‹ L'industrie contemporaine; ses caractères et ses progrès chez les différents peuples du mondeChapitre 13 sur 59 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Onvra^eg en fonte de fer. — AppUeatlons diverses.

— FabrlealloB française. —

Fontes artlsllqaes de Berlin et d'Ilsenburg.

La fonderie de fer est devenue une industrie trèscurieuse à cause des applications nouvelles et multipliées qu'elle a reçues depuis vingt à vingt-cinq ans, et parmi lesquelles on en compte plusieurs qui ont un caractère tout à fait artistique.

Durant de longs siècles, la fonte n'avait guère servi qu'à fabriquer du fer. La fonte, comme vous le savez, c'est le fer même arrêté à un certain degré de sa fabrication, c'est-à-dire avant d'avoir passé par la forge et reçu l'affinage. Aujourd'hui la fonte, sans parler de son rôle toujours croissant dans la construction des machines de tout genre, rend des services sans nombre à l'architecture et à la décoration, comme à la reproduction des œuvres d'art. Nulle part on ne pouvait être mieux placé que dans le Palais de l'Industrie pour se rendre compte de l'emploi de la fonte dans le bâtiment. Si on y jetait les yeux autour de soi , on s'apercevait que ces colonnes, ces entablements, toutes ces pièces métalliques qui composent le système de ce vaste édifice, sont en fonte de fer. Exécuter le même ouvrage en fer forgé, c'eût été absolument impossible : la dépense serait arrivée à des chiffres fabuleux. Les articles les plus simples, ceux qui ne reçoivent aucune façon, tels que les colonnes placées dans la devanture des boutiques ordinaires, coûteraient à peu près moitié plus cher en fer qu'en fonte. S'il s'agissait d'ouvrages travaillés , s'il s'agissait de décors

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comme ceux qui abondent dans le Palais de TExposition, la différence prendrait des proporlions colossales • Dès qu'on veut aborder l'exécution sur une grande échelle, on arrive donc bien vite à une véritable impossibilité.

Dans les beaux-arts, là fonte prend place à côté du bronze; sans doute ellen'd pas toutes les qualités de ce dernier métal; elle n'en a ni le poli ni la dureté; aussi n'aspire-t-elle pas à le remplacer d'une manière absolue, mais seulement à concourir avec lui pour la reproduction de certains modèles. Elle offre, en effet, sous le rapport du prix, des avantages qui varient suivant l'étendue du sujet. La différence est environ des deux tiers pour les grandes pièces, et d'un tiers pour celles de moyenne dimension. Pour les petits objets, la différence est naturellement faible, presque nulle, parce qu'il y a peu de métal employé et que la main-d'œuvre reste la même, soit dans Tune, soit dans l'autre matière. Avant d'être appliquée aux beaux-arts, la fonte de fer avait servi à la confection d'ouvrages d'abord trés-eommuns qui se multiplièrent bientôt; mais on ne croyait pas qu'elle fut susceptible de recevcfir des applications d'un ordre plus élevé. C'était vrai des anciennes fontes, presque toujours grossières et peu fusibles. Dès que l'éveil eût été donné sur la possibilité d'un nouvel emploi , l'industrie métallurgique s'efforça de perfectionner cette matière; on ne fabriqua plus seulement de la fonte en tue des forges, mais en vue de destinations toutes spédales. Nos fontes actuelles, ou, do moins, certaines de nos fontes, sont aussi dociles que le bronze à prendre les impressions. L'Exposition en offrait des preuves irrécusables^ pai'ticulièrement dans les galeries affectées à rindustrie de la Prusse.

Puisque nous mentionnons les fontes prossieimes , il

faut dès à présent rendre témoignage de Textrême délicatesse des ouvrages exécutés en cette matière à Berlin et à Usenburg. Les articles berlinois sont en général plus petits que ceux dllsenburg et ne sont pas susceptibles d'applications aussi diverses. Ainsi, on remarquait dans les rayons de la fabrique dllsenburg des plaques à jour imitant Isr dentelle d'une assez large dimension et pouvant servir de couverture ou d'ornement de livres et de buvards. Il y avait là un éventail en fonte d'un travail remarquable et d'une finesse extrême, dont une des feuilles ne pesait pas sept grammes. On avait entrepris tm moment en France la fabrication d'ouvrages analogues ; on a dû y renoncer. Ce n'est pas que nos fontes ne pussent se prêter à un pareil emploi ; il serait du moins facile de les y approprier. Si l'industrie française ne s'occupe pas de la fabrication de ces petits articles ou si elle y a renoncé, c'est principalement faute d'acheteurs. Chez nous, le goût du public ne s'attache point jusqu'à ce jour à de pareils objets, dont nous n'entendons ps^ contester le mérite sous le rapport de la difficulté vaincue. Tandis que les fontes de Berlin et d'Ilsenburg trouvent un facile écoulement dans toute l'Allemagne, elles courraient gros risque, si elles venaient librement sur nos marchés, de rester en magasin.

La France s'adonne spécialement, en fait d'objets d'art, à la reproduction des grandes pièces. Elle excelle dans cet emploi de la fonte de fer. Parmi les articles de ce genre qui étaient exposés dans la nef, nous citerons la statue colossale de saint Jean-Baptiste, sortant de l'usine de M. Calla fils, et dont l'original est dû à M. Barre. L'établissement que dirige M. Calla a été le véritable berceau des nouvelles destinations* qu'a reçues en France la fonte de fer. Avant M. Calla père, qui en-

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voyait à TExposition de 1827 une borne-fontaine en fonte, nul ne s'était livré à des essais, nul n'avait obtenu des résultats dignes d'être cités. M. Calla père est donc le créateur du genre que son fils a si considérablement étendu. Celui-ci a eu encore le mérite de s'occuper le premier des moyens d'exécuter les grandes statues en fonte de fer. Après avoir obtenu en 1830 un prix de 6,000 fr., à raison d'un mémoire sur le perfectionnement du moulage de la fonte, il sut mettre ses théories en pratique et les justifier par des faits éclatants. Les statues de la fontaine Louvois, cette œuvre admirable de Yisconti, la plus belle de toutes les fontaines établies de nos jours dans la capitale, furent une réponse triomphante aux doutes qui pouvaient exister encore sur les propriétés attribuées à la fonte de fer. Un savant physicien qui avait étudié avec une égale pénétration d'esprit les branches les plus diverses des sciences naturelles, Réaumur, avait, il est vrai, procédé à des essais sur certaines applications de la fonte aux décors pour l'arl^hitecture; mais ces essais, d'ailleurs fort restreints, étaient oubliés depuis longtemps, quand ils furent repris par l'usine Calla, qui, en réunissant au bon goût des dessins la solidité du travail, propagea rapidement l'emploi de ces nouveaux produits.

A côté des avantages incalculables qu'offrait la fonte de fer pour une multitude de cas, elle avait cependant certains côtés faibles, contre lesquels il fallait se prémunir. Ainsi la fonte est, comme on sait, essentiellement oxydable ; on essaya divers enduits pour la mettre à Tabri de l'oxydation. La peinture à l'huile, bien exécutée, diminue singulièrement sa défectuosité sous ce rapport. Ce moyen n'est pourtant pas infaillible. Le champ est encore ouvert aux recherches. L'oxydabilité de la fonte

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forme peut-être le principal signe de son infériorité par rapport au bronze, pour la reproduction des objets d'art destinés à figurer en plein air. On peut reprocher encore, il est vrai, à la fonte de fer d'être cassante ; mais ici l'inconvénient est moindre qu'on ne l'a parfois prétendu. Lia force relative de la fonte et du fer peut être assez exactement indiquée au moyen d'une distinction très-simple, facile à retenir, et résultant d'observations recueillies par les hommes les plus versés dans le traitement de ces métaux. Quand le fer forgé plie, la fonte casse. C'est déjà un résultat considérable que d'en être arrivé là. Une telle force suffit aux plus amples applications architecturales, elle est complètement surabondante pour l'exécution des statues et d'une multitude d'articles d'ornement. Dans les morceaux de cette dernière catégorie, le mérite du fondeur consiste à reproduire d'un seul jet la pièce entière, ou du moins les par^ ties les plus grandes. En fondant un sujet par nombreux fragments, qu'on rapproche ensuite les uns des autres au moyen d'assemblages plus ou moins bien dissimulés, on rend le travail plus facile, mais on augmente les chances de rupture et d'altération. Plus un ouvrage est compacte, et plus il est solide. C'est là un des mérites du saint Jean-Baptiste de M. Calla. Le croirait-on en voyant ses proportions colossales? Il est venu d'un seul jet, excepté le bras droit qui est rapporté entre le coude et l'épaule. Pas un seul coup de lime dans cette statue. Elle n'a pas subi la moindre retouche. Parmi tant d'autres pièces si remarquables du même genre sorties des ateliers de M. Calla, nous n'en connaissons pas d'aussi parfaite. C'est là un chef-d'œuvre de fonderie.

Une histoire touchante se mêle intimement à la confection de cette statue. Comme nous ne sommes pas

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îd renfermés dans le domaine de la technologie pure, quelques lignes consacrées à ce court épisode ne jureront pas, ce nous semble, avec la spécialité de notre siget. Peut-être, d'ailleurs, le pieux dessein dans lequel l'œuvre avait été commandée servira-t-il à fixer davantage dans l'esprit de quelques lecteurs les traits particuliers de la fonderie de fer. Cette statue, on la doit à un sentiment de tradresse maternelle. Elle était destinée à consacrer la mémoire d'un fils unique mort déplorablement. Ce jeune honome, que rongeait une douleur intime , avait été pour ainsi dire contraint par sa famille d'entreprendre un voyage en Italie, dans l'espoir que les grands spectacles de la nature et des arts distrairaient son imagination troublée. Interrompant tout à coup sa course, il s'était arrêté dans une bourgade des montagnes forésiennes, sous prétexte de s'y reposer. Le voyageur inconnu, dont l'arrivée était un événement dans un village où les étrangers ne s'arrêtaient pas d'habitude, fut retrouvé le lendemain matin au coin d'un champ de blé, baigné dans son sang. Après une nuit tourmentée, il était sorti dès l'aube du jour, le cerveau en délire, l'âme vaincue par son chagrin, avec un pistolet dans sa poche. Quand on le releva, il respirait encore. Fidèles à leurs traditions hospitalières, les habitants de ces montagnes, dont les âmes simples, résignées et fortes, auraient eu peine à croire auparavant à la possibilité d'un suicide, recueillirent le mourant et l'entourèrent de soins vigilants, xom inutiles. Accourue pour recevoir son dernier soupir, la mère de cet infortuné promit de faire bâtir sur la place du village une fontaine surmontée de la statue de saint Jean-Baptiste, patron de son fils. Ce n'était point là un de ces vœux formés légèrement dans la première effusion de la douleur, et que des distractions emportent bientôt

IM INDUSTRIE GONTEMPORillNE.

de nos cœurs oublieux. Le chagrin d'une mère est plus profond et plus durable que tous les autres. La statue fut exécutée , et la voilà prête à mettre en place. Cependant le vœu ne sera pas accompli I la fontaine ne sera pas construite! La mère a déjà rejoint le fils, emportant avec elle une promesse qui n'était écrite que dans son âme.

Quittant à regret cette statue sans destination désormais» et pour ainsi dire sans maître, nous allons voir quelques autres pièces de fonderie fort importantes, qui nous rappelleront la construction projetée dans la montagne, car ces pièces sont précisément des fontaines. Trois ouvrages de ce genre, tous trois de grande dimension, contribuaient à décorer la nef. La fontaine du milieu, qui frappait les regards dès qu'on pénétrait dans la salle par la principale porte de l'édifice, et dont l'eau s'échappait au milieu d'un parterre de fleurs, avait été fondue dans l'usine du Val-d'Osne, habilement dirigée par M. Barbezat. Au point de vue architectural, cette œuvre est admirablement conçue ; elle produit un effet des plus satisfaisants. Elle a été esquissée par un artiste justement renommé en fait de dessins et de sculptures d'ornement, M. Liénard. Deux vasques superposées, de diverses grandeurs et soutenues par des statues, versent l'eau dans un large bassin inférieur. Toutes les parties de ce monument témoignent d'un goût réel et d'un sentiment très-juste des proportions. Conmie pièce de fonderie, la fontaine du Yal-d'Qsne n'a pas Timpor* tance qu'elle aurait eue avant les nombreuses constructions analogues qui décorent nos places publiques. C'étaient là autant de modèles à consulter, et dont quelquesuns sont difficiles à surpasser. La fontaine de M. Barbezat n'en doit pas moins compter pour une œuvre très-

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raDarquaMe par sa hardiesse. Le nombre des usines en étal de fondre de pareils morceaux n*est pas fort élevé ea France: à peine en avons-nous quatre ou cinq. L'établissement du Yal-d'Osne est celui de tous qui possède le plus vaste assortiment de modèles.

La seconde fontaine avait été exposée par M. Brochon. Elle est fort gracieuse d'aspect, quoique en la regardant m peu attentivement, on y découvre une certaine disproportion entre la largeur de la vasque principale et la hauteur du pilastre. Beaucoup moins grande et beaucoup moins ornée que la pièce du Val-d*Osne, elle est établie sur un plan analogue, avec deux vasques placées Tune au-dessus de l'autre. Ce travail nous a paru mieux sculpté que fondu. Les bords ne filent pas, comme on dit dans la langue du métier. Entre les deux premières fontaines, se rangeait, à notre avis, au point de vue de l'art du fondeur, la troisième pièce de ce genre, qui venait des usines de MM. Muel, Wahl et comp. à Tusey. On doit déjà au même établissement les deux monuments érigés sur la place de la Concorde, à droite et à gauche de l'Obélisque. L'œil de tous les connaisseurs a pu reconnaître un progrès très-sensible dans la fonte de la nouvelle composition ; l'exécution en est beaucoup plus fine. On remarquait bien certaines pièces de rapport, telles que les bras des enfants placés aux angles, qui sont trop visiblement soudés; la cheville de jonction saute aux yeux; mais, àaos son ensemble, cette fontaine est une œuvre excellente. Elle avait, d'aUleurs, un mérite qu'on ne saurait trop apprécier, celui de n'avoir pas été établie en vue seulement de l'Exposition, et en dehors de la fabrication habituelle. C'est un ouvrage de très-bonne exécution courante. Le dessin, composé par M. Barbet, sculpteur, tort des lignes ordinaires. Il n'y a plus là de grandes

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vasques ; les bassins sont petits et placés à la même hauteur, c'est-à-dire sur un plan parallèle. Des statues de femmes supportant le faite du monument les séparent les uns des autres. L'eau tombe dans chaque bassin en sortant d'une fleur ou d'une coquille entourée de feuillages. Sur une place publique d'une étendue restreinte, cette fontaine produirait un effet ravissant. Elle avait dans la nef un désavantage sur les deux autres : c'est qu'elle n'était point alimentée d'eau. La mise en scène n'était donc pas complète. H fallait y suppléer par l'imagination.

A deux pas de cette pièce, les Anglais avaient dressé une grille dans laquelle se combinaient le fer forgé et la fonte. Cette grille appartenait à MM. Baily, de Londres. Le dessin en est beau, les proportions parfaites, et, ce qui n'est pas commun de l'autre côté de la Manche, l'aspect général vraiment élégant. Ce morceau atteste un progrès de la part de l'Angleterre dans la confection des pièces d'ornement. Nos voisins, qui traitent la fonte aussi bien que nous pour les applications mécaniques, nous sont bien inférieurs pour les décors. Ils cherchent à imiter nos formes; mais, le plus souvent, ils les imitent mal. J'ai eu l'occasion de voir moi-même à Londres, chez un fabricant qui possède de grandes usines en Ecosse, des pièces de fonte que les caboteurs de la mer du Nord, remontant la Tamise, venaient, à marée haute, décharger jusque dans ses magasins. On trouvait là de nombreuses reproductions de nos modèles ; la différence pourtant était choquante, môme chez un des plus habiles fabricants anglais en fait d'articles de ce genre. Si l'Angleterre s'est surpassée elle-même dans la construction de la grille de la nef, elle n'a pas reculé devant des frais exorbitants. Nous consignerons ici une observation en sens

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Hivepse de celle que nous présentions à propos de la fontaine de Tusey. L'ouvrage de IViM. Baily n'appartient pas à la fabrication courante ; c'est une pièce d'exposition représentant une sonune énorme de travail. Sans parler de la sculpture, dont le prix peut-être évalué à 3,000 fr., la part revenant aux ouvriers constructeurs a élé trèsforte, à cause du grand nombre de pièces de rapport dont celte œuvre est composée. Sans doute, coname nous l'avons indiqué tout à l'heure, les morceaux de rapport, qui sont un des secrets du métier, simplifient le travail du fondeur ; mais, quand on veut dissimuler les assemblages, quand on veut fondre, pour ainsi dire, à l'aide du marteau et de la lime, des pièces éparses en un seul tout, des opérations minutieuses et multipliées renchérissent singulièrement le produit. MM. Baily demandaient 13,200 fr. de leur grille ; à ce prix-là, de l'avis d'hommes très-compétents, on peut être sûr qu'ils n'y gagnaient pas trop, j'allais même dire pas assez. Une telle somme est énorme, cependant, pour une pièce d'aussi peu d'étendue. Le progrès ne sera réel que le Jour où les produits deviendront moins coûteux.

Un exposant autrichien, M. Kitscheldt, avait mis dans le transept quelques objets en fonte de fer, parmi lesquels il en est un qui peut passer, à bon droit, pour une des pièces de ce genre les mieux exécutées de toutes celles que renfermait le Palais de l'Industrie. D ne s'agit plus ici d'un ouvrage de grande dimension, mais d'un vase de SO à 60 centimètres de hauteur. Quoiqu'il fût entouré d'autres vases de grandeur analogue, imitant la fonte, on le reconnaissait aisément à l'extrême délicatesse de ses attributs, à ses figurines, à ses guirlandes de fleurs, dont la perfection ne saurait être surpassée.

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