‹ L'industrie contemporaine; ses caractères et ses progrès chez les différents peuples du mondeChapitre 18 sur 59 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Eie« spécialftés dans rinipriiiierle etdavs la Eilbralrie. Mécanismes nouveaux. -^ Curiosités typographiques.

S'il est une carrière dans laquelle les sociétés modernes puissent se flatter d'avoir grandement dépassé les sociétés antiques, c'est la carrière des sciences positives et des arts utiles. Incomparable instrument pour vulgariser les données de la science dans le domaine de la pratique, l'imprimerie seule a pu conduire l'industrie aux immenses résultats qu'elle vient d'étaler. Mais l'imprimerie a voulu profiter elle-même du mouvement dont elle avait donné le glorieux signal. Elle s'est servie des moyens dont elle propageait l'usage. Non-seulement elle s'est aidée ou elle s'aide de la mécanique, de la chimie, de la physique, elle imite encore l'industrie proprement dite dans ses procédés d'organisation. Ainsi la division du travail, qui forme un des traits caractéristiques de l'industrie en général et une des principales causes de ses progrès, se retrouve dans l'imprimerie typographique et s'y retrouve sous un double aspect. On n'y voit pas seulement les ouvriers divisés en catégories, dont chacune s'occupe constamment d'ouvrages d'une même nature; les établissements eux-mêmes se vouent souvent à une spécialité qui, sans être absolument exclusive, compose le noyau de leurs opérations et le pivot essentiel de leurs mouvements. En concentrant ainsi ses efforts dans une sphère circonscrite, on multiplie les chances de succès. L'examen de quelques vitrines à l'Exposition suffisait pour mettre à même d'apprécier les conquêtes qu'on

doit à cette répartitioD des genres, à ces applications spécialisées de l'activité individuelle.

Rappelons d'abord l'étalage de l'imprimerie administrative c[ue M. Paul Dupont a créée , et dont il a précisément fait une vaste spécialité. On apercevait ici une extrême variété de modèles, de formulaires, d'états, de tableaux correspondant à toutes les nécessités de la vie administrative de la France, vie complexe, ramenée pourtant à des ligues symétriques et homogènes. Tous ces cadres, tantôt simples, tantôt savamment élaborés, se répandent à flots pressés dans les administrations financières, dans les préfectures, les mairies, les institutions de bienfaisance, les ponts et chaussées, les établissements de l'instruction publique, etc. Telle formule s'écoule à cent mille exemplaires par année. Grâce à ces tirages élevés, le prix de chaque feuille excède à peine le prix du papier avant l'impression. Les fonctionnaires trouvent dans &es cadres des guides sûrs, en même temps qu'un moyen d'accélérer leur besogne. Croit-on qu'on aurait obtenu les mêmes avantages si cette branche n'avait pas été l'objet d'études spéciales et sans cesse renouvelées? Assurément non : les formulaires préparés par des mains moins expérimentées auraient été dressés avec moins de justesse et moins d'ensemble. Les produits d'un travail accidentel coûteraient d'ailleurs plus cher que ceux d'un travail courant.

Venait ensuite une spécialité d'une autre nature, exploitée par une maison datant du siècle dernier, comme il en existe encore quelques-unes dans la capitale. Il s'agit de l'imprimerie ecclésiastique et liturgique de M. Adrien Le Clere. La spécialité se dessine ici avec son effet habituel. Dans ces livres de lutrin in-(^, notés en plain-chant, dans ces bréviaires de divers formats^ imprimés en noir

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et en rouge et noir, on remarquait partout une pureté de caractères, une netteté de ton qui indiquent une habitude consommée de la part de toutes les intelligences et de toutes les mains concourant à la fabrication de ces ouvrages. Les prix, cependant, sont modérés; ils doivent s'accorder, en effet, avec les revenus si bornés des fabriques d'un grand nombre d'églises, comme avec les médiocres ressources des desservants et des vicaires de nos campagnes. Le Missel qui était placé au centre de la vitrine de M. Le Clere est celui qu'on a adopté dans les chapelles de la marine impériale; il parcourt le monde, à l'heure qu'il est, sur nos bâtiments de guerre. Presque tous les livres de la liturgie romaine usités en France nous venaient, il y a peu d'années encore, d'un pays voisin, la Belgique. Une maison de Malines, maison fort honorable du reste, qui n'a jamais trempé dans les affaires de contrefaçon, jouissait du privilège d'alimenter nos presbytères. M. Le Clere a fait revivre l'antique usage, abandonné chez nous depuis environ un siècle, d'employer les teintes rouge et noire dans les livres de liturgie. Les connaisseurs ont pu aisément comparer ses publications à celles de ses concurrents du dehors, car l'imprimerie de Malines que nous mentionnions tout à l'heure, l'imprimerie Dessain, figurait aussi à l'Exposition universelle. Quant à nous, il ne nous paraît pas contestable que l'exécution ne soit supérieure en France ; les prix de vente sont à peu près les mêmes des deux côtés de la frontière. Comme les ouvriers avaient déjà chez M. Le Clere l'habitude de travaux analogues, ils ont été rapidement formés à ces nouvelles applications qui peuvent passer pour une conquête de notre industrie typographique. Je ne quitterai point cette spécialité des publications ecclésiastiques sans dire un mot

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d'un ouvrage dont l'impression présentait des difficultés exc^tionnelles^ à cause de combinaisons graphiques rebelles à remploi des caractères mobiles. C*est d'un ouvrage sur la restauration, du chant grégorien, par le P. Lambillotte, que je veux parler. Dans les élans de leur foi, les religieux du moyen âge appréciaient la beauté des signes au point de consacrer leur vie entière à la transcription de quelque splendide antiphonaire; mais l'imprimerie contemporaine, infiniment plus riche en ressources, pourra se flatter de les avoir laissés loin derrière elle.

De l'église et du presbytère à la demeure du cultivateurs et aux champs qu'il laboure, la distance n'est pas, d'ordinaire, très-longue à parcourir. De même nous n'éprouvons aucun embarras pour passer de la spécialité concernant la liturgie à la spécialité concernant l'agriculture . Dans ce dernier genre, nous avons eu sous les yeux l'exposition de la maison Bouchard-Huzard. Le premier journal d'agriculture fondé en France, et qui se continue sans interruption depuis 1796, a paru dans cette imprimerie. En fait de grands ouvrages apportés par elle dans le palais des Champs-Elysées en 1855, je cite l'Histoire naturelle du maïs, de M. Bonafous, et VAmpélographie française, de M. Y. Rendu. Ces deux publications sont ornées l'une et l'autre de planches coloriées propres à faciliter l'intelligence du texte. La même maison publie, en outre, une multitude de petits ouvrages remplis d'enseignements pratiques qui rendent à notre agriculture des services obscurs mais journaliers.

Si Ton voulait voir l'exemple d'une production des plus rapides, s'opérant néanmoins dans des conditions très-satisfaisantes et formant une sorte de spécialité, on le pouvait sans peine à l'Exposition: on n'avait qu'à se rendre devant

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l'étalage de rimprimerie d'où sort la collection déjà volumineuse ivAiiiûéeBibliothèquedes Chemins de fer M. Lahure ne cultive plus guère le genre si étudié de l'ancien chef de l'établissement qu'il dirige, M. Crapelet; mais il ne perd pas de vue les saines traditions de son devancier. L'active et intelligente maison Hachette, pour laquelle il imprime, outre la Bibliothèque des Chemins de, fer y des livres classiques sans nombre, attache d'ailleurs, elle-même, une extrême importance à la bonne exécution de ses ouvrages. — Nous pourrions signaler d'autres spécialités, celle de M. Duverger pour l'impression de la. musique, celle de M. Mallet-Bâcheiier pour les écrits concernant l'algèbre; mais nous sommes obligé de nous arrêter seulement aux physionomies les plus accentuées. A une époque cornai la nôtre, où la plupart des grandes entreprises, où tant d'opérations sont organisées sur un pied colossal par la puissance de l'association, nous devons une mention à la spécialité de M. Wiesener pour l'impression des actions industrielle?. D'autres maisons s'attaquent aussi à cet ordre de travaux avec succès.

Comme la typographie, la librairie parisienne possède ses spécialités qui figuraient très-légitimement à l'Exposition, tantôt pour des genres créés par les éditeurs eux-mêmes, tantôt pour des genres dont ils dirigent habilement l'exécution. On distinguait là M. Guillaumin pour ses nombreuses publications sur l'économie politique, dont l'initiative lui appartient fort souvent ; M. Charpentier pour la bibliothèque à laquelle il a donné son nom ; M. Delalain pour ses ouvrages d'histoire et d'enseignement universitaire; M. Victor Masson pour les livres concernant l'histoire naturelle; M. Dalmont pour les ouvrages scientifiques; et beaucoup d'autres éditeurs pour le droit, la médecine, etc.

Les rangs n'étaient pas aussi pressés dans Tarène des nouvelles inventions mécaniques appliquées à la typographie, et qui se rapportent, comme nous Tavons indiqué dès l'abord, d'une part à la composition, d'autre part au tirage. Nous pourrions attendre sans doute, pour en apprécier le mérite, de nous trouver dans le domaine de la mécanique industrielle; mais ces appareils touchent de si près au sujet que nous traitons maintenant, qu'il vaut mieux ne pas les en séparer.

Deux machines à composer avaient place dans le Palais de cristal. L'une nous était déjà connue, car elle avait figuré avec honneur à l'Exposition de 1844 et à celle de 1849 ; mais elle a reçu depuis diverses améliorations. Elle se produisit à l'origine sous le nom de MM. Delcambre et Yung. L'autre appartient à un exposant danois, M. Sôrensen. Celte dernière embrasse à la fois les deux opérations de la distribution des caractères et de la composition tandis que dans le système de M. Delcambre, le distribuleur forme un instrument distinct du compositeur. On peut même dire que deux modes de distribution sont appliqués à ce dernier instrument, car M. Isidore Delcambre établi à Bruxelles, avait, dans le cercle de l'expositioû beige, un distributeur qui diffère de celui qu'exposait M. Ad. Delcambre, de Paris. Sans procéder à une description détaillée des compositeurs mécaniques, nous devons dire que le système consiste de part et d'autre dans un véritable clavier ressemblant à celui d'un piano, dont les touches, marquées chacune d'une lettre, appellent, quand on les presse, les lettres similaires rangées dans la partie supérieure de l'appareil. Ces lettres glissent dans des rainures et vont s'aligner ensuite en formant des mots. Dans le système français, la justification s'opère, ou dumoins s'ébauche» par l'appareil lui-même; l'instrument

Itt nfOUST&U GOIVTBIfPORAIlfB.

de M, Sorensen la laisse à l'ouvrier. Conçus dans une même pensée, les deux compositeurs sont dissemblables quant à leur construction. Celui du Danemark est plus compliqué; mais les lettres sont moins s^jettes à être entravées dans leur route par quelque obstacle inattendu et invisible. Il nécessite des caractères fondus exprès et marqués de crans qui les distinguent les uns des autres^et ne leur permettent point de passer par les mêmes ouvertures. Les deux appareils étaient en jeu à TExposition ; ils ont l'un et l'autre fonctionné industriellement au dehors, mais sur une échelle encore trèsrestrmte. On ne saurait trop louer, néanmoins, l'esïM^it d'iavention que dénotent ces ingénieuses constructions. Les jurys de 1844 et de 1849 avaient déjà consacré, par des récompenses, l'art merveilleux avec lequel l'inventeur français agençait son mécanisme et calculait les impulsions données.

La question de la composition mécanique a préoccupé dès longtemps des esprits inventifs, soit en Angleterre, soit aux États-Unis. En France, un écrivain renommé qui avait commencé par être imprimeur, M. Ballanche, s'était livré à divers essais qui remontent à plus de trenteannées. Malgré les découvertes aujourd'hui efiec* tuées, des objections sérieuses s'élèvent encore contre la possibUité d'utiliser en grand ces machines, au moins dans leur état actuel. La justification, c'est-à-dire l'arrangement des mots en lignes et en pages, demandera toujours, en une mesure plus ou moins large, leconcours d'un ouvrier. Livrée à elle-même, la machine procéderait aux plus bizarres coupures. On verrait parfois la première lettre d'un mot laissée toute seule à la fin d'une ligne. D faut l'intellig^ce de l'homme pour répartir les mots d'une manière rationnelle ; il faut Ja délicatesse du tou-

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cher pour reconnaître que les lignes sont bien égales. Le temps passé à la justification diminue notablement l'avantage de la composition mécanique. De plus, il est difficile d'éviter d'une manière absolue certains retards dans le mouvement des lettres qu'il faut pousser et redresser avec la main. Enfin, quand la forme des caractères vient à varier, quand il convient, par exemple, d'employer des caractères italiques, la maclaine rencontre dans ce changement un obstacle insurmontable . Il faut réserver l'œuvre pour l'ouvrier compositeur. Nous ne sommes pas cependant de ceux qui croient la porte à jamais fermée devant cette innovation. Nous estimons, au contraire, qu'un pas immense a été fait ; M. Delcambre a droit pour son initiative et pour sa persévérance à des encouragements de la part de tous les amis des arts; mais il faudrait des résultats plus étendus pour que le nouveau système put être rangé dans le domaine de l'industrie.

On est allé bien plus loin dans la voie des réalisations en cequi concerne les instruments destinés à hâter ou à simplifier l'opération du tirage. La machine, comme nous l'avonsdéjà fait remarquer, s'est emparée victorieusemenf d'un très-large terrain. La presse de M. Hippolyle Marinoni, dite presse des journaux ^ a marqué pour notre pays un progrès énorme dans la voie des combinaisons mécaniques destinées aux tirages nombreux et précipités. Naguères simple ouvrier monteur de machines d'imprimerie, M.Marinoni eut l'idée de multiplier la vitesse d'une presse en raccourcissant l'espace que parcourt la feuille imprimée • Son ingénieux mécanisme n'est que la réalisation de cette pensée à la fois si simple et si juste. La presse de M. Marinoni tire environ 6,000 exemplaires d'un journal par heure. Il n'y a pas longtemps que la construction mécanâque a pu obtenir ce chif&e. £n 1836, les presses des

journaux tiraient à peine 1,200 à 1,500 exemplaires par heure. On est arrivé péniblement à 2,000, puis à 3,000 avant d'atteindre au chiffre actueL On sait quelle est Timportance d'un tirage rapide pour les journaux vendus à un très-grand nombre d'exemplaires, et obligés de paraître à heure fixe : c'est l'unique moyen d'épargner plusieurs compositions. En Angleterre, la plus répandue, la plus riche des feuilles quotidiennes arrive à un chiffre de 10,000 numéros par heure. Mais les presses du Times sont établies dans des conditions extrêmement coûteuses : ce dernier système ne saurait, conmie celui de M. Marinoni, entrer dans la circulation commerciale. Uniques dans le monde, les presses du journal anglais reviennent, dit-on, à plus de 140,000 fr., tandis que l'appareil français se vend 16,000. D'après des indications qui ont eu place à l'Exposition, M. Marinoni songe à mettre en œuvre une presse qui tirerait de 12,000 à 15,000 journaux par heure. Si ce formidable appareil parvient à s'installer, on pourra le regarder, ajuste titre, comme l'un des plus étonnants engins que la main de l'homme ait encore dressés pour s'asservir la matière et le temps.

L'esprit de recherche dans le champ des mécaniques d'imprimerie se décelait avec une variété, une énergie et un ensemble des plus remarquables dans l'exposition de la maison Paul Dupont. Comme les appareils de cette maison fonctionnaient sous les yeux du pubUc, un cercle de curieux en assiégeait sans cesse les abords. Entre tous les appareils mis en mouvement à l'Exposition, il n'en est point qui aient attiré plus constamment les regards de la foule que les appareils d'imprimerie. On se rappelle, par exemple, les compositeurs mécaniques dont un ouvrier faisait mouvoir les touches; on se rappelle la presse chromotypographique de M. Pion, ainsi que le groupe

dont je parle en ce moment même. On s'assemblait à l'entour de ces mécanismes, comme si un charme particulier s'échappait de tous les instruments servant à multiplier l'expression de la pensée. Les inventions de la maison Paul Dupont constituent des perfectionnements réels dont il est facile d'apprécier la valeur pratique. Avant d'en indiquer sommairement le caractère, il nous faut dire qu'elles sont l'œuvre de simples ouvriers. Le chef de l'établissement, après avoir encouragé et soutenu leurs efforts, leur a laissé l'honneur du succès. C'est là un exemple qu'onne saurait troplouer. M. Paul Dupont a comprisqu'un homme appelé chaque jour à faire mouvoir une machine, est admirablement placé pour en saisir les avantages ou les défauts; s'il a en lui quelque étincelle de feu sacré propre à illuminer le champ de l'inconnu, il peut deviner les transformations dont ce mécanisme est susceptible. On aime à voir convier ainsi à la réflexion et aux recherches l'intelligence que la pratique développe chez l'ouvrier. On remarquait dans cet étalage une petite presse portative n'occupant pas plus de 30 centimètres carrés ; on dirait une presse de cabinet; la main la moins expérimentée est apte à la mettre enjeu. On peut, avec son aide, tirer des épreuves très- soignées sous un format facile à composer. Cet appareil élégant et simple est dû à M. Victor Derniame. Le même ouvrier a perfectionné le système de deux grandes presses, l'une à vapeur et l'autre à bras, la première en vue de ménager les caractères, la seconde en vue de réduire la somme du travail, et par conséquent le prix de revient des produits. Il y avait là deux presses lithographiques dépendant aussi du groupe de la même imprimerie, l'une de MM. Daret et Carlier, l'autre de MM. Vaté et Huguet. On sait que l'application de la mécanique à la hthographie appartient à

M. Paul Dupont. Sa maison est Tune des premières qui aient établi une sorte d'alliance entre les procédés de la lithographie et ceux de la typographie.

Une des manifestations les plus surprenantes de cette alliance consiste dans la possibilité de reproduire, sous leur aspect originel, au moyen d'un décalcage reporté sur la pierre, les anciens ouvrages, titres et documents dont il n'existe plus qu'un nombre insuffisant d'exemplaires. On obtient ainsi, sans avoir besoin d'une réimpression coûteuse, cinquante, soixante, cent images du titre échappé à l'action du temps ou au vandalisme des hommes. Le volume in-folio de près de mille pages du Recueil des Historiens des Gaules et de la France par Dom Bousquet, placé dans l'exhibition de M. Paul Dupont, a été reproduit par ce procédé. Les feuilles non encore brochées avaient été la proie des flammes, en 1794, avec tant d'autres richesses de la même nature, dans l'incendie de la bibliothèque des bénédictins de Saint-Germain-des-Prés ; ce volume manquait à la plupart des collections, et le prix des rares exemplaires qui se rencontraient de loin en loin dans les ventes publiques, montait de 600 à 800 fr. On l'a tiré à 100 exemplaires par le procédé litho-typographique. De curieux échantillons du même genre de travail étaient appendus le long des murs dans l'une des salles du Palais de l'Industrie. On voyait là 14 diplômes et chartes de la collection des documents mérovingiens et carlovingiens conservés aux Archives^ Ces titres, dont l'un remonte au vi* siècle, pourront être désormais plus largement utilisés dans les études d'histoire et de philologie. De telles productions méritent une place éminenle sur le tableau des progrès que la typographie a réalisés de nos jours.

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