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ÉTAT LANGUISSANT DE L'INDUSTRIE FRANÇAISE

Aussi semble-t-il, à M. Lunge, inévitable que les États- Unis deviennent un jour le principal centre pourTindustrie de la soude et du chlore.

Les autres branches de Tindustrie se développeront à mesure que les hommes de science sortiront de la période d'utilitarisme qui est actuellement la caractéristique de l'enseignement supérieur en Amérique.

Nous ne voudrions cependant pas dire par là que les États-Unis ne possèdent pas de savants épris de la science pure et désintéressée. Comme en Europe, il existe en Amérique des hommes de premier ordre dans toutes les branches des connaissances humaines. Mais, plus qu'en Europe, et uniquement par suite des conditions de pays neuf où se trouvent les États-Unis, il nous semble que l'enseignement est entaché d'un caractère trop positif, trop pratique, trop immédiatement utilitaire en un mot, pour qu'il puisse donner tous les fruits qu'on est en droit d'en attendre.

Tel n'est pas le reproche qu'on peut faire à l'enseignement français. Nous verrons plus loin qu'il pèche plutôt par l'excès contraire.

Ainsi que nous l'avons fait remarquer à propos du bilan de nos importations, l'avenir de notre industrie chimique est loin d'être rassurant. Les différentes causes de cet état languissant de nos transactions ont été étudiées et exposées d'une façon magistrale par M. Lauth(l).

(1) Lauth, Rapport sur P Exposition de 1878.

Depuis cette époque, déjà lointaine, la situation ne s'est guère améliorée. Nos exportations ont légèrement augmenté à partir de Tannée 1878 jusqu'en 1884, ont ensuite de nouveau fléchi, pour revenir au point où elles étaient pendant la période décennale 1870-1880.

Les importations suivent au contraire une progression sans cesse ascendante.

Nous considérons comme superflu de discuter, à notre tour, les causes d'ordre économique pour lesquelles notre industrie chimique subit la crise dans laquelle elle se débat depuis quelques années. Elles restent les mêmes et nous ne pouvons que renvoyer au rapport déjà cité.

Certaines d'entre ces causes exercent une part d'influence sur le développement de l'industrie en général, comme par exemple la législation relative aux brevets, qui n'a pas été modifiée depuis 1844 ; d'autres, comme celles concernant les droits exorbitantsdontsontfrappés les alcools, grèvent principalement les industries des produits organiques, y compris les produits pharmaceutiques.

Nous ne reviendrons ici que sur l'une de ces causes, la plus importante à notre avis, celle qui pèse de tout son poids sur les progrès de l'industrie en général, qui pourrait en être la source fécondante : nous voulons parler de l'organisation scientifique.

Déjà, en 1878, M. Lauth avait appelé l'attention de M. le Ministre du Commerce et de l'Industrie sur la nécessité de donner un plus large développement aux études chimiques. Nous n'avons rien à ajouter à cet

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