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H. W. C. Hersus, à Hanau

Cette maison, qui a pour spécialité la fabrication des appareils en platine, a été fondée en 1851 par M. W. C. Heraius, après que MM. Deville et Debray eurent montré la possibilité de fondre de grandes quantités de platine au moyen du chalumeau oxhydrique. Depuis sa fondation, cette maison s'est surtout occupée de la préparation industrielle du platine pur et des métaux du groupe du platine comme l'iridium, le rhodium. C'est ainsi qu'elle a réussi à préparer des fils de rhodium et d'iridium purs, ainsi que des

alliages de ces métaux avec du platine pur. Ces fils ont reçu une application dans la technique, pour la confection des appareils à Tusage des mesures pyrométriques.

Sa dernière innovation- est l'introduction , dans l'industrie de l'acide sulfurique, du platine doré, pour la concentration de cet acide.

La fabrication de cette maison comprend :

Des appareils, système Faure et Kessler, en platine doré; d'autres appareils pour concentration de l'acide sulfurique, système Déplace, ainsi que des petits modèles de l'ensemble des dispositions Déplace et Faure et Kessler, pour la concentration du même acide. Outre ces appareils, M. W. C. Heraeus fabrique encore des capsules, des creusets et un ensemble d'ustensiles de laboratoire en platine, du fil, des feuilles de platine ainsi que de ses alliages, du chlorure de platine, du chloroplatinate de potassium, de l'oxyde, du chlorure d'iridium, du chlorure de rhodium, de l'acide osmique.

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE

La grande industrie chimique ne paraît pas encore être fortement implantée aux États-Unis. Il existe bien un certain nombre d'usines, mais elles sont loin d'être de l'importance de celles qui sont en exploitation en Europe.

L'une des plus importantes, et qui est d'origine européenne, est l'usine de MM. Solvay et C'% située à Syracuse (N. Y.).

Elle parait être la seule, en Amérique, qui exploite le procédé de préparation de carbonate de soude à l'ammoniaque. Depuis 1884, sa production suit une marche

Fig. I. — Extracliun du s«t, parlaOpoD

jj^daga Coarse Sait AiBociatioD, de Syracuse.

progressive, comme le montrent les chiflFres suivants :

ToDnes.

Tonnes.

Une des fabriques les plus importantes est la Penn- SYLVANU Salt Manufactlring G°, de Philadelphie.

Cette société a son siège à Philadelphie et possède, en outre, des usines à Greenwich etNatrona. C'est dans ces dernières usines qu'on extrait du carbonate de soude de la cryolithe, mais on y fabrique aussi ce sel d'après le procédé Leblanc, en partant du chlorure de sodium. Pour la fabrication de l'acide sulfurique on fait venir de la pyrite d'Espagne. Des résidus de pyrites, on extrait ensuite le cuivre, soit par cémentation, soit par voie électroly tique.

Le procédé à la cryolithe, découvert et exploité par MM. Thomsen, à Copenhague, et Harbourg, n'est plus employé que par la Pennsylvania Salt Manuf acturing C°.

On sait que les plus grands gisements de ce minéral sont dans le Groenland, où on l'extrait pendant la saison d'été, époque à laquelle la petite baie qui y donne accès est ouverte.

La cryolithe est parfois assez pure (99,5 p. 100), mais elle peut aussi être souillée d'autres minéraux comme les pyrites de fer, de cuivre, du sulfure de plomb ou bien elle est associée à des espèces minérales, dont la formation est liée à celle de la cryolithe elle-même, comme la pachnolite, la thomsénolite, la geoarksnolite

et la hagemannite, qui peuvent abaisser sa teneur en AlFP + 3 NaFl jusqu'à 85 p. 100.

La fabrication de la soude au moyen de ce minéral s'effectue par la voie sècbe et ne présente rien de nouveau^ le procédé étant classique et M.Troost l'ayant décrit (1).

Les produits de la Pennsylvania Sait ManufacturingC**^ sont assez importants et comprennent :

i° Matières premières : cryolithe en morceaux et en poudre, pyrite, soufre, sel, salpêtre.

2° Métaux : cuivre obtenu par voie électrolytique et par cémentation.

3** Sulfates de fer, de cuivre et de soude, chlorure de calcium.

4° Alcalis : cristaux de soude, carbonate de soude calciné, soude (de la cryolithe) à 60, 70 et 76 p. 100; carbonate de potasse.

La Société fabrique en outre de l'alun cristallisé.

Outre la maison que nous venons de citer, il faut encore mentionner la RôsslerandHasslacher Chemical C** . de New- York, dont il sera question, dans notre rapport sur les produits chimiques et pharmaceutiques.

Mentionnons aussi les différentes exploitations de sel et de quelques autres produits.

En Californie, la maison Plummer frères, d'Alaméda,. , extrait différentes variétés de sel.

' L'État de la Louisiane exploite lui-même du sel gemme ,.

(1) Troost, Rapport sur la grande industrie chimique, Exposition de 1878.

du sel gros, et du sel fin de table. Il extrait, en outre, de la soude naturelle, de la potasse, de la kaïnîte et du soufre.

Dans le Michigan, citons les produits de la Mighigan Salt Company.

L'État de New Mexico ^ produit du sulfate et du carbonate de soude, du soufre et du borax de la Doha Ana County, et de l'alun, du soufre et du borax de la Grand County,

Dans l'État de New-Vork il ne se trouve pas moins de 14 maisons qui exploitent le sel. Parmi elles, la Onon- DAGA CoARSE Salt ASSOCIATION, de Syracusc, est très intéressante par la manière dont elle extrait le sel des eaux des puits qu'elle a forés dans les environs de Syracuse. (Voir la fîg. 1.)

Suivant les observations que nous avons pu faire sur place, cette eau marque 18 degrés Baume. En sortant des trous de sonde, on la fait couler lentement, en couche très mince, sur un vaste plan en bois légèrement incliné, où elle subit une première concentration. De là, le liquide s'écoule dans des bassins de clarification, également en bois, et d'une profondeur d'un pied environ. Quand l'eau est clarifiée, on la dirige dans les SaWs €offers^ où elle est amenée à cristallisation par l'évaporation spontanée à l'air. Ces SaWs coffers sont des bassins rectangulaires en bois, de 18 pieds de long sur 16 pieds de large, avec 1/2 pied de profondeur. Ils sont disposés sur pilotis, à une hauteur de m. 70 environ du sol, rangés l'un à la suite de l'autre par séries de 20 à 30 et communiquant entre eux au moyen de rigoles.

Chaque série est séparée des deux séries longitudi-

nales voisines, d'un côté, par une rue, de façon k permettre la circulation des voitures, et, de Taulre, par un espace d'une largeur double de celle des bassins. Dans cet espace sont maintenues, à la hauteur des bassins, deux séries parallèles de toits en bois de la largeur des Salt's coffers et pouvant être roulés au moyen de galets, sur ces coffers^ quand la pluie menace de tomber.

Dans ces appareils, la couche de liquide ne dépasse pas 5 à 6 centimètres. Quand la couche de cristaux de sel est suffisamment épaisse, on laisse écouler les eaux mères, et les ouvriers, au moyen de râbles, ramassent le sel. Tentassent dans des cuveaux à anses que les voituresdeTétablissementviennentchargersuccessivement.

Ces opérations ne peuvent, naturellement, se faire qu'en été par les grandes chaleurs.

Le sel produit par les établissements de Syracuse est très apprécié pour la salaison des viandes conservées.

L'exploitation est très simple et se fait par des ouvriers, la plupart allemands, qui ont des habitations en planches, très primitives, dans le voisinage des SaWs coffers.

Chaque ouvrier a la surveillance de 125 bassins, au nombre d'environ 4,000. Une équipe de 32 hommes suffit donc pour assurer le fonctionnement et la surveillance de l'exploitation. Le salaire moyen est de 11 shillings par jour, salaire qui est généralement augmenté par le payement d'heures supplémentaires.

Syracuse, ville de 100,000 âmes environ, admirablement située sur les bords du lac Onondaga, doit sa prospérité industrielle à la présence de ces sources salées qui étaient déjà connues et exploitées du temps

des Indiens. Pendant longtemps, elle avait le monopole de la production du sel dans les États-Unis, et cette industrie en a attiré d'autres, comme celle de la soude à l'ammoniaque, des aciéries, des distilleries, etc.

La section de l'État de New- York comprend encore des produits d'origine étrangère. C'est ainsi que la maison R. R. GiiACE, de New- York, vend du nitre des Nitrate of Soda Works du Chili. Cette exploitation suit une progression ascendante.

En 1830, le Chili n'exportait que 800 tonnes.

Depuis, l'exportation a atteint :

Tonnes.

Tonnes.

Ce dernier chiffre se répartit de la façon suivante entre les divers États :

Tonnes.

Allemagne. . . 305,000

France ...... 205,000

Angleterre ... 1 15,000

Belgique 95,000

Tonnes.

États-Unis d'Amérique .... 1 05,000

Différents autres Étals... 165,119

Naturellement, ces nombres ne représentant pas la production totale du nitre, mais seulement celle des Nitrate of Soda Works^ car, dans une statistique établie par M. Harvey et publiée dans les Mémoii^es de la Société des ingénieurs civils de Londres, cet auteur accuse, pour l'année 1859, le chiffre de 70,000 tonnes et, pour 1883, celui de 570,000 tonnes.

Une autre maison de New- York, la maison Battele

PtRenwick, vend du nitre brut, tel qu'on l'extrait du sol, et auquel on donne le nom de caliche. Le caliche renferme de 30 à 60 p. 100 de nitrate de soude pur, le reste étant constitué par du chlorure de sodium, du sulfate de sodium, du sulfate de magnésie, et par des matières insolubles provenant du sel.

Cette maison reçoit encore du nitre du Chili en gros cristaux, deux fois raffinés, et des échantillons de soufre en canons, en morceaux et en fleurs, pour Tusage médical et la fabrication du caoutchouc vulcanisé.

Dans VUtah on exploite également du sel extrait du Great Sait Lake. Cette exploitation, que nous avons également eu l'occasion de visiter, se fait très simplement.

Les eaux du Lac Salé, renfermant 20 p. 100 de chlorure de sodium et 2 p. i 00 de difiFérents autres sels, sont dérivées dans des étangs qui n'ont rien de régulier, où elles s'évaporent pendant la belle saison. Le sel qui se dépose est ensuite ramassé et exposé en tas. Les impuretés qu'il renferme lui donne une couleur grisâtre.

Indépendamment de ce sel,rutah exploite encore du sel gemme, du soufre provenant de différentes mines, de l'alun, de l'azotate de soude, de l'azotate de potasse, ce dernier provenant du South Fork Ogden River Distinct (Weber County).

Dans la Virginia^ Updike, B. Lowe Gum extrait de l'alun natif.

Dans la West Virginia, les maisons Dickinson (J. Q.), à Malten, et la Liverpool Salt and Coal C°, à Arford City, exploitent également des mines de sel.

Dans l'État de Wyoming, on trouve du sel, du soufre

natif, de Talun, du carbonate de soude natif, §ur lequel nous aurons l'occasion de revenir plus loin.

Le Canada a également des exploitations de sel appartenant à la Elarton Salt Works Company, à Warwick (Ontario) et à MM. Hendricks (J. N. et C. J.), à Plunnweseep.

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