PROSPÉRITÉ DES UNIVERSITÉS AMÉRICAINES
Enfin TAmérique n'a pas attendu que les pouvoirs publics des différents États voulussent bien voter les fonds nécessaires à la création d'universités et d'écoles techniques.
Sur tout le territoire, d'Ithaca à la Nouvelle-Orléans, et de New- York à San Francisco, l'initiative privée a élev^ de véritables monuments à la science. Profondément attachés à leur sol, fiers de leur indépendance, mais se rendant, dans une certaine mesure, compte de la supériorité intellectuelle de l'ancien monde ; en possession de richesses incalculables, et pénétrés de l'ardent désir de faire des États-Unis le pays, au sens moral et intellectuel, le plus grand delà terre^ les Américains font assaut de générosité pour la création d'œuvres utiles et philanthropiques.
C'est par millions de francs qu'on énumère les dons faits par des particuliers aux universités existantes.
Ce sont des millions de dollars qu'on offre pour en créer d'autres. Témoin l'Université de Palo Alto, en Californie, dont la fortune s'élèvera, dit-on, d'après les estimations faites à la mort de son bienfaiteur, le sénateur Leland Stanford, à plus de 200 millions de francs.
Témoin encore l'Université de Chicago, à laquelle le richissime John D. Rockefeller n'a pas donné moins de 20 millions de francs depuis l'année 1888, sans compter 750,000 francs offerts par M. S. A. Kent, pour l'érection d'un institut chimique qui était déjà en construction au moment de l'Exposition.
Les universités, créées ainsi, jouissent d'une autonomie plus grande que celles d'Allemagne, et certaines
d'entre elles, de crainte d'être entravées dans leur liberté» hésitent même à accepter les dons de TÉtat.
La plupart se suffisent d^ailleursk elles-mêmes et, dans le nombre, il s'en trouve dont les revenus annuels se chiffrent à près de 5 millions de francs. Il en est ainsi de la Harvard University^ à Cambridge, près de Boston, dont la fortune est évaluée à 60 millions de francs.
Si l'influence de ces universités s'est fait nettement sentir sur les industries mécaniques, électriques et métallurgiques, industries qui fournissent les moyens d'exploiter rapidement les richesses du sol, elle a été sans portée sur beaucoup d'autres et, en particulier, sur l'industrie des produits chimiques.
A part les acides, les alcalis et quelques autres composés minéraux, la plupart des produits chimiques, et surtout les composés organiques, sont importés.
Cest d'ailleurs dans la voie de la grande industrie chimique que les industriels des États-Unis commenceront par faire les plus grands progrès.
Eb possession de forces hydrauliques puissantes et à bon marché, ils sont placés dans les conditions les plus avantageuses pour exploiter les procédés électrolytiques.
Nous avons déjà cité un exemple relatif au cuivre.
Le tour de la soude et du chlore ne manquera pas d'arriver. L'Europe étudie le problème, en trouvera la solution pratique, mais, n'ayant pas à sa disposition des forces naturelles suffisamment économiques, son application échoira à l'Amérique, à moins que celle-ci ne trouve de son côté une solution.