LES UNIVERSITÉS ANGLAISES
jeune (i). M. Armstrong (2) insiste sur l'impérieuse nécessité qu'il y a de créer en Angleterre des laboratoires de chimie, pareils à ceux qui existent en Allemagne. Comme son collègue, le savant professeur attribue la puissante impulsion donnée à l'industrie chimique allemande à la profusion des laboratoires, à l'esprit qui y règne et à la production intellectuelle intensive dont ils sont le siège. Il montre en outre, par la description qu'il fait des nouveaux laboratoires édifiés par la Farbenfabrik d'Elberfeld, en quelle haute estime les industriels allemands ont la science pure et combien ils reconnaissent son action fécondante.
Dans une conférence faite à Owens Collège, à Manchester, sur le développement de la chimie organique pendant ces vingt-cinq dernières années, M. W. H. Perkin jeune a parlé dans le même sens et a fait observer qu'il est de la plus haute importance, pour les jeunes chimistes qui se destinent à l'industrie, de consacrer une ou deux années à des études de recherches.
Il existe d'ailleurs en Angleterre un mouvement accentué en faveur de la réorganisation de l'enseignement, mouvement auquel prennent part les hommes les plus éminents et appartenant à tous les mondes (3).
C'est sous cette forte poussée qu'il vient de se créer un Institut chimique, à Londres même, sous la direction de M. le professeur W. S. Russel.
(1) Voir aussi une correspondance, parue sous le nom de Stimme ans dem Aus lande dans la Chemischer Zeitung du 25 octobre 1893.
(2) TheNafiire.
(3) Professeur W. Ramsay, Timcs^ 8 et 9 juin 1892.
C*est pour répondre à la nécessité d'avoirdes hommes d'initiative, que Téminent industriel et chimiste éclairé M. L. Mond, vient de former le projet de fonder à ses frais, un Institut grandiose, destiné à des recherches de chimie et de physique. L'acquisition d'immeubles situés dans le voisinage de Royal Institution pour y aménager des laboratoires organisés suivant les progrès les plus récents, est déjà faite.
Au point de vue financier, cet Institut placé sous le haut patronage et la direction de Royal Institution, sera largement doté, tant pour subvenir au traitement du corps de savants appelés à diriger les travaux que pour faciliter les recherches. Les laboratoires seront de plus ouverts gratuitement non seulement aux nationaux des deux sexes, mais encore aux étrangers.
Cet établissement destiné, nous le répétons, aux recherches systématiquement originales, portera le nom de Davy-Faraday et dépassera comme importance et comme ressources, tout ce qui a été créé dans cet ordre d'idées en Grande-Bretagne, depuis de longues années.
Dans un pays d'une activité industrielle aussi intense, de nouvelles écoles, des universités conçues dansl'esprit moderne s'imposaient, car « à Oxford, à Cambridge, les collèges, monuments des temps passés, merveilleusement conservés, étaient toujours des séminaires laïques; les étudiants continuaient d'y être soumis aune règle quasi monacale. Les coutumes et l'esprit archaïques avaient résisté au vent de révolution. Les fellows, agrégés, devaient avant d'obtenir ce titre envié faire vœu de célibat.
« Pour la vie intellectuelle, on en était resté à Aristote