évacuation des tailings, sur des longrines ou mieux sur des rondins de bois, reposant eux-mêmes sur de nombreuses et fortes traverses, qui s opposent à l'enlisage de tout cet ensemble. C'est en effet le principal inconvénient des installations de ce genre, le bed rock étant généralement argileux, on patauge constamment dans la boue, et il est souvent difficile de sortir les appareils profondément enfoncés dans la boue glacée et gluante qui a cédé sous leur poids.

Pour la même raison, il faut que l'écoulement des eaux soit assuré d'une façon effective : aussi ces chantiers sont-ils plus particulièrement indiqués pour l'exploitation des bancs de gravier élevés au-dessus du cours actuel des eaux.

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