II. IV
(') Tapis avec des animaax, Âristoph. Ban. 937. Ménandre, Ath. XI 484 D : Ilepdtxal oroÀat. Cf. Ath. XI B25 C. Btichsenschûtz 60. Ps. Arist. De mîrab. auscultât. %, édit. Didot IV p. 90 : la description de rijjiàxiov d'Alkéménès de Sybaris ; il avait quinze coudées et portait les images des dieux entre deux bandes d'animaox, en haut ceux des Susiens^ en bas ceux des Perses. Denys l'ancien le vendit 120 talents aux Carthaginois. Cf; Dumont Céramiques de la Grèce propre 109 et 110.
(*) Paus. V 12,4 : 'Ev 8è 'OXujjltt^c TrapaTceTafffxat spsoûv x£xoj|i£vov •j^a^jxaT'.v 'A(TTjptO'.< x«l Patçfi Tropoupa; ttîç <l>o'.vtV.a)v àv£Or,x£v 'A'/TM)yo^. Alexis, Poil. VI 104 : vap^oc Pa^uXuiviaxii. La Lydie fournit également des parfums, Blûmner Gewerbl. Th&tie:k. 87.
(^) Aristoph. Av. 493 : y^XaTvav yàp àTrwXej' 6 jjLo^^OTjpA^ ^^pj^iaiv Èpûov 8'.à TOÛTOV. Scol. : sxeT y^p àicaXà xal xaXa spta.
^•) Cratinos, Poil. VII 86 : Tav§aX'.a TjppTjvixa.
Exportation de produits gbbcs en pays étbangebs.
Je touche ici à un point du plus haut intérêt et qui mériterait à lui seul une étude approfondie. Tant de cités grecques étaient situées au point d'aboutissement des grandes routes commerciales : Marseille à la tête de la ligne du Bhône ; Cyrène qui commandait les voies vers TAfrique ; Ephèse et d'autres villes de l'Ionie, d'où partaient les routes qui reliaient l'Asie aux côtes de la mer Egée ; plus tard, Alexandrie, le point de jonction de l'Asie et de l'Europe. Ces villes ont évidemment tiré parti de cette heureuse position ; mais quelle a été l'intensité de leur commerce? Quels en ont été les objets et les procédés ?
Je n'hésite pas à répondre que l'industrie n a que dans une très faible mesure, alimenté ce commerce.
Bien plus rares encore sont ici les mentions faites par les auteurs. La plus ancienne se trouve dans Ezéchiel : le prophète célèbre les richesses qui affluent, à Tyr, de tous les coins du monde et nomme le fer fabriqué qui vient delà Grèce (*). Les poèmes homériques contiennent quelques allusions à ce commerce des métaux : dans l'Odyssée (*), Mentes, roi des Taphiens, se rend à Temesa ('), pour échanger du cuivre contre du fer. Dans l'Iliade (*), les Achéens se procurent du vin que des vaisseaux ont amené de l'île de Lemnos : ils donnent en
(I) Version des Sept. 27, 18 : Dan et Graecia et Mosel in nundinis tais proposuerunt ferrum fabrefactum. («) I 182.
(3) Dans Tîle de Cypre, Bltimner Technologie IV 60. (*) VII 472.
échange du cuivre, du fer, des peaux, des bœufs, des esclaves.
Théopompe assure qu'on trouve dans le lit du Naro en Ulyrie de nombreux fragments de pots de Thasos et de Chic; ces amphores ont probablement contenu du vin (*). D'après un ouvrage attribué à Aristote (*), « il 7 a, à l'intérieur de l'Istrie, un marché où les navigateurs du Pont apportent du vin de Lesbos, de Chio, de Thasos et achètent des amphores de Corcyre ».
La poterie ordinaire ne pouvait être par elle-même un article d'exportation au loin, sauf chez quelques peuples encore fort primitifs : on dit (') que les Phéniciens introduisaient les produits de la poterie athénienne jusqu*en Ethiopie. Us apportaient encore des parfums, du verre d'Egypte : ils recevaient en échange, des peaux, de l'ivoire. Scylax décrit la manière toute primitive dont se fait ce commerce : les Phéniciens débarquent dans l'île de Cerné, y installent des tentes, puis ils chargent leurs marchandises sur de petites embarcations et les font passer sur le continent, où habitent les Éthiopiens (^).
Hérodote (^) nous apprend que deux fois par an, de toute la Grèce et de la Phénicie, arrive le vin renfermé dans des vases de terre.
(1) Strab. VII 5, 9.
(*} Ps. Arist. de mir. ausculfc. 110 : etvai §è tottov ev toÎ^ àvà jj.£7ov ô'.aoTT^ixafftv, s;; 6v àyopa; xoivr^; YivoiJiévTi; Tr(oX£Ï<T6a'. irapà jièv Ttôv EX Toû Ild'^O'j sjjLrdpbiV àvajSa'vdvxojv -rà Aiff^ia xal X'îa, xal BaTia, Trapà os tûv ex tou 'AÔptou to'j< Kepxupaïxoùç àficsopsic (TTwXsïffôai). Hésych. Kepxupaïot à|jL<»opeïç • zà 'Aôpiava xspgcp.ia.
(') Scyl. Peripl. Geogr. Minor. I 112 : 01 oè Ooivixeç Ejiiropo' ûaiyo\j<jiv auxoî^ [jiupov, Xi6ov AlyuTCTWv, à'Tcpouç ?, èÇapaxxouç, xépa|jLov 'Atttxôv xal X°^^'
{*) Cf. Hérod. IV 196, la façon dont les Carthaginois font le commerce avec les indigènes de l'Afrique.
(8) in 6.
L'archéologie fait, de son côté, cette constatation : bien rares sont les vases grecs, trouvés au-delà des Alpes. Sans parler de ceux de Marseille, on cite une coupe, un canthare, une lécythe et deux fragments découverts en France, deux canthares découverts en Bavière et deux coupes aux environs de Stuttgart (*). Ajoutons Oarthage : « Les fouilles du £. P. Delattre à Carthage ont eu ce résultat scientifique remarquable de faire savoir qu'au sein même de la grande colonie phénicienne, le commerce grec avait su faire pénétrer ses pro'^uitç, et que ces produits étaient surtout corinthiens » (*).
Un fait curieux est celui que rapporte Plutarque : Alexandre-le-Grand trouva à Suse (331) une énorme quantité de pourpre; elle avait été fournie depuis 190 ans par la ville d'Hermione en Argolide à la cour des rois de Perse et n'avait pas perdu sa couleur (').
Ces faits sont bien peu nombreux et évidemment la réalité les dépasse d'une façon notable. De combien ? Cela n'est pas facile à dire. Je pense cependant que nous pourrons nous faire une assez juste idée des relations commerciales de la Grèce avec les pays barbares, de leur nature et surtout de leur influence sur le développement industriel; en interrogeant deux écrivains, que séparent plusieurs siècles, Hérodote et Strabon.
(1) D amont Mélanges archéologiques 125.
('') Pottier Catalogue II 455.
(') Alex. M. 86 : rop^upaç 'Epjiiovtx^ç e6peôi5vat xdtXavra «evraxio^iXia. Cf. Ath. XII 539 : Alexandre ordonna aux villes de rionie et à Chio de lui envoyer une forte quantité de pourpre. Cf. 526 C (Théopompe) : grand usage de la pourpre à Colophon ; un vêtement teint en pourpre valait son poids en argent; mille citoyens se promenaient dans la ville avec de semblables vêtements.
A l'époqne d'Hérodote, les Phéniciens apportent en Grèce les produits de PÉgypte et de TAssyrie : cependant les Grecs eux-mêmes visitent TEgypte. Les Carthaginois ont le marché de l'Afrique ; les Grecs paraissent avoir celui des régions du Pont, où ils vont chercher le blé : ils introduisent leur vin, avec les récipients qui le contiennent, en Egypte ; ce commerce est en partie aux mains des Phéniciens. Nulle part; on ne voit les commerçants grecs pénétrer dans l'intérieur des terres: les produits de ces régions arrivent par caravanes ou par la navigation fluviale jusqu'aux ports de mer où les marchands grecs vont les chercher. Il s'opère ainsi, par l'intermédiaire des Grecs et des Phéniciens, un échange des denrées des différents pays. U n'y a pas, ou il n'y a que peu de commerce qui fasse circuler les productions de l'atelier et de la fabrique, qui soit l'auxiliaire et le stimulant de l'industrie. On doit se figurer par ci par là quelques points où l'activité commerciale s'est concentrée, des marchés où les barbares arrivent avecle blé, les parfums, parfois les métaux bruts, la laine, et où les Grecs et les Phéniciens apportent le vin, l'huile et d'autres denrées.
Nous franchissons brusquement, avec Strabon, un intervalle de plusieurs siècles et ce que nous remarquerons tout d'abord, c'est combien l'organisation commerciale, dans son ensemble, est demeurée semblable à ce qu'elle était autrefois. Ce qui domine, c'est toujours le marché. Les transactions commerciales se font dans de grandes foires à époques périodiques, comme les foires de Leipzig ou de Nijni-Novgorod. En Grèce même, elles coïncidaient généralement avec les fêtes religieuses (*) ; il en était probablement de même en pays barbare.
(») Infra, Livre H, Ch. n.
En Italie, deux ports étaient en possession des relations commerciales avec Bome : Ostie et Dicéarchie (*). Celui-ci était la tête de la ligne qui reliait Alexandrie avec l'Italie et Strabon remarque que l'Egypte exportait beaucoup plus qu'elle n'importait : ^ Quiconque aura été à Alexandrie et à Dicéarchie aura pu s'en convaincre, en voyant la différence du chargement des vaisseaux à l'aller et au retour et combien ceux qui sont à destination de Dicéarchie sont plus lourds et ceux à destination d'Alexandrie, plus légers ^ (^). Dicéarchie était une ancienne ville grecque ; toutes les autres cités du sud de l'Italie étaient; à l'époque de Strabon, fort déchues. Strabon n'en cite aucune qui soit le siège d'un marché. Il mentionne (^) " le marché des Canusites, dans la région de fiarium, sur le fleuve Aufidus à 400 stades de Barium, à quoi il faut ajouter 6 stades pour remonter jusqu'à l'emporium même „.
En Qaule, il vante l'activité commerciale de Marseille. Le sol, favorable à la culture de l'olivier et de la vigne, était pauvre en blé. Aussi, les habitants se portèrent-ils de préférence vers la navigation et le commerce maritime (^). Cependant, les grands marchés de cette partie de la Gaule sont Narbonne et Arles. La première de ces villes pouvait même être nommée "" le port de la Qaule entière, tant elle surpasse les autres villes maritimes par l'importance et l'activité de son commerce „.
Les villes grecques de la Mer-Noire étaient miShx partagées : Strabon mentionne, pour leur prospérité.
(i) V 3,6 et 4,6.