‹ L'industrie chimique: avec figures intercalées dans le texteChapitre 25 sur 140 · ORGANISATION DE NOTRE ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE NOTRE ENSEIGNEMENT

science est-il obligé, en province surtout (1), de consacrer le meilleur de son temps à des occupations qui le détournent de ses recherches.

C'est en particulier le cas de beaucoup de nos professeurs de chimie qui trouvent dans les analyses, dans la direction de stations agronomiques ou de laboratoire des douanes, les ressources supplémentaires à l'entretien de leurs familles.

Nos plus grands esprits, ceux qui font honneur à notre pays, et dont les travaux ont été féconds en résultats pour la haute culture et pour Tindustrie, ne sont pas exempts de ces humiliantes obligations et sont contraints de chercher, dans le cumul de plusieurs fonctions, une amélioration à leur situation. Sans insister sur les nombreux inconvénients du cumul, cet éparpillementde forces constitue une perte sèche pour la science.

La France est apparemment trop pauvre pour rémunérer ses gloires scientifiques I

(I) Un professeur au CoUëge de France touche 10 000 francs. Les traitements des professeurs de la Sorbonne sont de 12000 et de 15000 francs. Les professeurs de province sont divisés en quatre classes. 30 p. 100 sont à 6000 flrancs, traitement de début, àOp. 100 à 3000, 10 p. 100 à 1003U et 10 p. 100 à 11 OOOfrancp. Actueliement le titulariat ne s'acquiert que vers 35 ans; dans quelques nnnées cette limite sera reculée à 40 ans ; or, d'après la moyenne des dernières années, il se produit environ deux vacances par an, chiffre qui se réduira de moitié d'ici peu de temps. Pendant une période assez longue, il faudra donc quinze ans à un professeur de 4* classe pour passer de li* classe, ce qui le porte à 50 ans, puis il lui faudra de nouveau attendre vingt-cinq ans pour atteindre la 2* classe (lOnOO francs), ce qui fait 75 ans. Or à 70 ans le professeur e?t mis à la retraite d'office ! I ! Nous sommes loin des 20000 à 90 030 francs que touchent un grand nombre de professeurs allemands I

Dans cette esquisse rapide de la situation de l'industrie chimique de la France, de l'Allemagne, de l'Angleterre et des États-Unis, nous avons cherché à montrer, en nous appuyant sur des documents, la part qui revient À chaque pays dans la production générale.

Nous avons passé en revue les différentes causes qui assurent ou retardent le développement de cette branche de l'activité humaine, et, si nous avons insisté tout particulièrement sur l'une d'elles, sur celle que nous considérons comme la cause inspiratrice, fécondante, c'est qu'il est de la plus haute importance pour l'avenir et la vitalité de notre industrie nationale que nous la prenions en sérieuse considération.

Pouvoirs publics et départements, villes et particuliers doivent réunir leurs efforts pour tenter une réorganisation profonde de nos institutions scientifiques, pour les doter largement et leur assurer cette indépendance sans laquelle l'esprit ne peut prendre son essor.

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