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espèce, donne aux habitants un caractère double et frauduleux ». Le sol est riche (*) et, par ses produits, satisfait aux besoins des habitants ; mais il n'est pas assez riche pour laisser un excédent considérable. Si non, celui-ci fournirait la matière d'exportations nombreuses tcOàXt.v sçavwyyiV à'v TiapsyojjLsvTi et la cité se remplirait de numéraire, d'or et d'argent, de tous les maux le plus funeste.
Tel est, dans ses grandes lignes, le nouveau rêve de Platon : la terre seule nourricière des habitants; ni or, ni argent; pas de mercantilisme.
Cela fait, Platon en est convaincu, la besogne du législateur est de beaucoup simplifiée. Dans les autres cités, il doit porter des lois sur mille intérêts et mille situations qui ne se rencontreront pas dans l'état du philosophe : commerce, prêt à intérêt, etc. (^). Ici les citoyens ne vivent que de la terre : le reste est accessoire et sera réglé par quelques articles de loi. Platon se trompe : rien n'est difficile comme de légiférer contre la liberté individuelle, parce qu'elle est ce qu'il y a de plus fort et de plus indestructible dans l'homme. On trace autour d'elle des cercles étroits, on l'enferme dans un filet aux mailles serrées : elle se joue de toutes les entraves ; comprimée par la force des tyrans ou vinculée par l'habileté des légistes, elle trouve toujours des issues par où elle s'échappe ; il faut sans cesse remettre des barreaux aux grilles de son cachot, renforcer les murailles et garnir la porte de nouvelles serrures.
Une cité purement agricole, telle est donc l'image que