‹ L'industrie dans la Grèce ancienne (volume 3)Chapitre 27 sur 42 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

L'Industrie considérée au point de vue économique.

J'ai constaté, au livre précédent, l'existence d'une industrie en Grèce : je vais essayer de déterminer son vrai caractère. Je l'étudierai d'abord à l'époque primitive, puis à l'époque historique. Dans la première époque, elle est encore, ou à peu près, uniquement domestique ; plus tard, elle s'élève jusqu'à l'organisation par métiers et n'atteint que rarement l'organisation par fabriques.

Ces faits reconnus, ^étudierai les modes de rémunération du travailleur et la valeur réelle de son salaire.

Je me trouverai ensuite devant la concurrence du travail servile et du travail libre. Je montrerai qu'elle a été beaucoup moins redoutable qu'on ne le dit d'ordinaire et que, pour lui résister, le travail libre n'a pas eu besoin d'une assistance de l'Etat.

Enfin, j'aurais dû consacrer ici une attention spéciale à certaines industries ; mais la plupart se sont déjà présentées dans un autre ordre d'idées et, pour n'avoir pas à y revenir, j'ai dit alors tout ce qui était nécessaire. Nous rencontrerons l'industrie des mines plus tard : il ne me restait pour cet endroit que l'industrie du bâtiment.

Le but principal de ce livre est la détermination du caractère économique de l'industrie grecque. Je mon-

trerai que sous ce rapport encore, elle s'éloigne considérablement de l'industrie moderne. Il n'est pas exact de dire qu'entre l'organisation économique de l'antiquité et celle d'aujourd'hui, il y a une simple différence du plus au moins, que la Grèce ancienne était en petit, à ce point de vue, ce que serait, en grand, un de nos États modernes ('). C'est déjà beaucoup de reconnaître cette différence de quantité : elle s'accompagne, si je puis le dire, d'une différence de qualité.

(') Szanto Zur antiken Wirtschaftsgeschichte Serta Harteliana 115 soutient cette opinion; j'espère que tout cet ouvrage en démontre l'inexactitude.

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