IV 168 A
déterminé le salaire d'après le travail à effectuer. Le second mot indique le salaire à la journée, c'est-à-dire d'après le temps qui est consacré au travail.
Le taux du salaire à la tâche est toujours en rapport avec le taux du salaire à la journée, c'est-à-dire que la rénumération du travail à la tâche dépend du temps qui est nécessaire à son achèvement. Nos données sur les salaires à la tâche nous permettront, dans un cas du moins, de tenir compte de cette observation et de calculer approximativement le salaire à la journée.
Athènes.
Inscription de VÉreclitheion. — Le salaire normal pour toutes les catégories d'ouvriers, depuis l'architecte jusqu'au manœuvre, pour les hommes libres comme pour les esclaves, est d'une drachme par jour.
L'architecte : 37 dr. à la 6' pryfcanie, 36 à la 8^ L'hypogrammateus : pour la 6° prytanie, 30 dr. 5 ob.; pour la 8" prytanie : 30 dr. c.-à-d. 5 ob. par jour.
Salaires des ouvriers : Scieurs : une drachme (*) . Manœuvres ÙTrGupyo'! : une drachme ("').
A la 7® prytanie, un téxtwv (^) reçoit comme salaire d'une journée un certain nombre d'oboles. Mais ailleurs les TÉxTove; (*) Croises, esclave de Philoclès, Gérus, encore un esclave, et Mikion, probablement un métèque, obtiennent une drachme.
L'inscription de l'Erechtheion nous fournit d'autres chiffres. Parmi les ouvriers qui touchent des salaires,
i}) CIA I 324 fr. a. col. I : -piTTai? xa6' TiijLÉpav spYaî^oijLsvo'.; 8'jolv àvûpotv £xy.aîÔ£y.a ri!j.£pwv opayjxrî; zr^:, r^xi^T.^ Éxaa-Tjç IxaTepo)... (2) I 324 fr. a. col. I.
(') I 324 fr. a. col. I.
(*) IV 3 p. 148 et 2 p. 76.
ceux qui effectuent la cannelure des colonnes reviennent à plusieurs reprises. Six escouades de travailleurs furent occupées à cet ouvrage et l'inscription nous renseigne sur leur activité pendant les 7", S" et 9^ prytanies. On trouvera ici un tableau qui indique, en premier lieu, le nom de l'ouvrier qui paraît avoir été le chef de l'escouade, puis le nombre et la qualité de ses compagnons, puis le salaire total payé à l'escouade et le salaire individuel payé à chaque ouvrier.
7^* prytanie : Simias^ métèque ; 6 compagnons, probablement 6 esclaves, dont 4 appartiennent à Simias, 1 à Axiopeithes ; salaire reçu par chacun : 7 dr. 1 ob. (L'un d'eux cependant ne reçoit que 7 oboles). Total : 50 drachmes.
Theugenes, athénien; 5 compagnons : 2 citoyens, 2 métèques, 1 esclave? ('), (le reste manque).
8« prytanie : Simias; 6 compagnons. Deux payements, l'un de 90 dr. (Simias a touché 13 dr., chacun de ses compagnons 12 dr., 5 ob.), l'autre de 100 dr. (Simias et ses compagnons ont touché 14 dr. 2 ob., deux ouvriers ont touché une dr. de moins).
AmeiniadeSj métèque; 4 compagnons : 1 esclave lui appartenant, 3 autres esclaves (?). Deux payements, Tun de 90 dr. (18 dr. à chacun), l'autre de 100 dr. (20 dr. à chacun).
OnésimoSj esclave; 5 compagnons : 1 esclave, 2 métèques, 2 esclaves (?). Deux paiements, l'un de 100 dr. (16 dr., 4 ob. à chacun), l'autre de 14 dr., 3 ob. Va à Onésimos et de 15 dr. ^'^ ob. à un métèque (^), (le reste manque).
(') Le signe d'interrogation indique uiï doute qui me reste. Il s'agit d'individus qui ne sont désignés que par leur nom : Cerdon, Icaros, etc.
(-) Ces chiffres résultent d'un calcul (Voir CIA 1. c).
Thengenes; 5 compagnons. Payement de 90 dr. (15 dr. à chacun).
LaossooSj athénien; 4 compagnons : 1 citoyen, 2 esclaves appartenant à Laossoos, un autre esclave (?). Payement de 100 dr. (20 dr. à chacun).
Phalacros^ athénien; 4 compagnons : 1 citoyen, 3 esclaves appartenant à Phalacros. Même somme que pour l'escouade de Laossoos.
O*" prytanie : le salaire n'est plus indiqué que d'une façon globale : Laossoos (avec 4 compagnons), Phalacros (avec 4), Ameiniades (avec 4), Theugenes (avec 5), touchent chacun 110 dr.; Simias et ses 6 compagnons touchent ensemble 60 drachmes.
Ce tableau appelle certaines observations : d'abord chaque escouade travaille à la cannelure d'une colonne déterminée; dans quelles conditions a-t-elle entrepris cet ouvrage ? Il est probable que le prix a été fixé à l'avance et à la pièce : chaque escouade doit faire la cannelure d'une colonne pour tel prix ; au terme de la prytanie, l'architecte évalue la tâche faite, relativement au prix arrêté pour le tout. Ensuite on remarquera l'identité de la production des diverses escouades et la différence du salaire des ouvriers des unes et des autres : à la 8* prytanie, Simias et ses six compagnons n'arrivent pas à gagner tous ensemble plus que Ameiniades et ses quatre compagnons, mais chacun pris à part gagne moins. Il semble donc que les escouades les plus nombreuses sont aussi celles qui contiennent les plus mauvais ouvriers. On pourrait faire une objection : elles gagnent le même salaire que les escouades moins nombreuses, elles ont donc fait le même travail, mais elles y ont employé moins de journées. Cette explication attribue aux escouades plus nombreuses une force de production plus grande; mais s'il en était ainsi, l'escouade de Simias prendrait l'avance sur les autres et gagnerait plus, dans l'espace d'une prytanie. H faut donc croire que
la force de production des ouvriers de Simias est inférieure à celle des ouvriers d'Ameiniades; et c'est pour cela que, de part et d'autre, ils arrivent au même résultat, dans le même nombre de iournées et que dans l'escouade de Simias le salaire individuel est plus bas que dans l'escouade d'Ameiniades.
On remarquera aussi que, dans la même escouade, citoyens, métèques et esclaves touchent des salaires identiques. Ce point est d'une extrême importance. Il montre que la force de production de l'esclave n'est pas en dessous de celle de l'homme libre.
Enfin on peut croire d'après ce qui précède que l'escouade de Simias, celle d'Onésimos et celle d'Ameiniades ont été occupées à la cannelure des colonnes pendant la S^prytanie tout entière et de là, nous pouvons calculer le salaire quotidien de ces hommes. Simias a reçu en deux fois, 27 dr. 2 ob.; Ameiniades : 38 dr.; Onésimos : 31 dr. 1 ob. Vs- Il y a 36 jours dans la prytanie? Sont-ils tous des jours ouvrables? Admettons-le : les salaires de Simias et d'Onésimos resteraient donc en dessous d'une drachme par jour; celui d'Ameiniades seul se rapprocherait du taux normal.
Ajoutons CIA I 325, de l'époque de Périclès (d'après Boeckh) : Elle note le même salaire d'une drachme par jour : ce salaire a été payé pendant sept jours, du deuxième au huitième jour de la prytanie, à un nombre variable d'hommes (de 19 à 33).
Il résulte, je pense, de ces données toutes concordantes qu à la fin du V"' siècle, le salaire ordinaire était d'une drachme par jour. Certains auteurs ne veulent y voir qu'un salaire exceptionnel : les uns, comme Kirchhoff('), le jugent en dessous du taux ordinaire ; pour les autres.
(') Abhandl. d. Berl. Akad. 1876 56. Boeckh Staatshaush. II n. 202.
comme pour Biichsenscliûtz, il est plutôt au-dessus de ce taux (^). Mais rien ne confirme ces appréciations : ces chiffres peuvent gêner des conceptions à priori ; ils n'en constituent pas moins des faits bien établis de l'histoire économique, et s'ils contrarient des théories, cela prouve que celles-ci ne sont pas sûres.
Inscriptions cV Eleusis : Temple et Portique {^). — Les salaires sont supérieurs à ce qu'ils étaient au V* siècle.
Indemnités à des fonctionnaires subalternes. — L'épistate des esclaves publics reçoit, outre 3 oboles, pour sa nourriture, une indemnité de 10 drachmes par prytanie ('). Dans l'inscription du Portique, un individu reçoit 8 dr. 2 ob. par mois pour avoir veillé à l'approvisionnement des esclaves. L'antigrapheus, chargé de tenir le contrôle des dépenses, obtient 5 dr. 5 ob., 6 dr. ou 7 dr. 3 ob. (*). Le salaire de l'architecte, dans les deux inscriptions^ est de deux drachmes par jour (^).
Nous connaissons aussi le coût de Ventretien des esclaves ('') du temple d'Eleusis : le temple dépense pour leur nourriture 3 oboles par jour; il semble que ces trois oboles soient payées en argent aux esclaves ; ceux-ci achètent eux-mêmes le nécessaire. Le temple leur fournit également des vêtements, un chapeau, fait réparer leurs chaussures.
(<) Besitz 327.
(«) Temple == CIA II et IV 2 834b. Portique = CIA 1*1 834^.
(3) CIA II 834^ Col. II. 43.
(*) 834^ Col. I 1. 12 etl. 44. Col. III. 7.
(^) Dans 834 'j, il est payé par mois, dans la première prytanie, et il reçoit à l'avance le salaire d'une prytanie, d'après un décret de Lycurgue : il n'en est plus question dans la suite : aurait-on renoncé à ses services ? Dans 834<=, il est payé pour toute l'année.
(6j 834b Col. 1 1. 5 et 42. Col. II 1. 5.
Le salaire des ouvriers se paye sous deux formes.
En nature, mais une fois seulement ('), nourriture, vivres fournis aux graveurs, par jour, 1 dr. 1 ob.; mais nous ignorons le nombre des ouvriers employés.
En argent. Le taux diffère d'après l'habileté technique des ouvriers. L'inscription note qu'ils se nourrissent eux-mêmes, par exemple -pio-Twv Çs'jys'.... o''xoo-iToiç {J). — Col. 1 1. 26-28 : chaque ouvrier reçoit par jour : 2 dr. 3 ob. — Col. II 1. 4L-42 : salaire quotidien 2 drachmes. — Col. 1 1. 31^ deux ouvriers reçoivent ensemblent par jour
2 dr. et 3 ob. Ce cas n'est pas clair ; chaque ouvrier, si le salaire était le même, recevrait l dr. et I ob. 72; niais peut-être l'un des deux n'est-il que l'apprenti de l'autre.
Le salaire ordinaire paraît être d'une drachme et
3 oboles. Il est payé Col. I L 28, 1. 32, 1. 45, 1. 60 ; Col. II 1.23.
Delphes.
Indemnité de nourriture aux entrepreneurs. — Comme on l'a vu. Livre I Ch. VI, en 338, des entrepreneurs furent appelés à Delphes, pour prendre part à l'adjudication de divers travaux. Il reçurent à titre de a-j.TYipsfTt.ov une indemnité de 3 oboles par jour.
Salaire de Varchitede. — De 349/8 à 347/6 et de 347/6 à 345/4, c'est-à-dire chaque fois pour deux années, l'architecte Xénodore reçoit 5 mines, 5 statères, c'est-à-dire 3 oboles par jour, " mais, à partir de l'archontat d'Archon 345/4, des fragments inédits sont d'accord avec notre
(*) CIA II 834^ col. I, 1. 6 : zoic, ':à]Yps(|jL[ji.a[Ta eJTitxoAatj/acrtv ÈTTt TÔ àvà6T)[j.a £v Ttp 'EXcuaivt'tjj aiTta (8 drachmes) ; ensuite on porte la dépense faite l'année précédente sous la Léontis, " par jour 1 dr. 1 ob., 17 jours, total 19 dr. 4 ob. „ et sous l'Oineis, 10e prytanie, de nouveau [a'.xjta.... (lacune).
(*) 834^ Col. II 1. 23.
texte pour indiquer qu'il a été beaucoup mieux rétribué » (').
Épidaure.
L'architecte de l'Asclepieion, Théodoto?, reçoit une drachme par jour.
Délos.
Les comptes des biéropes (-), tout particulièrement les comptes de l'année 279, nous fournissent de nombreux renseignements.
Le montant de Vindemnité ou du traitement accordé à certains fonctionnaires subalternes. Il est fort faible : le secrétaire des biéropes touche 80 drachmes à l'année; même salaire en ISO; le xY^p-j;, 60 drachmes 1 obole par jour. Le néocore d'Asclepios reçoit exceptionnellement 180 drachmes (■\); dans d'autres comptes, son salaire est de 120 drachmes 2 oboles par jour. Le néocore d'Apollon, 60 drachmes; vers la fin du IL siècle, 120 drachmes; en 180, 90 drachmes. Le néocore pour le Sarapeion en 180, 120 drachmes. Lo xprjVocp'jXa^, 90 drachmes. La flûtiste qui a dressé le chœur de femmes, 120 drachmes.
Ensuite nous connaissons le taux du salaire de certains ouvriers d'élite^ au premier rang desquels, il faut placer l'architecte. Vers le milieu du IV siècle, sous la domination athénienne, sa rétribution est de une drachme
(1) BourguetBCri218.
(^) Publiés par M. Hom.lle, BCH XIV 1890 389 et XV 131. M. Homolle a encore publié les comptes de 180, ibid. VI 1882 1.
Voir aussi son travail : L'Ampli ictyonle attico-délienne BCH VIII 1884 307.
(^5) BCH VI, 83.
par jour ('); pins tard (-), le salaire normal d'une année de 1 2 mois à 30 jours par mois est de 720 drachmes, c'està-dire 2 drachmes par jour. C'est encore le taux de 180('').
Il s'abaisse, en 250, 246, 201, à 540 ou 585 drachmes; M. Homolle constate que cette réduction correspond à la baisse des fermages : il est de 540 dr. dans les années ordinaires, de 585 dr. dans les années intercalaires, c'est-à-dire de 1 dr. 3 ob. par jour. En 282, il était de 3 dr. 5 ob. par jour. En 278, 00 dr. pour chacun des 13 mois. D'après M. Homolle, ces différences s'expliquent par le plus ou moins d'habileté et de réputation de l'architecte; car, une même année, un architecte touchera 2 dr. 2 ob. tandis qu'un autre en touchera près de 4.
Le salaire moyen est de 2 drachmes. Ce même salaire est attribué, en 279, au charpentier Théodémos et à Nikon et aux fils de celui-ci.
Je trouve aussi Ky.iptoi 67:71 psToûvTL 'î^poç '^"'i'- |JiTi'^avT,t, : (5 oboles). Or, comme Nikon et son fils ont travaillé à redresser le pilier 2 jours, Cairos a pu servir 2 jours à la machine, ce qui lui ferait un salaire de 2 ob. \l^ par jour.
Chose assez curieuse, ce seraient 2 drachmes aussi qu'auraient gagnées, d'après Athénée (>), les philosophes Ménédème et Asclépiade, lesquels appartiennent au IIP siècle.
Ensuite encore, les payements faits à divers esclaves employés au service du temple : en 279, une esclave T, àvOpwTTo; reçoit comme indemnité de nourriture slç Ta £7z',T/iO£t.a, 2 oboles [)ar jour (120 drachmes par an). En 279, l'hypérète O-TipÉT/]; reçoit une somme globale de 156 drachmes. Elle doit sans doute se décomposer en une indemnité de nourriture et une indemnité d'habil-
■ (*) BCH VIII 307.
(^j Homolle BCH 1890 389.
(5) BCH VI 63. (^) IV 168 A.
lement ; pour le premier chef, il reçoit en 300, 120 drachmes par an (2 ob. par jour) ; en 269, 180 dr. par an (3 ob. par jour); en 248, année intercalaire, 130 dr. par an (2 ob. par jour); en 201 , 120 dr. par an (2 ob. par jour); en 190, année intercalaire, 130 dr. par an (2 ob. par jour); en 180, 120 dr. par an (2 ob. par jour).
La somme allouée normalement pour la nourriture (a''.Tr,p£7t.ov), paraît avoir été de 120 drachmes par an, comme dans les comptes de 180, plus les vêtements; en 250, il est porté pour ce chef : £-wfjL{oo;, 11 drachmes 3 oboles, x'.Twvo;, 10 drachmes; en 201, laa7',7(jL0'j, 20 drachmes; en 180, £''; IfjLaT'.o-jjiGv, 15 drachmes.
Enfin le salaire des ouvriers libres : plusieurs ouvriers libres sont attachés au service du temple d'une façon régulière : ainsi, en 282, deux ouvriers de la pierre A'.Oo'jpyoi, Leptines et Bacchios et un forgeron, Heracleides. Les deux premiers paraissent avoir été engagés pour l'année entière, le troisième pendant deux mois seulement. Il s'agit bien d'ouvriers libres ; en voici la preuve : Heracleides qui a touché pendant deux mois, en 282, un salaire régulier n'est plus, en 281 , payé qu'à la façon. Son compagnon Dexios et lui touchent un salaire en raison du nombre d'outils qu'ils ont aciérés ou repassés. Le même Dexios reçoit pour cet office 40 drachmes en 279.
En 282, ces trois ouvriers TeyvrTa»,, sont payés en nature. Le compte de 282 (H porte mois par mois, pendant dix mois, les dépenses faites pour le salaire des tailleurs de pierre et, pendant deux mois, pour le salaire du forgeron. Durant le mois Lenaion, ils obtiennent ensemble : sic d^j^wv'.ov 30 drachmes et deux médimnes, 4 hémiectes, 3 chénices de froment : la ration journalière pour chacun est donc 1 '^ chénice de froment. D'autres mois, ils reçoivent de la farine d'orge, à raison d'une ration jour-
(♦) Inscription citée BCH XIV 1890 481.
nalière de trois chénices par homme. De plus, les deux A'.Go'jpvo'! ont reçu ensemble 35 drachmes pour leurs vêtements. Durant le mois Lenaion, le froment coûtant 7 drachmes le médimne, la dépense faite de ce chef pour les trois ouvriers s'est élevée à 19 dr. 4 ob. : ajoutons-y 30 drachmes pour leur opsonion et le salaire de la boulangère, 7 dr. 3 ob. ; le total est de 57 drachmes 1 obole, ou 4 oboles par jour; mais la somme descend dans le mois Artémision où le prix du médimne de blé est tombé à 4 dr. 3 ob.; elle monte dans le mois Bouphonion où le médimne est à 10 drachmes.
En 279, changement important. Les X'.Qo-jpyoi sont payés en argent : ils touchent ensemble 480 drachmes eic, zoL èTj.TrfieioL et 44 drachmes pour leur habillement, ce qui donne une dépense quotidienne de 4 oboles par jour pour la nourriture. En 269, Bacchios resté seul au service touche 240 dr. Après 269, il n'est plus fait mention d'ouvriers attachés au service du temple. En transformant en argent le payement en nature, on a pris une moyenne supérieure à la réalité : comme je le montrerai, le coût de l'entretien d'un homme libre, se trouvant dans des conditions ordinaires, était à Délos plus près de 3 oboles que de 4.
Nous avons donc cette échelle : Ouvriers d'élite : 2 drachmes par jour. Esclaves : 2 oboles par jour. Ouvriers du temple : 4 oboles par jour pour leur nourriture. Pour les deux dernières catégories, il faut ajouter les vêtements. Remarquons un point important : la somme de 2 oboles est suffisante pour la nourriture d'un adulte.
Le chiffre le plus remarquable est le dernier : des ouvriers libres, hommes de métier cependant, ne reçoivent aucune rénumération en argent. Ils sont très largement nourris, mais d'autres ouvriers gagnent 2 drachmes. Il faut supposer que les premiers sont des célibataires. On peut admettre aussi qu'ils reçoivent d'autres avantages, le logement peut-être. On voit encore
que le temple se charge de fournir ou du moins d'entretenir les outils. Grâce à ces subventions, leur salaire tendait à se rapprocher du salaire des autres ouvriers libres, tout en restant encore inférieur. Cette différence est difficile à expliquer : elle tient sans doute aux conditions dans lesquelles s'exerçait l'industrie locale. Délos n'a jamais été un centre industriel. L'organisation économique a pu y rester aussi simple que dans les régions les moins avancées de la Grèce. Il se peut aussi que les ouvriers nourris et habillés par le temple soient des habitants de l'île, tandis que les travailleurs, payés à raison de 2 drachmes, viennent de l'extérieur et imposent leurs exigences à l'administration du temple.
En résumé : à la fin du V'' idècle à Athènes, salaire ordinaire et général : 1 drachme par jour. Dans le dernier tiers du IV"* siècle, ce même salaire ordinaire est monté à 1 drachme 3 oboles. Pour certaines catégories d'ouvriers, il dépasse ce taux. La somme allouée pour la nourriture d'un esclave est de 3 oboles par jour. Le taux nominal du salaire a donc monté à Athènes du V® au IV'' siècle. Quelles sont les causes de ce progrès? Les circonstances qui influent sur les salaires sont nombreuses. Il faut mettre en première ligne l'amélioration en général de la situation économique et notamment par l'accroissement de la circulation monétaire.
Au III'" siècle, à Délos, le taux des salaires s'écarte assez sensiblement de ce qu'il était à Athènes un siècle auparavant, moins pour les ouvriers d'élite, que, semblet-il, pour les ouvriers libres ordinaires. Le prix de la nourriture d'un esclave est inférieur d'un tiers à ce qu'il était à Athènes au IV" siècle (').
(M Ajoutons les salaire.^ des professeurs à Téos BCH [V 1880, IV6 : trois ypytixix'ji-o'^'.oy.j/.xXo'. à 600, 500 dr. suivant leur degré; deux 7raioo-ptJ3a'. à 500; un maître de musique à 700; un o-Aoïxiyoi à 300: un maître pour le maniement de l'arc et du javelot à 250.