‹ L'industrie avicole dans la province de Québec [microforme]Chapitre 25 sur 51 · DÉVELOPPEMENT ET PROGRÈS · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT ET PROGRÈS

On se rend facilement compte qu'il y a lieu de développer l’industrie si l’on considère que le Canada ne possède en tout que 25,000,000 de têtes de volaille. Les cultivateurs ne gardent pas assez de volailles. S'ils en gardaient des troupeaux plus considérables, leurs revenus augmenteraient en des proportions telles que ces messieurs se rendraient bientôt à l’évidence, seraient bientôt convaincus des profits considérables dérivant de cette culture. Et quand un homme est convaincu qu’il est de son intérêt d'adopter telle mesure, de donner telle direction à ses affaires, on peut être à peu près certain qu’il donnera à la chose au moins quelqu’attention.

Si sur chaque ferme on pouvait trouver une moyenne de volailles égale à celle que j'ai indiquée, quel accroissement nous constaterions dans l'item des volailles abattues, sien faveur aujourd’hui sur le marché, et dont on ne peut jamais s’approvisionner en quantité suffisante pour répondre à la demande. Vous serez peutêtre étonné d’apprendre que, bien que nous soyons dans le commerce depuis de longues années, jamais encore nous n’avons refusé d’acheter la volaille ou les œufs offerts par le producteur.

Le haut prix des viandes a provoqué une grande demande pour la volaille :

aussi depuis quelques années le prix des produits avicoles a subi une hausse notable.

Le développement de l'Ouest a également créé de nouveaux marchés, qui absorbent les produits jusque-là exportés.

C’est pourquoi la somme de nos produits vifs et abattus, exportés l’an dernier, (1909), s'élève seulement à $109,290.

Quand l'on considère que le marché anglais importe de divers pays pour environ $5,000,000 valant de volailles, il est facile de se faire une idée du développement possible de cette industrie ; et comme la demande s’accroît toujours sur le marché américain, ce marché offrira aussi un débouché à nos produits futurs.

Il est donc évident que les débouchés pour ces produits sont illimités.

Inutile d'ajouter que l’acheteur étranger recherche toujours les marchés qui peu-

vent fournir des produits en abondance et d’une manière Permanente, Notre impuissance à ce fairea pratiquement éloigné de nous les acheteurs de la Grande-Breta- &ne, qui nous ont rayés de leur liste comme producteurs, et qui pourtant ne seraient que irop heureux de nous transmettre leurs ::mmandes.

Une autre cause qui a pour effet de

Paralyser le progrès et le développement de ce commerce est la piètre qualité des produits généralement fournis par nos marchés.

La différence de prix entre la volaille de bonne et la volaille de mauvaise qualité, entre la volaille maigre et de q'alité inférieure, et celle abattue en de bonnes conditions est tellement évidente qu’il serait viseux de renchérir sur ce point. Je désire cependant mettre sous vos yeux quelques chiffres, lesq:.-ls touchent à un côté essentiel de la question. Jene crois Pas me tromper en disant yue cinquante Pour cent seulement de la volaille sont mis sur le marché en bonne condition.

L’hon. M. Fisher m'écrivait il y a quelques semaines que l’on évaluait à 4,177,- 583 le nombre de volailles vendues ou abattues l'année dernière dans Ontario.

Tenons compte du fait que ce nombre Comprend des poulets, des dindons, des canards et des vies, et accordons à tout le lot un poids moyen individuel de cinq livres, soit un poids total de 20,587,915 Ibs.

Sur la moitié de ce nombre de livres au moins trois sous la livre ont été perdus faute de soin dans la Préparation pour !e marché.

En d'autres termes, les cultivateurs d’Ontario ont perdu 8308,818.74.

Il ya évidemment Jà matière à réflexion.

Je ne parierais pas de la meilleure ou des meilleures méthodes d'alimentation des volailles en vue du marché, Une lettre adressée au Département de l’Agriculture À Ottawa où à l’un de nos collégues agricoles vous Procurera sur le sujet tous les renseignements voulus,

Depuis des années, la maison que je représente a adressé à ses fournisseurs, à l'automne, des circulaires expliquant com-

ment traiter la volaille en vue d’en obtenir les meilleurs résultats et les plus gros profits possibles. Ainsi, bien peu de cultivateurs peuvent plaider ignorance sur le sujet.

La volaille qui obtient le plus haut prix est celle engraissée en “cage” ou épinette !

(crate fattened).

La plupart des volailles ainsi engraissées nous sont fournies par des personnes ou des établissements qui les achètent vifs et en.

core maigres des cultivateurs, puis les engraissent elles-mêmes en vue du profit qu'il y a à tirer de cet engraissement ; aujourd'hui cependant les contingents que nous recevons directement des cultivateurs s’accroissent tous les jours.

Il me fait plaisir de dire qu'un bon nombre de ces Messieurs commencent à s'apercevoir qu'il Y à profit à convertir divers produits avicoles, Ils commencent aussi à se rendre compte que garder des troupeaux de qualité inférieure ne paie Pas, attendu que je coût de l'alimentation et des suins à donner est le même que pour de bons troupeaux, mais que les résultats sont loin d'être les mêmes.

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